Irak: Riyad veut sa part du gâteau
L’Arabie saoudite feint d’être hostile à la sécession du Kurdistan irakien, mais en réalité souhaite le démembrement de l’Irak pour assurer ses intérêts politiques et économiques.
« Plusieurs pays se sont dits opposés au référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien, mais leurs intentions n’étaient pas sincères », lit-on dans un article diffusé sur le site Al-Ekhbariya.
À titre d’exemple, peu avant la tenue du référendum, l’Arabie saoudite s’était dite opposée à cette consultation alors que des signes de son approbation et de son soutien à la séparation du Kurdistan irakien étaient visibles, car les médias saoudiens, dans la couverture qu’ils ont donnée de ce référendum, ont montré que le régime saoudien était un soutien infaillible à l’autonomie de cette région.
Riyad a des intérêts dans la séparation du Kurdistan irakien, des intérêts au-delà des politiques américaines dans la région. Le pipeline fait partie de ces intérêts.
Riyad, qui a récemment envoyé une délégation diplomatique à Bagdad et qui œuvre actuellement pour mettre fin à la détérioration de ses relations avec ses voisins, jouit, semble-t-il, d’une bonne situation, car il est passé de la phase de la guerre dure à la phase de la guerre douce.
Après le voyage à Bagdad d’Adel al-Joubeir, ministre saoudien des Affaires étrangères, en février 2017, après l’annonce faite par l’Arabie saoudite de vouloir ouvrir une nouvelle page de l’histoire des relations entre Riyad et Bagdad, et après la visite à Riyad de Haïder al-Abadi, Premier ministre irakien, et Qassem al-Araji, son ministre de l’Intérieur, on s’interroge sur la sincérité des Saoudiens concernant la reprise de leurs relations avec les hommes d’État irakiens.
D’autre part, l’accueil favorable réservé par l’Irak à la reprise de ses relations avec Riyad a soulevé beaucoup de questions sur les raisons pour lesquelles les autorités irakiennes ont pardonné à leur voisin les crimes qu’il a commis pendant des années contre le peuple irakien.
Les dirigeants saoudiens parlent sans cesse de la nécessité du retour de l’Irak dans le giron des pays arabes, mais peut-on faire confiance à Riyad ?