Formidable pied de nez du Hezbollah aux USA
Il s'agit d'une nouvelle victoire du peuple libanais, mais aussi du Hezbollah : Plus de six mois d'intenses pressions, de menaces et d'intimidations américaines contre l'État libanais n'ont servi à rien : le nouveau gouvernement vient de voir le jour avec des portefeuilles « sensibles » accordés à la Résistance. Quatre femmes ministres et des portefeuilles octroyés aussi aux ministres sunnites indépendants.
C'est trop pour une Amérique dont le secrétaire d'État pour les Affaires politiques, David Hale, menaçait le 16 janvier en pleine réunion avec les autorités libanaises, de pires châtiments, si le Hezbollah n'était pas supprimé de la course.
Vendredi soir, à peine quelques heures après l'annonce de la liste des nouveaux ministres libanais, le secrétaire adjoint du Trésor américain, en a remis une couche, réagissant nerveusement à l’attribution du portefeuille de la Santé au Hezbollah. Il a menacé d'une « intensification » des mesures (sanctions) contre « l’organisation terroriste » (Hezbollah) dans les prochains jours. Pour les analystes, il y a là la réaction amère d'un mauvais perdant, car on ne peut, par principe, supprimer l'une des composantes politiques d'un État dès lors qu'elle en fait partie, et ce, sous quel prétexte qui soit.
Marshall Billingslea, le secrétaire adjoint au Trésor américain s'est payé le luxe de rencontrer la presse libanaise à Beyrouth. L’objectif de sa visite de deux jours à Beyrouth, est « de s’assurer que les fonds illicites... ne pénètrent pas dans le système libanais », a-t-il dit. Il dit vouloir s’assurer que « le Hezbollah ne pénètre pas dans les banques ». Or, ces agissements ne font que porter au grand jour l'ampleur de la défaite que vient de subir Washington.
Au sein du nouveau gouvernement qui a été rendu public le jeudi 31 janvier, le Hezbollah détient trois portefeuilles ministériels, dont celui de la Santé à quoi s'opposait ardemment Washington. Pour de nombreux analystes politiques, les propos de Billingslea relèvent d'une campagne de menace bien creuse, l'intéressé n'ayant pas été à même de fournir des explications sur la nature des « mesures » que l'administration US pourrait réellement prendre pour punir l'État libanais, d'avoir agi, suivant les règles de la démocratie, à inclure dans le gouvernement les ministres issus des formations politiques qui sont sorties vainqueurs des dernières législatives.