Contre qui Barzani est en colère?
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Les services de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) ont été brûlés à Zakho, dans la province de Dahouk, par des personnes non identifiées, quelques instants après le discours du président du Kurdistan d’Irak démissionnaire, Masoud Barzani.
(last modified 2024-06-10T11:10:49+00:00 )
Oct 30, 2017 05:50 UTC
  • Le président démissionnaire du Kurdistan irakien Massoud Barzani. ©Reuters
    Le président démissionnaire du Kurdistan irakien Massoud Barzani. ©Reuters

Les services de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) ont été brûlés à Zakho, dans la province de Dahouk, par des personnes non identifiées, quelques instants après le discours du président du Kurdistan d’Irak démissionnaire, Masoud Barzani.

Dahouk est un bastion du PDK, fondé par le défunt Jalal Talabani, où les services du parti ont été incendiés par des Kurdes partisans de Masoud Barzani. Le PDK a condamné cet acte violent.

Selon certains rapports, des bureaux du parti Goran auraient également été attaqués à Zakho dans la province de Dahouk.

Des manifestations ont eu lieu à Erbil, à Dahouk, à Souran, à Zakho et d’autres villes kurdes en guise de contestation contre la démission de Barzani. Ses partisans l’ont appelé à revenir sur sa décision.

Les manifestants ont également demandé au député du mouvement Goran, Rabun Maroof, de présenter ses excuses à Barzani pour ses propos anti-Barzani au sein du parlement kurde. Le député kurde avait dénoncé les Peshmergas, les critiquant suite aux événements de Kirkouk, en déclarant : « Kirkouk était un symbole d’échec », a-t-il déclaré.

Le vice-Premier ministre du Kurdistan, Ghobad Talabani a annoncé, lundi 30 octobre, que toutes les forces de sécurité étaient en état d’alerte pour garantir la sécurité de la région kurdophone. « Nous ne permettons pas l’escalade des tensions dans notre région », a-t-il affirmé.

« Certains députés kurdes n’osent pas sortir du Parlement sous peine de mort. Une foule en colère s’est alors rassemblée devant le Parlement et certains pourraient être vus tenant des bâtons », rapportent les médias kurdes.

Le président du Parlement du Kurdistan irakien, Youssef Mohammad a déploré l’attaque contre le bâtiment du Parlement, en qualifiant les agresseurs de mercenaires et de fauteurs.

Le patron de la « Liste de la nouvelle génération », Shaswar Abdul-Wahid, à son égard, a encouragé les habitants de Souleymanieh à descendre dans les rues, manière de faire entendre leur protestation à Masoud Barzani et à son clan, le Parti Démocrate du Kurdistan (PDK).

Dans une telle conjoncture chaotique, le Conseil de Sécurité de la région du Kurdistan irakien a appelé dans un communiqué les citoyens kurdes à maintenir la sécurité du Kurdistan et à ne pas permettre aux fauteurs de mettre le feu aux poudres.

Le Conseil kurde a également averti qu’il réagirait fortement à tout groupe menaçant les bureaux de différents partis kurdes dans différentes villes de la région du Kurdistan irakien.

Pour sa part, le bureau politique de l’UPK demande dans un communiqué officiel aux organes concernés de donner leurs explications sur l’attaque contre certains services de ce parti dans la région autonome kurde.

Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a annoncé, dimanche 29 octobre, dans une lettre adressée au Parlement de la région autonome sa démission de ses fonctions sur fond de crise sans précédent entre Erbil et Bagdad.

Dans une apparition à la télévision, le même jour, Barzani a d’ailleurs déploré le non-soutien du gouvernement américain au référendum du Kurdistan.