S-400: une fabrication conjointe russo-turque?
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Les autorités turques et russes annoncent une livraison avancée des S-400, dont certaines pièces pourront être fabriquées sur le sol turc.
(last modified 2020-01-04T06:21:36+00:00 )
Apr 11, 2019 14:29 UTC
  • S-400: une fabrication conjointe russo-turque?

Les autorités turques et russes annoncent une livraison avancée des S-400, dont certaines pièces pourront être fabriquées sur le sol turc.

Selon Reuters, le président turc a annoncé que le transfert du système de défense antimissile russe S-400 pourrait avoir lieu avant le mois de juillet.

Pour rappel, Washington avait menacé d’annuler la vente des F-35 à la Turquie si celle-ci ne se passait pas des S-400.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré à propos des pressions exercées par l’Occident pour annuler l’accord Ankara-Moscou : « Nous leur avons répondu que cet accord a été conclu et que les termes en ont été fixés… Le transfert de ce système de missiles doit avoir lieu en juillet, mais la date pourrait être avancée. »

Récemment, les dirigeants de la commission des relations extérieures et de la commission des forces armées du Sénat ont averti que si l’accord turco-russe sur les S-400 était maintenu, de lourdes sanctions allaient s’abattre sur Ankara.

Le système S-400 est incompatible avec les systèmes d’armement de l’OTAN et leur achat par la Turquie pourrait compromettre la sécurité des F-35 construits par Lockheed Martin.

La Turquie joue un rôle significatif dans la production des F-35. Erdogan a déclaré aux journalistes que son ministre des Affaires étrangères et lui-même avaient été fortement mis sous pression à cause du contrat d’achat des S-400 à Moscou.

« La Russie souhaite développer la coopération militaire et technique avec d’autres pays et est disposée à envisager de signer de nouveaux contrats pour la fourniture de systèmes de défense antimissile S-400 à la Turquie », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

« La Russie est ouverte, la Russie a certaines capacités et compétences technologiques. Bien sûr, la Russie cherche les possibilités d’élargir cette coopération. C’est une pratique tout à fait normale », a déclaré M. Peskov, à un journaliste qui lui demandait si Moscou était prêt à discuter avec Ankara d’un nouvel accord portant sur des S-400.

Plus tôt mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu, a déclaré à la chaîne NTV que la Turquie pourrait signer un autre accord avec la Russie sur la livraison du système de missiles S-400 si les États-Unis refusaient de fournir le système de défense aérienne Patriot à Ankara.

Le porte-parole du Kremlin a souligné que la coopération militaire et technique était un domaine très important pour les échanges de son pays avec les autres. « La mise en œuvre de cette coopération marque un niveau particulier de développement des relations bilatérales », a-t-il souligné.

Selon l’agence de presse turque Anadolu, le porte-parole de la présidence russe a affirmé que composants des systèmes de défense antiaérienne S-400 pourraient être fabriqués en Turquie.

« Nous ne parlons pas de la chaîne de production complète, car il s’agit d’un nouveau type d’armes. Mais la production de certains composants pourrait être organisée », a déclaré Dmitri Peskov aux journalistes à Moscou.

« La production pourrait se faire sur le territoire turc », aurait-il ajouté.

L’annonce des pourparlers russo-turcs sur l’achat de systèmes S-400 a été faite pour la première fois en novembre 2016. Moscou a confirmé que le contrat avait été signé le 12 septembre 2017.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé qu’Ankara avait effectué un paiement anticipé. Les États-Unis ont déployé des efforts énergiques pour empêcher la Turquie d’acquérir les systèmes de défense antiaérienne russes S-400.