Après l'interpellation de six militants des droits de l'homme, dont un citoyen allemand, sur l'île de Büyükada, la crise qui règne entre Ankara et Berlin a connu un nouveau tournant. Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a prédit une période difficile aussi bien pour le commerce que pour le secteur touristique turc. Or, comme l'estime dans son commentaire à Sputnik Söner Polat, un contre-amiral turc à la retraite, Berlin a créé intentionnellement cette crise qui constitue un facteur majeur dans le processus d'éloignement de la Turquie de l'Otan.
«La Turquie s'éloigne à grands pas vers l'Eurasie. C'est un processus douloureux. Il serait naïf de penser que la Turquie, membre de l'Otan depuis 1952, pourrait s'éloigner facilement de l'Alliance. Les déclarations formulées par l'Allemagne auront d'inévitables répercussions sur les positions de la Turquie au sein de l'Otan», a-t-il déclaré.
La position hostile des pays occidentaux à l'encontre d'Ankara rend ce processus encore plus douloureux, estime M.Polat.
«Il est un fait qu'actuellement une attitude négative et inquiète est répandue dans les pays occidentaux. Cette tendance a gagné en ampleur après la tentative de putsch avortée du 15 juillet 2016. Les préjugés à l'encontre de la Turquie sont camouflés sous le vernis d'une hostilité au Parti de la justice et du développement [au pouvoir en Turquie, ndlr] et du Président Recep Tayyip Erdogan», estime-t-il.
D'après M.Polat, l'Allemagne a délibérément et «artificiellement» aggravé et la crise avec la Turquie.