Guerre Iran/USA: le front sino-russe?
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Le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping se félicitent de constater que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confirme dans ses rapports que l’Iran continue de remplir ses engagements suivant le PGAC (Plan global d’action conjoint).
(last modified 2020-01-04T06:21:36+00:00 )
Jun 06, 2019 01:08 UTC
  • Guerre Iran/USA: le front sino-russe?

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping se félicitent de constater que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confirme dans ses rapports que l’Iran continue de remplir ses engagements suivant le PGAC (Plan global d’action conjoint).

Les deux dirigeants s'étaient réunis en effet pour évoquer une stratégie commune à adopter face aux Etats-Unis et en rapport avec plusieurs dossier. Alors que l'ultimatum iranien fixé à l'Europe dans le cadre du PGAC s'approche de sa fin (délai de 60 jours) il fallait que le front anti-Occident composé de deux puissances accordent leurs violions. D'autant plus que les évolutions au Moyen-Orient vont droit vers un clash Est-Ouest.

Dans le golfe Persique, les Américains disent désormais ne pas chercher à déclencher une confrontation militaire avec l'Iran et le Pentagone confirme une désescalade. Mais mardi les agences ont fait état d'un premier accrochage a eu lieu au-dessus de la Méditerranée quand un Poséidon US a tenté de s'approche de la base navale russe à Tartous au large de la Syrie avant d'être intercepté par un Su-35. Cette semaine, le ministre chinois de la Défense a lancé une sévère mise en garde contre les agissements US à Taiwan, mise en garde jugée sans précédent. Pour de nombreux analystes, ni la Russie ni la Chine ne sauraient s'imposer face aux Etats-Unis au Moyen-Orient sans s'engager directement aux côtés de l'Iran

Aussi à Moscou, les président chinois et russe ont tous deux condamné les sanctions unilatérales et totalement contre-productives à l’encontre de l’Iran, sanctions dont elles sont, elles aussi, la cible. 

Et pourtant Pékin et Moscou, appellent l’Iran à s’abstenir de prendre toute mesure supplémentaire visant à mettre fin à ses engagements, et ils appellent aussi les autres signataires à respecter les leurs dans le cadre de l’accord signé en juillet 2015. S'il est vrai que cet appel reflète le souci des deux partenaires de l'Iran à préserver le cadre d'un accord internationalement reconnu, lequel a largement contribué à isoler les Etats-Unis sur la scène internationale, il n'en reste pas moins que la partie iranienne a besoin que les signataires prouvenet concrètement leurs engagements. La Chine continue à acheter le pétrole iranien et à défier aux côtés de l'Iran à le régime des sanctions US. La dédollarisation marque les efforts conjoints sino-iranien dans leurs échanges commerciaux, dé-dollarisation qui a d'ailleurs largement été évoquée entre les deux présidents. Quant à la Russie, le soutien politique russe à l'Iran au Conseil de sécurité est bien précieux.  

Mais la réunion urgente à laquelle sont appelés les Européens par la Russie est autrement significative:  Les dirigeants russes et chinois ont  souligné l’importance du PGAC, réaffirmant leur plein engagement à respecter de manière durable et sans équivoque toutes les obligations que stipule l’accord, conformément à la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU et à l’article 25 de la Charte des Nations unies. Et ils attendent que l'Europe en fasse autant. 

Violant les engagements des États-Unis, le président américain a annoncé le 8 mai 2018 le retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien. Visant notamment le secteur pétrolier de l’Iran, les sanctions levées en vertu de l’accord sont ainsi entrées en vigueur à l’issue d’une période transitoire de 90 et 180 jours. LE retrait US a largement nui au crédit et prestige de l'Europe politique pour qui le PGAC a été une première manifestation de force. Dans la foulée, l’Union européenne s’est engagée à préserver l’accord et à mitiger l’impact des sanctions unilatérales de Washington en garantissant les intérêts économiques de l’Iran. Se contentant de rhétoriques, les États européens n’ont toutefois procédé à aucun acte concret pour sauver l’accord et se sont alignés sur les positions hostiles de la Maison-Blanche à l’encontre du programme balistique de l’Iran. 

Dans une lettre adressées’adressant aux dirigeants impliqués dans le PGAC, le président iranien, Hassan Rohani, a annoncé la décision du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien de suspendre l’application de certains engagements de l’Iran signés dans l’accord. La Russie demande désormais à un mécanisme d'indemnisation de l'Iran pour sauver l'accord nucléaire sur fond des appels successifs du dialogue de la part des Etats-Unis à l'encontre de l'Iran. Plus d'une semaine après de très fortes tensions USA/Iran dans la région du golfe Persique, les Etats-Unis en sont à brandir les carottes. Les Iraniens n'en sont certes pas dupes mais la Russie et la Chine tentent de leur faire comprendre que le temps est désormais compté et que la prochaine serait soit un face-à-face direct Iran/USA ou un deal entre les deux, pas forcément dans l'intérêt européen, note un analyste, commentant le récent appel du vice ministre russe des A.E., Riyabkov.