Satire Sombre|Spéciale taule : « 15 000 places… et trois chaises pliantes »
-
Un échec carcéral français
Pars Today - En France, construire une prison relève visiblement de l’aérospatiale : les budgets décollent, les résultats restent en orbite.
Le grand plan des « 15 000 places », claironné en 2017, n’a accouché — après sept ans de gesticulations administratives — que de 5 411 places bien réelles. Le genre de score qui ferait soupirer un prof : « Vous avez sûrement des qualités… mais pas en calcul. »
Pendant ce temps, la population carcérale grimpe à 84 000 détenus. Les prisons françaises sont désormais les seuls lieux où la densité dépasse les lois de la physique : toujours plus de monde, jamais plus de mètres carrés.
La facture, elle, est passée de 3,9 à 5,7 milliards d’euros. Les officiels invoquent « l’inflation, la crise des matériaux, une gestion initiale perfectible… ». Traduction simultanée : « L’argent s’est volatilisé, les prisons pas. »
Un tiers des chantiers s’est enlisé dans les marécages bureaucratiques. En France, la seule infrastructure qui se construit vite, c’est une commission chargée d’expliquer pourquoi rien n’avance.
Et voilà que l’État mise désormais sur 1 500 places de semi-liberté en modules préfabriqués. Un hybride improbable entre bungalow de chantier et résidence étudiante, mais avec moins de liberté et plus de dépassements de budget.
Au final, la Cour des comptes rappelle une évidence que personne ne veut entendre : cela fait soixante ans que le nombre de détenus augmente, mais pas le nombre de places.
Résultat : un marathon où les prisonniers ont toujours une longueur d’avance.
NH