Liban: Riyad a laché prise?
Malgré les allégations saoudiennes selon lesquelles ils ne conspireront plus contre le Liban, les récentes mesures hostiles de Riyad témoignent de son plein soutien au projet du régime sioniste contre le Liban.
Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, l'Arabie saoudite et son jeune prince héritier Mohammed ben Salmane vivent une situation tendue dans la région ces derniers temps. La crise la plus importante des Saoudiens à l’heure actuelle est liée aux récents événements dans la ville stratégique de Maarib et à la domination de l'armée yéménite et des Comités populaires (Ansarallah) sur cette ville et au fait qu'ils sont sur le point de sa complète libération. Ce qui annonce l’échec total des objectifs saoudiens dans une guerre qui ne s’est pas limitée au coût financier à MBS qui a dû dépenser des milliards de dollars dans cette guerre futile. Au contraire, la guerre dévastatrice au Yémen a porté un coup politique majeur à l'Arabie saoudite et a joué un rôle majeur dans l’obscurcissement de l’image du régime saoudien dans le monde entier.
Même les parties qui sont les alliés stratégiques de l'Arabie saoudite dans cette guerre - bien qu'apparemment - commencent à condamner ses crimes dans la guerre au Yémen.
Lors d'une conférence de presse, le président américain Joe Biden a publiquement insulté les Saoudiens, affirmant que l'Arabie saoudite devrait payer pour ses crimes et qu'elle devrait être poursuivie pour les accusations d'avoir tué des enfants et des innocents au Yémen.
A l’heure actuelle, l'Arabie saoudite et Mohammed ben Salmane sont profondément préoccupés par la perte du soutien américain, et il existe de nombreux indicateurs à cet égard dans les domaines politique et des droits de l'homme.
L'abandon de l'Arabie saoudite par les États-Unis a commencé par des signes clairs sous la présidence de Barack Obama, qui a souligné dans une interview au magazine Atlantic que les États-Unis se retiraient progressivement du Moyen-Orient ; parce que la région n'est que trouble pour Washington, et la concentration sur la Chine est plus bénéfique pour les États-Unis.
Dans ces circonstances, la crainte de MBS d'être abandonné par Washington l'a conduit à intensifier les tensions et à affronter le Hezbollah dans la région.
L'Arabie saoudite tente désormais de doubler sa pression économique sur le Liban, longtemps insupportable en raison de sa dette publique, et intensifier ses actions hostiles contre le Hezbollah. Riyad a également pris un certain nombre d'actions hostiles contre les citoyens libanais en Arabie saoudite qui soutiennent la Résistance de toutes les manières possibles.
Récemment, l'Arabie saoudite est entrée dans la phase de création de tensions politiques et sécuritaires dans les rues du Liban et a l'intention de tenir le Hezbollah responsable de toutes les crises libanaises en emboîtant le pas sur les politiques américano-sionistes ; semblable à ce qu'elle a fait en 2017 avec l'enlèvement de l'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri à Riyad, l'obligeant à démissionner de son poste de Premier ministre.
A l’époque, Hariri a lu une déclaration rédigée par les Saoudiens et tout en s’adressant au peuple libanais de l'époque, il a prétendu : « Ceux qui ont dominé votre pays ne veulent pas de votre bien, et ces groupes sont soutenus de l'extérieur des frontières. »
Explicitement et sans aucune ambiguïté, il a pointé du doigt l'Iran et a prétendu que « parmi les enfants du Liban se trouvent ceux qui se sont alliés à ce pays et je veux dire le Hezbollah ».
En 2019, l'Arabie saoudite a organisé un plan anti-Résistance qui a présenté plusieurs idées pour le siège du Hezbollah à partir de quatre axes économique, politique, médiatique et militaire.
Le régime saoudien a présenté son plan sous le mandat de l'ancien président américain Donald Trump et a insisté pour que ce plan soit conforme aux intérêts du régime sioniste.
L'Arabie saoudite a repris la pression sur Saad Hariri pour qu'il démissionne de son poste de Premier ministre en 2019 sur fond des manifestations populaires libanaises et elle a coupé l'aide financière au Liban afin de tenir le Hezbollah pour responsable de la situation, alors que le pays était sous pression de toutes parts.
A l’état actuel des choses, l'Arabie saoudite poursuit son projet anti-libanais, malgré toutes ses affirmations de laisser le Liban et de n’y faire aucune attention.
La position hostile de l'Arabie saoudite, qui a expulsé l'ambassadeur libanais de Riyad, convoqué son ambassadeur de Beyrouth et qui a rompu ses relations diplomatiques avec le Liban, ne peut pas être une réaction aux déclarations du ministre libanais de l’Information Georges Cordahi sur la guerre au Yémen ; au contraire, cette action s'inscrit dans le cadre du parachèvement du projet saoudien contre le Liban et la Résistance, qui a de nombreuses dimensions régionales et internationales.
Sur fond des tentatives de Riyad de combattre le Hezbollah libanais, par crainte d’être abandonné par une Amérique déjà vaincue en Afghanistan, les Saoudiens semblent s'orienter davantage vers le renforcement des liens et des alliances avec le régime d’occupation sioniste.
Le projet saoudien au Liban est tout à fait conforme à la nature des plans d'Israël et aux intérêts de ce régime, et Riyad entend donc envoyer un message amical aux Israéliens et aux Américains selon lequel « l'Arabie saoudite est une alliée digne de ce nom pour eux ».