La cohésion de l’armée algérienne est-elle menacée?
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Dans un entretien accordé à Sputnik, un expert algérien en études stratégiques et politiques de défense a écarté «tout risque» de désunion de l’armée après la mort de son chef d’état-major. Il a également avancé des raisons à la persistance du Hirak.
(last modified 2021-04-10T08:18:52+00:00 )
Dec 26, 2019 15:13 UTC
  • La cohésion de l’armée algérienne est-elle menacée?

Dans un entretien accordé à Sputnik, un expert algérien en études stratégiques et politiques de défense a écarté «tout risque» de désunion de l’armée après la mort de son chef d’état-major. Il a également avancé des raisons à la persistance du Hirak.

Dans un entretien accordé à Sputnik, un expert algérien en études stratégiques et politiques de défense a écarté «tout risque» de désunion de l’armée après la mort de son chef d’état-major. Il a également avancé des raisons à la persistance du Hirak.

«L’aboutissement et le succès du processus électoral qui a permis d’élire un Président de la République, nous le devons pour une grande partie à feu le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah [chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) et vice-ministre de la Défense nationale, ndlr]», a indiqué dans une interview accordée à Sputnik le docteur Abdelkader Soufi, enseignant à l’université de Blida et expert en études stratégiques et politiques de défense.

«Sous son commandement, l’ANP a accompli un travail crucial de sécurisation de l’élection présidentielle sur deux fronts», explique-t-il. «D’abord sur le plan interne, en encadrant le Hirak lui-même et en empêchant tout débordement, en plus d’un déploiement des forces de sécurités tous corps confondus sur tout le territoire national», ajoute-t-il, précisant qu’à «ceci s’ajoute un quadrillage hermétique de toutes les frontières du pays grâce à un déploiement massif des forces de l’ANP pour éviter toute intrusion ou menace sur le pays». «C’était une tâche colossale que le général Gaïd Salah, âgé de 80 ans, a payé de sa vie».

Toujours selon Sputnik, Face aux bruits concernant un éventuel risque de guerre de position entre les membres du haut commandement de l’armée algérienne suite à l’annonce de la disparition de son ex-chef d’état-major, l’expert a affirmé: «le général Gaïd Salah était certes le chef de l’état-major de l’ANP, mais il ne décidait pas seul».

«Il faut savoir que la direction de l’armée algérienne est collégiale aussi bien au niveau de son haut commandement qu’au niveau de ses différents corps [Armée de terre, Armée de l’air, Marine, Forces aériennes de défense du territoire et gendarmerie, ndlr] et de ses six régions militaires», a-t-il expliqué, soulignant que «c’est la collégialité des décisions prises démocratiquement après débats et délibérations aux seins de ses structures qui est la source de sa cohésion et de sa force».

Dans le même sens, Abdelkader Soufi avance que «bien que le général Gaïd Salah ait été un chef et un stratège avéré, il est inconcevable de résumer toute l’ANP, qui compte plus de 600.000 membres, à sa seule personne». Selon le spécialiste, le général était entouré par des cadres dont «la compétence et le patriotisme ne souffre aucune démonstration».

 

L’expert en est persuadé: «Il n’y a donc aucune crainte à avoir sur la cohésion de l’ANP et sur ses capacités à assumer sa tâche de défense du territoire et des intérêts nationaux qui lui est assignée par la constitution du pays».