Barkhane : le Mali se venge !
Au Mali, Zoom Afrique revient sur les propos de la ministre française des Armées, « s’essuyer les pieds sur le sang des soldats français est inacceptable ». Mais la France piétine le sang des Maliens constamment !
Actualité en Afrique :
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Analyses de la rédaction :
1. Éthiopie/Soudan résistance
L’Éthiopie continue de préserver la paix et la sécurité dans la région en soutenant qu’il est important de rejeter les ingérences étrangères, et conseil à ses voisins de faire de même.
L'Éthiopie a exprimé sa pleine solidarité avec le Soudan et son soutien au rejet de toute ingérence étrangère et de tout diktat de l'extérieur dans ses affaires internes.
C'est ce qui ressort d'un tweet publié mardi par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.
Il a déclaré qu'Addis-Abeba souhaitait que le Soudan surmonte la crise actuelle à laquelle il fait face, avec sagesse, appelant Khartoum à n'autoriser en aucun cas l'ingérence étrangère et les diktats apparents et cachés de l'extérieur.
Et d'ajouter que l'Éthiopie et le Soudan passent par l'expérience de la mise en place des fondements de la démocratie pour des sociétés où règnent la sécurité et la stabilité, qualifiant les parties qui tentent de s'ingérer dans leurs affaires, de « forces du mal étrangères ».
Ce tweet intervient après que Khartoum a dénoncé, le 21 septembre, une tentative de coup d'État manquée, menée par le général de division Abdul-Baqi Al-Hassan Othman Bakrawi ainsi que 22 autres officiers et nombre de sous-officiers et soldats.
Ces tweets interviennent après l’annonce de la ministre soudanaise des Affaires étrangères, qui a minimisé les liens avec le régime israélien, affirmant qu’il n’existe actuellement aucun projet d’établissement d’une ambassade de l’entité à Khartoum.
Dans une interview accordée à The National, 11 mois après l’annonce de la normalisation entre les deux pays, la ministre soudanaise des Affaires étrangères Mariam al-Sadiq al-Mahdi a affirmé qu’il n’y avait « aucun signe de normalisation avec Israël ».
« Il n’y a aucune discussion à aucun niveau officiel », a-t-elle dit, ajoutant que « l’abolition d’une loi sur le boycott d’Israël ne signifie pas que nous envisageons d’ouvrir une ambassade israélienne à Khartoum ».
Les pays d’Afrique de l’Est sont durement sur leur garde. D’après la longue expérience des pays africains face aux chantages, menaces, humiliations de la part des Occidentaux, les Africains savent pertinemment comment il faut faire face aux impérialistes.
À l’heure où beaucoup de médias parlent justement d’un mariage ou d’une lune de miel (pour reprendre leur titre) concernant l’Égypte et le régime israélien, Addis Abeba a annoncé la fermeture temporaire de son ambassade au Caire et même en Irlande, qui pour rappel a voté pour la résolution du Conseil de sécurité pour la mise en place de sanction contre l’Éthiopie. Une raison financière a été évoquée. Mais beaucoup d'experts pensent justement que cela a également un lien avec le fait qu’Israël tente de créer une guerre entre le Soudan et l’Éthiopie. Ce qui n’a absolument pas fonctionné, malgré les nombreuses fausses nouvelles qui sont apparues dernièrement sur la toile prétendant que les deux pays s'affrontraient à leur frontière.
L’Éthiopie et le Soudan, tout comme les pays de la Corne de l’Afrique ont un but en commun, à savoir le développement de leur pays.
L’Afrique en a clairement marre de courir après les intérêts des Occidentaux et de délaisser leur pays respectif, cette ère est révolue et il serait temps que les Occidentaux s’en rendent compte plutôt que de chercher à tout prix à saper le souverainisme en Afrique.
2. Guinée: le coup d'État est raté ?
En Guinée, même après le coup d’État, même après les beaux discours, la junte militaire n’a pas réussi à rallier la population à sa cause, aussi bien dans le pays qu’au sein de la diaspora.
C’est une première en Afrique qu’après un coup d’État, la population manifeste pour demander la libération immédiate et sans condition de son président. Et bien cette première se passe en Guinée.
Trois semaines après le coup d’État par des mercenaires à la solde des américains, Alpha Condé est toujours assigné à résidence surveillée par la junte. Le président n’est pas libre de ses mouvements et n'a fait aucune déclaration encore moins une apparition, depuis le renversement.
Ce samedi 25 septembre 2021, des partisans du président Alpha Condé ont manifesté au siège du RPG arc-en-ciel, à Conakry pour réclamer sa libération.
Munis de prospectus et en scandant des slogans du genre « libérez Alpha », ces militants du RPG se sont fait entendre. Une manifestation symbolique, mais pleine de sens aux yeux des organisateurs.
« Notre objectif est de demander à la junte de libérer le Pr Alpha Condé sans condition », explique un manifestant.
À mille lieues de là, une autre manifestation de moindre envergure a eu lieu à Paris, dans la capitale française. Là également, une poignée de manifestants s’est rassemblée pour dénoncer le « coup d’État du 5 septembre » et revendiquer la libération d’Alpha Condé.
Depuis le putsch du 5 septembre, des chefs d’État, mais des dirigeants d’organismes internationaux ont réclamé la libération de l’ancien dirigeant guinéen. C’est la première fois que cette demande s’exprime par des manifestations au sein de la population.
Cette manifestation est bien la preuve que les coups d’État, même réussis, n’ont peut-être pas l’effet escompté. En effet, la junte militaire à bien pris le pouvoir, mais elle n’a aucunement réussi à rallier les Guinéens à sa cause.
Pour rappel, certains médias mainstream tentent de légitimer ce coup d’État en l’attribuant au troisième mandat du président Alpha Condé, en faisant croire que le président Condé avait fait cela d’une manière illégale.
Illégale pour qui ? L’Occident, qui a accepté Angela Merkel dirigée l’Allemagne depuis plus de 15 ans, cela fait 4 mandats non ?
En Guinée, avant d’annoncer sa candidature, un référendum constitutionnel a bel et bien été mis en place. Le peuple a majoritairement voté pour, ce qui veut dire que le terme « illégal » n’est pas très approprié.
Le fait que la junte militaire n'ait pas pu rallier le peuple à sa cause, pose beaucoup de problèmes et montre encore une fois l’échec des tiers occidentaux qui sont derrière ce coup d’État.
Ce coup d’État visait clairement à saper les liens qui lient la Guinée avec les pays du bloc de l’Est comme la Russie, la Chine et l’Iran. Le pays se tournait de plus en plus vers les pays ennemis du bloc occidental et cela ne convenait pas du tout aux intérêts et aux plans des Occidentaux concernant cette partie de l’Afrique.
Le président Alpha Condé n’a toujours pas non plus signé sa démission, ce qui place la junte en très mauvaise posture.
3. Mali: c'est le sang des Maliens qui a mis dehors Barkhane !
Au Mali, Zoom Afrique revient sur les propos de la ministre française des Armées, à savoir « s’essuyer les pieds sur le sang des soldats français est inacceptable » comme le titre l’opex360.
À plusieurs reprises, Zoom Afrique avait clairement annoncé son désaccord concernant les propos du Premier ministre malien concernant « l’abandon » de Paris. Alors que c’est un échec de Paris face à la population malienne. Mais pour le reste de son discours, il est clair que c’est en partie la parole des Maliens qui a été retransmise à l’Assemblée générale de l’ONU.
Depuis plusieurs années déjà, le monde entier voit de ses propres yeux les Maliens descendre dans les rues pour demander le retrait immédiat et sans condition des troupes militaires d’occupation occidentale de son territoire. Et il est clair que la France n’a eu guère le choix que de se retirer et de se cacher derrière le rideau d’une autre force d’occupation, mais européenne cette fois. Ce que la France subit depuis plusieurs années au Mali, c’est même plus un aveu d’échec, mais c’est une humiliation pure et simple. Depuis l’occupation du Mali, la France a tenté de temps en temps de montrer qu’elle s’attaquait aux terroristes en tuant quelques terroristes par ci et quelques terroristes par là, afin de grossir l’affaire dans les médias français, histoire de montrer que Barkhane sert à quelque chose.
De plus, dans les opérations de Barkhane, il est souvent mentionné que c’est Barkhane seule qui a mené ces opérations, avec de temps à autre, une implication des Famas.
Plusieurs Maliens sont intervenus à travers des tribunes, pour déclarer que c’est la France toute seule qui dit qui sont les ennemis à abattre et qui sont les bons qu’il faut laisser. Donc, la France place l’étiquette de terroriste à qui bon lui semble. Les justifications apportées par le Quai d’Orsay concernant la frappe de Bounti prennent leur sens. Les Mirages 2000 ont frappé un mariage et tués de nombreux Maliens. D’ailleurs, si l’affaire a éclaté, c’est bien parce qu’il y avait encore des survivants, sinon, cette affaire allait passer à la trappe comme les nombreuses autres.
Comme la France a décrété que c’était des terroristes armés, et bien la Communauté internationale n’a pas donné suite à cette affaire. Malgré les différents rapports fournis par des organismes indépendants, aucune sanction n’a été prise à l’encontre de Paris. Il serait également nécessaire de remettre sérieusement en question les différentes opérations qui ont été menées par Barkhane, et les nombreux Maliens qui ont évidemment péri dans ces opérations. Les frappes aériennes ont toujours des « dommages collatéraux » qu’elles soient effectuées par les États-Unis ou la France. De nombreux dossiers remontent à la surface concernant ce sujet, dans tous les pays où il y a une présence d’occupation occidentale.
Sans parler des nombreux soldats maliens qui ont donné leur vie pour défendre leur patrie et leur compatriote pour assouvir les intérêts personnels d’un État colonial et impérialiste qui n’a jamais et n’a toujours aucune considération pour le peuple africain.
Ce qui nous amène à penser que si pour la ministre française des Armées, Florence Parly, il serait inacceptable de « s’essuyer les pieds sur le sang des soldats français », il serait beaucoup plus approprié de dire que c’est le sang de milliers et de milliers de Maliens qui a éjecté la France coloniale du Mali.