Sénégal: l'armée contre-attaque
Actualité en Afrique :
-Visite de l’ambassadeur d’Iran à Ségou : bientôt la Comatex en marche ;
-Kenya : un centre recycle entièrement les déchets électroniques ;
-Sénégal : la Banque Islamique de Développement affecte plus de 16 millions $ à l’électrification rurale ;
-RDC : Denis Kadima s’engage à écouter la population pour arriver à des élections inclusives et transparentes.
Analyses de la rédaction :
Casamance : l’armée sénégalaise contre-attaque
Les autorités du Sénégal et de la Guinée-Bissau se sont rencontrées à Bissau ce samedi 23 octobre afin de parvenir à une gestion concertée de la frontière commune. La réunion a permis de dégager des pistes de réflexion et des actions concrètes à mener pour mettre fin au grand banditisme le long de la frontière commune, au vol de bétail.
Le chef d’état-major sénégalais était lui aussi à Bissau pour peaufiner la stratégie visant déloger de leurs bases les indépendantistes du MFDC. La gestion de la frontière commune, le grand banditisme, le vol de bétail et les problèmes fonciers sont entre autres les points inscrits à l’ordre du jour de l’atelier de réflexion entre autorités sénégalaises et bissau-guinéennes autour du thème : « sécurité et développement le long de la frontière commune. »
Parallèlement à cette rencontre entre civils, une autre, celle entre militaires. La délégation sénégalaise est conduite par son chef d’état-major, le général Cheick Wade. Objectif là encore, la gestion concertée de leur bordure. Une frontière de 338 km le long de laquelle s’est installée depuis bientôt quarante ans une rébellion, celle des séparatistes casamançais.
En février dernier, l’armée sénégalaise avait entrepris des opérations visant à déloger le mouvement indépendantiste de ses bases près de la frontière bissau-guinéenne. Tout ceci montre encore une fois que le conflit est bel et bien géré par les autorités sénégalaises et Dakar a donc pu classer le dossier des séparatistes en Casamance.
Au début de l’année, l’armée sénégalaise avait mené des opérations de sécurisation dans plusieurs parties de la Casamance, où les indépendantistes du MFDC avaient élu domicile. Les opérations ont permis aux populations déplacées de regagner leur zone d’habitation. Elles ont également permis à l’armée de « neutraliser » les bandes armées et de mettre fin à divers trafics illicites.
Le 9 janvier, l’armée sénégalaise a déclaré avoir pris possession des quatre dernières bases des rebelles, dans le « front sud », à la frontière avec la Guinée-Bissau, après une dizaine de jours d’intervention. Vu que les médias mainstream continuent de laisser entendre que le conflit n’est pas terminé, cela donne l’impression que Paris cherche une nouvelle stratégie, pour relancer, d’une certaine manière, le conflit en Casamance.
Pour le moment, l’armée nationale a bien sécurisé la région, et le message du responsable militaire sénégalais était on ne peut plus clair, il serait donc très difficile pour les organes occidentaux de réarmer les séparatistes et de les relancer. C’est grâce à une coopération régionale et surtout une union au niveau national que les pays d’Afrique pourront s’élever comme il se doit.
De plus, alors que les élections locales municipales et départementales se tiendront le 23 janvier 2022, ces mesures pourraient s’inscrire dans la démarche des mesures préventives du gouvernement et de l’armée afin d’empêcher toutes tentatives de déstabilisations. En effet les élections se sont transformées en un outil de déstabilisation à l’encontre des états africains depuis qu’elles sont manipulées par les puissances occidentales.
En tout cela, les populations, les gouvernements, les présidents forment à eux seuls un rempart face à aux politiques sournoises des néo-colons, et la partie occidentale le sait et continue de créer des conflits afin de préserver la division. Mais cette ère est révolue.
RDC : l’armée US bientôt déployée ?
En RDC, que cherchent les USA à travers la diabolisation de l’armée, en l’accusant de pire, dans les régions stratégiques que sont les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
En effet, les médias mainstream, font état d’un rapport de l’Assemblée nationale de la RDC, qui accuse les forces de sécurité de dérapages, violations des droits de l’Homme et corruptions en mai 2021 dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
« En plus de problèmes financiers et logistiques, doublés d’insuffisances des troupes sur le terrain, le rapport fait état de 156 cas d’extorsions, plusieurs cas de viols et des arrestations arbitraires. Les magistrats militaires sont pointés du doigt pour le monnayage des procédures et pour des actes de concussion, notamment dans la province de l’Ituri », lit-on sur RFI.
Alors que le président Tshisekedi vient tout juste de rentrer de sa visite en Israël après avoir rencontré le PM Naftali Bennett sur la coopération bilatérale entre leurs deux pays, cette nouvelle accusation contre l’armée, n’augure rien de bon.
Il est clair que depuis l’accord militaire signé entre la RDC et les USA, le divorce politique entre Tshisekedi et Kabila et les limogeages répétitifs des proches de l’ancien président congolais, Washington cherche avec l’aide de son allié Israël, par tous les moyens de déstabiliser la RDC.
L’axe USA-OTAN a toujours cherché de s’emparer de l’est de la RDC, d’où le déploiement en août dernier « des experts antiterroristes américains à appuyer l’armée congolaise dans sa mission de lutte contre le groupe armé “Forces démocratiques alliées” (ADF) ».
Ces accusations pourraient exercer plus de pressions contre l’armée congolaise, qui malgré tous les tentatives et complots ne s’est pas laissé diaboliser.
La prochaine étape après cette diabolisation de l’armée serait donc un déploiement massif des forces interventionnistes sous prétexte de l’incapacité de l’armée d’assurer la sécurité.
De son côté, Tshisekedi a annoncé lors de sa rencontre avec les autorités israéliennes qu’il souhaitait resserrer les liens avec Israël dans les domaines de la sécurité, de l’agriculture, des infrastructures et de la technologie numérique. Une porte d’entrée des pions israéliens est donc ouverte en RDC.
La leçon que beaucoup de pays dans le monde devraient tirer de ce qui s’est passé en Afghanistan, c’est bien le fait que les États-Unis s’implantent dans un pays, prétend vouloir renforcer l’armée nationale, et annoncer ensuite son départ. Si le but était vraiment de faire cela, on aurait déjà pu voir des résultats quelque part dans ce monde.
En voyant ce qui s’est passé avec l’armée afghane ou encore dans les autres pays dans le monde, et surtout, avec les demandes et les nombreuses manifestations répétées de ces mêmes pays aux États-Unis et alliés occidentaux de quitter ces pays, la RDC a-t-elle prise la bonne décision de renfoncer ses coopérations militaires avec les occidentaux ?
Soudan : à qui profite le coup d’État ?
Des centaines de milliers de manifestants soudanais sont sortis, samedi 30 octobre, dans les rues de Khartoum et dans plus de 70 autres villes du pays, pour exiger le rétablissement d’un gouvernement dirigé par des civils afin de remettre le pays sur la voie de la démocratie, après le coup d’État militaire de lundi dernier.
Comment peut-on analyser ce coup d’État ? Luc Michel, géopoliticien, nous en dit plus.