Le Yémen aura-t-il la peau de Macron?
Le soutien de la France officielle à l’Arabie Saoudite dans sa guerre contre le Yémen vient d’être encore une fois dénoncé et mis à nu par une action hautement symbolique initiée par les dockers de Marseille, qui ont refusé, cette semaine, de charger une cargaison de munitions sur un bateau à destination de l’Arabie Saoudite.
Dans un article ayant pour titre « Comment le génocide au Yémen va botter Macron hors de l’Elysée », le journal francophone algérien, Algérie Patriotique, se penche sur les armes françaises vendues à l’Arabie saoudite. Des armes qui sont bel et bien utilisées au Yémen, où les populations civiles sont décimées par une machine de guerre menée par la coalition multinationale d’agression saoudo-émiratie qui vise systématiquement les zones et les infrastructures civiles. Des armes dont la vente rapporte gros en France, mais coûtent cher au Yémen.
L’information a été révélée par le média d’investigations Disclose, dont deux journalistes ont été convoqué par la DGSI. «Fidèles à leur histoire et valeurs de paix […] ils ne chargeront aucune arme, aucune munition pour quelque guerre que ce soit», a indiqué le syndicat CGT des dockers du port de Marseille-Fos dans un communiqué. Du matériel uniquement civil sera donc embarqué.
La même source a montré que les armes françaises livrées au régime de Riyad étaient utilisées au Yémen où les bombardements de l’armée saoudienne, soutenue par une alliance multinationale, ont fait des milliers de victimes. Face à la montée d’une campagne antiguerre en France et des pressions accrues sur le gouvernement, la ministre française des Armées, Florence Parly, a réaffirmé la volonté de Paris de poursuivre le «partenariat avec l’Arabie Saoudite» lors d’une allocution à l’Assemblée nationale, dimanche dernier. Mais la mobilisation d’ONG oblige le gouvernement à revoir sa stratégie en matière de vente d’armement au régime saoudien et à d’autres régimes despotiques de la région.
Cette action des dockers de Marseille fait suite à une première initiative de leurs collègues du Havre, le 7 mai dernier, où des canons Caesar étaient restés à quai. La même source a indiqué que «les charges modulaires parties en containers depuis l’usine d’Eurenco de Bergerac ont été redirigées vers une destination inconnue».