Tribune| Pouvoir contre le droit!
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Pars Today - L’enlèvement du président du Venezuela n’est plus une simple crise régionale ; c’est la preuve brutale du retour d’une politique mondiale gouvernée par la force, où le droit est désormais impuissant face à un pouvoir qui ne connaît plus aucune limite.
(last modified 2026-01-25T10:03:15+00:00 )
Jan 25, 2026 04:50 UTC
  • Tribune| Pouvoir contre le droit!

Pars Today - L’enlèvement du président du Venezuela n’est plus une simple crise régionale ; c’est la preuve brutale du retour d’une politique mondiale gouvernée par la force, où le droit est désormais impuissant face à un pouvoir qui ne connaît plus aucune limite.

Ce qui s’est déroulé au Venezuela le 3 janvier dépasse largement le cadre d’une opération militaire classique. L’enlèvement du président Nicolás Maduro, transféré de force à New York, et l’usage présumé d’une arme expérimentale jamais déployée auparavant, révèlent une dérive inquiétante : celle d’une puissance qui s’autorise désormais à agir en dehors de tout cadre légal, transformant un État souverain en terrain d’expérimentation militaire.

Selon Caracas, le territoire vénézuélien a été utilisé comme « laboratoire à ciel ouvert » pour tester une technologie de guerre inédite. Une affirmation que Washington ne dément pas totalement, puisque Donald Trump lui-même a évoqué à Davos l’emploi d’une arme « jamais utilisée sur un champ de bataille ». Derrière cette admission, une réalité glaçante : 83 morts, dont des soldats vénézuéliens et des ressortissants cubains, et plus d’une centaine de blessés laissés sans réponse internationale.

L’opération, menée en dehors de toute légitimité, constitue une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne. Elle s’inscrit dans une logique de puissance brute où le droit international n’est plus qu’un décor, un vernis que l’on balaie dès qu’il gêne. L’enlèvement d’un chef d’État en exercice, sans mandat international, marque un précédent d’une gravité extrême. Si un tel acte reste impuni, quel dirigeant pourra encore se croire à l’abri d’une intervention unilatérale d’une puissance étrangère ?

La réaction de Moscou, qualifiant l’opération de « banditisme », souligne l’ampleur du choc diplomatique. Mais au-delà des condamnations, c’est l’architecture même de l’ordre mondial qui vacille. L’affaire renforce les lignes de fracture entre blocs géopolitiques et alimente une escalade dangereuse, susceptible de plonger la région — et au-delà — dans une instabilité durable.

Quant à l’arme expérimentale évoquée, son utilisation éventuelle ouvre une zone d’ombre encore plus inquiétante. Si une puissance militaire se permet de tester des technologies létales inédites sur le territoire d’un autre pays, alors les Conventions de Genève ne sont plus qu’un souvenir. Les populations civiles deviennent des cobayes involontaires, sacrifiées sur l’autel de l’innovation militaire.

Au final, cette opération, qu’elle soit totalement avérée ou partiellement issue d’une guerre de récits, révèle une vérité dérangeante : l’ordre international fondé sur le droit est en train de céder la place à un système où la force prime sur la légalité. Et tant que la communauté internationale se contente de déclarations indignées sans conséquences, ce glissement vers un monde sans règles ne fera que s’accélérer.

NH