Journée d’Attar commémorée en Iran
Le 25 Farvardin, dans le calendrier iranien, qui tombe, cette année, sur le 14 avril, est nommée "Journée de commémoration de Farīd al-Dīn Aṭṭār".
Farīd al-Dīn ʿAṭṭār, (en persan : فَریدالدّین ابوحامِد محمّد عطّا نِیشابوری), fut un poète mystique persan des 12ème et 13ème siècle, soit les 6ème et 7ème siècle de l'hégire lunaire. Attar naquit à Nichapur, dans le Khorasan, où se trouve son tombeau.
A cette occasion, nous avons décidé de parler de l'œuvre majeure d'Attar, le Mantiq at-Tayr ( ). Le Mantiq at-Tayr, (منطق الطیر) (Le Langage des Oiseaux), masnavi symbolique et mystique de 4.458 vers, est, sans doute, le plus beau et le plus poétique des ouvrages gnostiques de Sheikh Attâr Neyshâbouri, poète mystique iranien (nous apprend la Revue de Téhéran) .
Il met en scène des oiseaux, symbolisant l'homme, qui, se mettent à la recherche de leur Roi, le mythique Simorgh. Le titre du Mantiq at-Tayr, qui signifie, littéralement, «Le langage des oiseaux», a été choisi par Attâr, en référence au verset 16 de la sourate An-Naml, (Les fourmis) : «Et Salomon hérita de David et dit : «O hommes ! On nous a appris le langage des oiseaux ; et on nous a donné part de toutes choses. C'est là vraiment la grâce évidente».
Attâr utilise l'expression de Mantiq at-Tayr, dans le sens coranique, mais aussi, dans le sens d'une parole gnostique à décoder. C'est ce deuxième sens qu'utilise Attâr, dans son autre ouvrage mystique, Asrâr Nâmeh, (Le livre des secrets), et dans nombre de ses ghazals. Il semble avoir choisi d'intituler, ainsi, son recueil, dans un but pédagogique, c'est-à-dire, pour montrer que le cheminement de chaque pèlerin-oiseau, (seul animal qui peut s'envoler et s'éloigner de la terre pour les cieux), dépend de son rang mystique et de sa volonté et capacité à vouloir arriver au but. Il le dit, d'ailleurs, explicitement, à la fin de l'ouvrage, lorsqu'il lève le voile sur le mystère du Simorgh.
Attâr entre dans l'histoire des oiseaux, qui se poursuit, jusqu'à la fin du 45ème chapitre. Chaque partie de l'histoire est entrecoupée par d'autres récits illustrant le propos principal du chapitre. A la fin du livre, les oiseaux rejoignent, finalement, la demeure du Simorgh, et le cheminement se termine dans la paix. L'histoire des oiseaux ou l'histoire principale, est un récit symbolique, qui met en scène la marche du pèlerin mystique à la recherche de Dieu, sous la forme d'un voyage d'oiseaux tentant d'atteindre le Simorgh, leur souverain.