Un débarquement anti-Hezbollah, possible?
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Un débarquement des troupes de l'OTAN au Liban pour fouiller le Sud à la recherche des silos à missiles du Hezbollah?
(last modified 2024-06-10T14:40:49+00:00 )
Aug 16, 2020 10:26 UTC
  • Un débarquement anti-Hezbollah, possible?

Un débarquement des troupes de l'OTAN au Liban pour fouiller le Sud à la recherche des silos à missiles du Hezbollah?

Pour s'emparer militairement de l'Afghanistan puis de l'Irak, avant de provoquer la grande guerre en Syrie puis que le Hezbollah a vaillamment barré la route au grand Moyen Orient, comme l'a souligné vendredi 14 août, le secrétaire général du Hezbollah, à l'occasion du 14 anniversaire de la guerre de 33 jours, il a fallu aux stratège de Bush un 11 septembre. La double explosion de Beyrouth le 4 août semble avoir été planifié dans ce même objectif. Sauf que le Hezbollah n'est pas cette pilule facile que Pompeo croit pouvoir faire avaler. 

Peu après que la France et la Grande-Bretagne ont déployé leurs navires de guerre, leurs forces d'intervention rapides, leurs  unités de reconnaissance sous-marines, de déminage, au port de Beyrouth, le port dévasté vient d'accueillir les unités de guerre de deux autres membres de l'OTAN, l'Allemagne et la Grèce. 

Un navire d’assaut amphibie lourd de l’armée grecque et un navire lance-missile allemand ont ainsi accosté à Beyrouth, à peu d'intervalle du déploiement militaire français, lequel déploiement a été supervisé par la ministre des Armée, Parly en visite "humanitaire"(!) dans la capitale libanaise. Premier onde de choc lié à la double explosion dont le Président Aoun n'écarte toujours pas l'origine externe passé, l'OTAN ne se donne plus la peine de jouer le jeu, le navire allemand n'ayant qu'un seul médecin à bord!  Quant au navire d’assaut amphibie grec IKARIA de classe Jason, il est spécialisé pour le transport d’armements militaires notamment des chars et il peut transporter 350 effectifs armés au sol pour des opérations amphibies, 22 chars d’assaut ou divers types de blindés ou de lance-roquettes.

Tout cet armada, on s'en doute, ne s'est pas réuni pour aider à reconstruire en un temps record Beyrouth, à injecter de l'argent dans des banques, bref à alléger les souffrances des Libanais pas plus que le 11 septembre n'a pas aidé à "démocratiser" le Moyen Orient. 

Si les Etats unis ont envoyé à Beyrouth le diplomate Christophère Hill, dont la mission en 2019 consistait à pousser le Liban à renoncer à ses blocs de gaz offshore au profit de Tel-Aviv, ce n'est sans doute pas sans rapport avec les arrières pensées gazières qui feraient effectivement parties des conditions à imposer au Liban post 4 aout et ce sous menace du "siège militaire", une idée parfaitement folle  liée au plan du secrétaire d’état américain Mike Pompeo datant de mars 2019, un plan B, dit on que le secrétaire d'état US avait bien gardé pour des jours difficiles: "Si on n'arrive pas à désarmer le Hezbollah via des plans classiques (déstabilisation, sanctions, menaces, ...), on l’assiégera avant de le désarmer et de prendre en main le Liban".

Alors un blocus militaire navale en prélude à un débarquement? Mais est-ce possible? Le vendredi 15 août, le secrétaire général du Hezbollah a évoqué a peine cette perspective de siège militaire du Liban en quelques mots et ces mots ont été très significatifs. IL a dit  : " pas de quoi s'inquiéter.  les navires étrangers arrivent puis s'en vont". A quoi fait allusion Nasrallah? Certains observateurs renvoient à la visite du 6 août à Beyrouth d'un président français qui arrivé, avec l'air d'un conquérant, a regagné la France pour y affirmer que le désarmement du Hezbollah n'est pas à l'ordre du jour.

Au cours de son entretient avec le député Raad, le représentant de l'axe US/Israel aurait eu sans doute un petit vent des capacités navales de la Résistance, déjà illustrées par la spectaculaire attaque antinavaire de 2006 contre la corvette israélienne Sa'er. A l'époque le missile antinavire de fabrication iranienne Nour du Hezbollah, a privé dès les premiers jours de la guerre l'entité sioniste de son vecteur naval. Cette gamme de missiles dont la version "Khalij-e-Fars" a une portée de 300 km a toutes les chances de ne pas être absents des arsenaux d'une Résistance libanaise qui est prête à tous les scénarios et ce, depuis bien longtemps. M Macron pourrait en avoir déjà une petite idée, lui qui conseille désormais aux Américains de renoncer à la voie des sanctions et de venir investir économiquement au Liban. Alors un coup d'Etat militaire contre la Résistance, impliquant la flotte de l'OTAN en Méditerranée? Pompeo a prouvé à plus d'une reprise qu'il est fortement déconseillé de le suivre à moins qu'on veuille aller à vau l'eau... 

À première vue, ce navire pourrait être une bonne option pour des travaux d’aide humanitaire, mais l’étrange insistance des forces militaires européennes d’envoyer de l’aide par voie maritime, et surtout d’envoyer des navires amphibies vers les côtes libanaises, ainsi que le type de troupes et le modèle de navires envoyés par la Grande-Bretagne et la France, posent problème.

La marine allemande a également envoyé sa corvette lance-missile Ludwigshafen am Rhein, de Chypre au Liban.

Cette corvette a été conçue et construite spécifiquement pour des opérations dans les eaux côtières peu profondes

Elle a la capacité de déposer des mines maritimes et peut également transporter un hélicoptère.

La question qui se pose maintenant est de savoir s'il n'a pas été possible d'envoyer une grande quantité d'aide ainsi que des forces médicales et de secours spécialisés par avion. De toute évidence, tous les pays impliqués dans cette mission ont une bonne capacité de transport aérien et pouvaient transférer rapidement un bon nombre de forces spécialisées dans ce secteur vers le port de Beyrouth par avion.

D’autre part, les Britanniques ont envoyé des navires de reconnaissance ayant des capacités de cartographier les fonds marins pour des opérations de déminage et sous-marines. La France envoie également à bord de son porte-hélicoptères « Tonnerre » des capacités de reconnaissance des accès maritimes et de soutien hydrographie du Service hydrographique et océanographique de la marine. Comme nous avons dit plus haut, la Grèce et l’Allemagne ont aussi rejoint leurs alliés de l’OTAN en déployant leurs armements au Liban.