L’Irak condamne, unanimement, l’agression US
L’Irak condamne, unanimement, l’attaque américaine contre une base de ses forces à Qaëm (dans la province d’al-Anbar).
Selon un haut responsable des Unités de mobilisation populaire d’Irak (Hachd al-Chaabi), le nombre des victimes de l’attaque américaine contre une base de ses forces à Qaëm (dans la province d’al-Anbar) le 29 décembre, a augmenté à au moins 24, tandis que l’offensive militaire américaine a également fait plus de 50 blessés. Les personnalités et les partis politiques irakiens ont très vite réagi à cette affaire et ont demandé au gouvernement et au Parlement de leur pays de prendre une position ferme et sérieuse envers ce qu’ils ont tous qualifié d’agression d’une puissance militaire étrangère et de violation de la souveraineté nationale de l’Irak.
« L’agression militaire américaine est un acte de mépris, volontaire et grave, contre la souveraineté et la dignité nationales des Irakiens », a annoncé dans un communiqué Kataéb Hezbollah, une composante clé des Hachad al-Chaabi, dont la majorité des victimes de Qaëm étaient membres.
Le Hezbollah irakien n’était pas seul à condamner l’acte militaire hostile des États-Unis, car presque toutes les fractions parlementaires irakiennes ont pris des positions similaires.
Les événements de ces derniers mois en Irak prouvent que les Irakiens sont particulièrement sensibles à tout ce qui pourrait toucher leur indépendance et leur souveraineté. Le gouvernement de Bagdad se trouve ainsi dans une position extrêmement délicate étant donné les sentiments patriotiques de la population et les tendances majeures de l’opinion publique irakienne qui expriment clairement son mécontentement envers les ingérences étrangères dans les affaires intérieures du pays. Ce qui rendrait encore plus difficile la tâche de Bagdad c’est qu’après la démission du Premier ministre Adel Abdel Mahdi fin novembre, le Parlement irakien doit nommer le plus tôt possible le numéro un du gouvernement.
Alors que les protestations contre la corruption se poursuivent dans plusieurs villes irakiennes, il est assez clair que les États-Unis cherchent à déstabiliser le pays au moment de la nomination du nouveau Premier ministre afin que Bagdad reste assez proche de Washington, étant donné les inquiétudes exprimées ouvertement à la Maison-Blanche concernant ce que les Américains appellent « l’influence grandissante de Téhéran » chez son voisin irakien. N’oublions pas que pendant le week-end, les médias irakiens avaient fait état d’une visite secrète du secrétaire d’État américain Mike Pompeo à la base aérienne d’Aïn al-Asad, sans doute pour coordonner l’opération de ce dimanche contre les forces des Hachd al-Chaabi à Qaëm.