Sahel: le jeu US du bon et du mauvais flic
Dans le Sahel, une information apparaît sur la toile disant que les armes aux mains des terroristes seraient des armes de fabrication européenne. Ce n’est pas nouveau, mais quel est le jeu de dénonciation ?
Actualité en Afrique :
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Analyses de la rédaction :
1. UA : Israël sur un siège éjectable !
Dans l’Union africaine, Israël croyait pouvoir se reposer sur ses lauriers, mais visiblement, c’est plutôt sur le siège éjectable qu’il s’est assis.
Avec les nombreux coups de pression, l’aide des alliés occidentaux, le régime israélien a pu s’incruster en tant qu’observateur au sein de l’Union africaine. Mais sans que personne ne demande l’avis des pays africains, qui à la base, sont les premiers concernés.
Plus de 200 personnalités africaines ont lancé une pétition dénonçant la décision de la Commission de l’Union africaine d’accorder le statut d’observateur au sein de l’UA à Israël.
Des personnalités africaines de différentes nationalités et tendances politiques et culturelles ont signé la pétition lancée par « la Campagne internationale pour le retour en Palestine ».
La Campagne internationale a appelé les peuples des pays africains à « lutter avec tous les moyens légaux pour rejeter cette décision illégale qui entrave les intérêts de l’Afrique et les valeurs humaines ».
Elle a tenu à rappeler que « l’Afrique et la Palestine forment un seul corps et se partagent la même cause, celle de la lutte contre l’occupation ».
La pétition a assuré que la décision unilatérale du président de la commission de l’UE « détruit tous les fondements sur lesquels l’UA a été bâtie et dénigre la lutte des Africains et le sang de leurs martyrs pour la liberté ».
Les signataires ont appelé la Commission africaine à retirer immédiatement cette décision et à s’excuser auprès des peuples africains et du peuple palestinien pour ce « grave préjudice ».
Ils ont tenu à affirmer leur soutien à cette mesure entreprise par des pays membres de l’UE qui ont exprimé officiellement, suite à une initiative algérienne, leur opposition à la décision du président de la commission de l’UA.
Que ce soit l’Afrique, la Palestine ou encore le Yémen, l’Irak, l’Iran, bref, beaucoup de pays à travers le monde combattent non seulement le colonialisme à l’état pur, mais également l’hégémonie américaine.
Et le camp de la Résistance s’agrandit et les combats s’amplifient. Actuellement, on assiste à un soulèvement incroyable qui pousse justement les colons hors du continent. De plus en plus d’alliances solides apparaissent au sein du continent, mais également avec les puissances de l’Est comme l’Iran, la Russie ou encore la Chine. Si l’Afrique se bat contre le colonialisme, ce n’est pas pour accepter un colon de la terre de Palestine sur son continent, et qui plus est, arrivée sans l’approbation des nombreux autres pays africains.
Tel-Aviv, qui opère toujours ouvertement et avec la complicité des États occidentaux le régime d’apartheid en Palestine a visiblement crié victoire trop vite. Le rêve que croyait vivre Israël est en train de se transformer en un véritable cauchemar !
2. USA-Israël empêchent le rapprochement Iran-Éthiopie
En Éthiopie, la crainte d’un rapprochement avec l’Iran s’accroît !
Après avoir envoyé promener l’envoyé spécial américain pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, il se pourrait fortement qu’Addis-Abeba se rapproche beaucoup plus de l’Iran que beaucoup le croient. Et vue l’impossibilité pour les États-Unis d’amener l’Éthiopie sous ses griffes, et surtout, après l’échec des tentatives de déstabilisation de l’Éthiopie, il semblerait que Washington veut maintenant user de son allié, Israël pour tenter d’atteindre son objectif.
Selon certaines sources, le Premier ministre éthiopien, Abi Ahmed, a annoncé qu’il s’était mis d’accord avec son homologue israélien, Naftali Bennett, lors d’un appel téléphonique, pour renforcer la coopération entre l’Éthiopie et Israël.
Abiy a déclaré, dans un tweet publié lundi soir : « J’ai été ravi d’avoir des conversations avec Bennett plus tôt dans la journée sur des questions bilatérales et internationales. Nous nous sommes engagés à continuer de renforcer la coopération entre nos deux pays.
Envoyer le régime israélien en Éthiopie est évidemment un moyen pour Washington afin de déstabiliser le pays de l’intérieur.
Il faut savoir que cette conversation a eu lieu quasi simultanément à l’imposition des sanctions américaines sur le chef d’état-major de l’armée érythréenne qui a fortement soutenu l’Éthiopie dans sa lutte contre les rebelles terroristes du TPLF.
Et cette nouvelle offensive contre l’Éthiopie concorde parfaitement avec l’arrivée de l’Iran sur la scène éthiopienne.
En effet, selon certaines sources, dans le conflit contre les rebelles terroristes du TPLF, qui sont pour rappel téléguidés principalement par les États-Unis, des drones iraniens ont été aperçus dans le camp de l’armée fédérale éthiopienne.
Déjà, le fait qu’Addis Abeba ait neutralisé le TPLF n’était pas prévu dans le camp américano-israélien, mais qu’en plus, l’Éthiopie s’est farouchement tournée vers le bloc de l’Est au point d’utiliser des drones iraniens dans sa lutte contre les rebelles terroristes n’était même pas une chose imaginable.
Bref, il est clair que pour l’Éthiopie, le fait d’avoir de vrais alliés qui connaissent réellement la lutte mondiale contre le terrorisme, et surtout, d’avoir le soutien du peuple éthiopien, mais également de la population tigréenne, fait de ce pays un danger que l’axe US-Israël veut absolument neutraliser.
Selon cet axe occidental, le crime de l’Éthiopie, c’est qu’il veut préserver sa souveraineté et son intégrité. Ce qui est encore vu comme un délit pour les Occidentaux néocolonialistes. Les offensives ne s’arrêteront pas tant que l’Éthiopie ne se pliera pas à l’hégémonie américaine et l’Éthiopie n’a pas du tout l’intention de s’y plier !
3. Sahel : le jeu US du bon et du mauvais flic
Dans le Sahel, une information apparaît sur la toile disant que les armes aux mains des terroristes seraient des armes de fabrication européenne.
Ce n’est pas nouveau, et ces dernières années, on se faisait traiter de complotiste lorsqu’on débitait des informations pareilles. Mais les vérités remontent toujours à la surface à un moment donné ou un autre. Par contre, il y a quand même quelque chose d’intéressant en voyant cette information. Regardons ensemble ce que le média RFI écrit :
“D’où viennent les armes utilisées par les groupes armés au Sahel ? Une étude publiée ce mardi 24 août par l’ONG Amnesty International révèle que la branche sahélienne du groupe Daech ainsi qu’al-Qaïda utilise des armes de fabrication européenne et notamment serbe. Amnesty pointe aussi leur utilisation par des milices progouvernementales et évoque des circuits illégaux d’armements de ces groupes.” “L’ONG serait arrivée à cette conclusion en analysant plus de 400 photos et vidéos diffusées par les groupes terroristes, mais aussi par des milices locales d’autodéfense - Dan na Ambassagou au Mali ou les VDP (Volontaires pour la défense de la patrie) au Burkina - entre janvier 2018 et mai 2021.”
Tout d’abord, indirectement, les médias tentent de mettre les VDP, donc les civils qui ont choisi de prendre les armes et d’épauler les forces armées burkinabés, au même rang que les terroristes. Le terme milice est également assez péjoratif.
Mais ce qui est le plus étonnant dans cette affaire, c’est la démarche des ONG anglo-saxonnes qui, en ce moment, lancent une vague de dénonciation des armes européennes, mais également des exactions des multinationales européennes.
Dans le Zoom Afrique du 21 août, nous avons traité l’information concernant la République centrafricaine. En effet, cette semaine la même information était apparue relayant les accusations d’une ONG américaine contre une entreprise française, l’accusant d’avoir financé les groupes rebelles qui ont pour but de déstabiliser le pays.
Ces ONG américano-anglaises qui lancent ce genre d’accusation sont assez étonnantes.
Il est quand même assez bizarre de voir qu’une ONG américaine, normalement alliée des Français accuse ces derniers de coopérations avec des rebelles, mais la question n’est pas aussi simple.
Allié de la France, ce genre de politique s’inscrit dans le cadre de la politique de division pour un meilleur règne.
Et pour cause, les États-Unis veulent, depuis un certain temps, prendre le contrôle de l’Afrique de l’Ouest. Le terrain est d’ailleurs propice vue la haine anti-France qui est grandissante dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, surtout dans les pays du Sahel, Washington veut prendre maintenant la place de la France. Mais le problème, c’est que ce n’est pas seulement une simple haine de la France qui est grandissante dans l’esprit des populations ouest-africaines, mais plutôt une haine anti-néocolonialiste, qui englobe certes la France et les pays européens, mais également les États-Unis.
Ce qui fait que Washington joue la carte de la dénonciation afin de se mettre en valeur aux yeux de la population du Sahel. En somme, c’est le jeu du bon et du mauvais flic.
Le seul hic, c’est que cette ère est révolue. Les populations du Sahel ne veulent plus être colonisées, et s’il pousse la France et ses alliés européens vers la porte de sortie, ce n’est pas pour laisser les Américains prendre leur place.