Mali: bon vent pour Barkhane à Ménaka
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Actualité en Afrique : Ghana : le gouvernement offre 3,9 millions de dollars de subvention pour le Hadj 2022
(last modified 2022-10-27T12:14:49+00:00 )
Jun 09, 2022 14:07 UTC

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Analyses de la rédaction :

Mali : bon vent pour Barkhane à Ménaka 

Barkhane est bientôt sur le point de laisser place à l’armée malienne à Ménaka. 

Vu ce qui s’est passé à Gossi, avec la fameuse charnière soudainement découverte, que Barkhane voulait absolument attribuer à l’armée malienne, il est clair qu’il faudra certainement s’attendre à une manœuvre sournoise de la part de Barkhane à Ménaka.   

Le 19 avril dernier, l’État-major des forces armées françaises avait annoncé que la force française Barkhane venait de remettre les clés de la Base opérationnelle avancée tactique de Gossi aux Forces armées maliennes [FAMa], quelques jours seulement après avoir réalisé un état des lieux du site avec une délégation malienne. Et ce devrait être bientôt le tour de la base de Ménaka. 

En effet, le 6 juin, le colonel Tassel, l’actuel chef du groupe européen de forces spéciales « Takuba », qui relève de Barkhane, a reçu le colonel malien Bagayoko pour « l’état des lieux de la base opérationnelle de Ménaka », a indiqué l’EMA. En outre, le transfert de cette base avancée aux FAMa ne devrait plus tarder. 

Mais cette fois-ci, c’est le groupe terroriste de Daech qui a été renforcé à bloc dans les environs.  

Des combats opposent les terroristes à l’armée malienne dans le nord du pays. Qui a gagné la bataille d’Anderamboukane ? Depuis mars, les terroristes de Daech y affrontent les touaregs progouvernementaux du Mouvement du Salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe d’autodéfense Imghad et alliés (Gatia), deux groupes bénéficiant du soutien de l’armée malienne. L’objectif est de contrôler cette localité stratégique située à 90 km de la ville malienne de Ménaka, à la frontière avec le Niger. 

Les informations en provenance de la zone sont difficiles à recouper pour savoir qui des acteurs s’est imposé ou est actuellement en position de force, comme en témoigne la confusion qui règne après l’offensive lancée en fin de semaine par la coalition pro-Bamako. Ces affrontements se seraient soldés par une victoire de cette coalition, assurent ses responsables. Mais des sources locales, généralement bien informées, contestent et assurent que Daech est loin d’avoir été battu et qu’il contrôlerait encore la localité. 

Durant cette période, la Division des droits de l’Homme de la Minusma a noté une dégradation de la situation sécuritaire dans les régions de Gao et de Ménaka « en raison d’affrontements armés entre les éléments du MSA, du GATIA et ceux de Daech ou d’attaques contre les populations civiles dans plusieurs cercles d’Andéramboukane. 

Une source proche des groupes d’autodéfense soutient que ces nombreux incidents sécuritaires sont le fruit de la volonté du groupe terroriste de Daech qui bénéficie du renforcement et de l’aide logistique de Barkhane pour mettre la main sur Ménaka au moment de leur départ. 

Pour rappel, la France s’est littéralement fait mettre à la porte du Mali, car le pays ne pouvait plus voir un seul soldat français, considéré comme des occupants, se promener sur son territoire. De plus, le fait que le Mali s’est tourné vers d’autres partenaires avec, entre autres, la Russie a également changé la donne. L’armée nationale malienne s’est renforcée et s’est lancée dans la lutte contre le terrorisme tout en apportant des résultats très positifs au grand dam de Paris. 

La success-story de l’Afrique de l’Ouest française a donc pris fin.  

Bien que Paris ait réussi de s’incruster dans la région ces dernières années, cela n’a donné aucune raison au peuple ou au gouvernement malien de soutenir les actions françaises. 

Alors que la France s’impliquait davantage dans la vie des Maliens, la population de tout le pays, du nord au sud, les détestait et les rejetait. 

L’avènement de la Russie sur cette scène complexe a permis à Bamako de rompre nettement avec sa dépendance vis-à-vis de la France et de ses alliés occidentaux de l’OTAN. 

Avant même que la France ne mette officiellement fin à sa présence dans le pays, des armes et des techniciens militaires russes débarquaient à Bamako. Les hélicoptères d’attaque, les systèmes radars mobiles et d’autres technologies militaires russes ont rapidement remplacé les armes françaises. 

La Russie ne peut pas se permettre de perdre un ami aussi précieux que le Mali, en cette période critique de sanctions et d’isolement imposés par l’Occident. Cela peut impliquer que le Mali continuera d’être le théâtre d’une guerre froide géopolitique qui pourrait durer des années. 

Mais le vainqueur de cette guerre reste tout de même le peuple malien. 

Nouvelles interférences étasuniennes sur le continent africain :

Les USA examinent une loi visant à contrecarrer la présence russe en Afrique, mais également à punir les gouvernements et acteurs africains qui seraient favorables à cette présence. Cette éventuelle démarche met en exergue une fois de plus la mentalité purement néocoloniale si propre à l’establishment étasunien, occidental et atlantiste de manière générale. 

Les États-Unis préparent une loi pour sanctionner les “amis” de Poutine en Afrique, écrivait récemment l’agence d’information économique africaine L’Agence Ecofin. Comme rappelé, le Sénat US vient d’entamer l’examen du projet de loi relatif à la lutte contre les activités “malveillantes” de la Russie en Afrique, un texte adopté par la Chambre des représentants le 27 avril dernier et qui définit ces activités comme étant celles qui “sapent les objectifs et les intérêts des États-Unis”. 

Rien qu’à lire ces lignes, il est assez facile de comprendre une fois de plus une approche ouvertement extraterritoriale étasunienne vis-à-vis d’États souverains, en l’occurrence ici africains, avec d’autant plus une mentalité propre à l’ère unipolaire à laquelle Washington continue de faire référence, faisant le pur négationnisme de la réalité multipolaire qui pourtant s’est bel et bien imposée depuis les dernières années. 

D’autre part, ce qui est intéressant à noter est que si ledit projet de loi sera finalement appliqué – il ne visera pas seulement la Russie, ainsi que d’éventuels citoyens ou entreprises russes travaillant dans les pays africains, mais également nombre de dirigeants d’Afrique eux-mêmes, et très certainement aussi tous les acteurs panafricanistes qui soutiennent et approuvent le développement de l’interaction russo-africaine. 

À cet effet, ce qu’il faudrait rappeler aux cowboys washingtoniens, c’est qu’au-delà du fait que l’Afrique ne leur appartient pas, cette mesure à terme risque de créer d’énormes défis pour les Étasuniens eux-mêmes. Car l’application d’une telle loi pourra très rapidement non seulement attaquer les chefs d’État et de gouvernement africains, mais aussi les principaux représentants de la société civile, et avec cela des milliers et des millions de citoyens africains. Des citoyens africains déjà pour très nombreux d’entre eux hostiles à la politique occidentale vis-à-vis de leurs pays et de leur continent, et plus généralement sur la scène internationale. 

Dans cette situation, deux orientations semblent assez évidentes dans les motivations étasuniennes. Car au-delà de vouloir tenter de limiter la contagion des développements des relations entre la Russie et l’Afrique, et la montée en puissance évidente des sentiments pro-russes, Washington veut aussi tout simplement punir les États du continent pour leur non-obéissance dans les événements récents. Y compris, comme le pensent les experts du continent – pour punir les nombreux États africains qui ne se sont pas joints à la coalition anti-russe tellement souhaitée et promue par Washington et ses sous-traitants dans le cadre du conflit en Ukraine. 

Après visiblement l’échec de tenter à surfer efficacement sur la vague panafricaniste hostile à la Françafrique, confirmant une fois de plus qui est le suzerain et qui le vassal dans la relation Washington-Paris, l’establishment étasunien pense désormais que seules de nouvelles menaces, pressions, sanctions et intimidations peuvent éventuellement l’aider à limiter les dégâts face à une Afrique de plus en plus décomplexée vis-à-vis de l’Occident collectif, et désireux de devenir un bloc puissant dans le cadre du système multipolaire contemporain. Avec d’autant plus une perspective fort probable d’un monde multipolaire post-occidental. 

Encore une fois – les élites occidentales jouent avec le feu. Un feu d’ailleurs qui les brûle déjà activement et douloureusement. Incapables de se défaire d’une mentalité extrêmement arrogante d’un autre âge, et de s’excuser pour les innombrables crimes commis à l’encontre des Africains, dans les cas des USA et de leurs sbires – de la traite esclavagiste jusqu’aux assassinats barbares de grands leaders africains comme Patrice Lumumba ou Mouammar Kadhafi – les Occidentaux ne font que se signer soi-même la peine de mort. 

D’un autre côté, pourquoi effectivement empêcher un organisme à l’agonie d'accélérer sa propre chute ? Ce qui est sûr c’est qu’après le nombre innombrable de drapeaux français brûlés à divers endroits de l’Afrique, le drapeau étasunien risque rapidement de rattraper ce nombre. Et pourquoi pas le dépasser ? 

Mikhail Gamandiy-Egorov 

Cameroun : qui veut la tête de l’armée ?

Les médias mainstream accusent l’armée d’être à l’origine de la mort de neuf civils la semaine dernière dans la région du Nord-Ouest, dans le département de la Menchum. Le 1er juin dans la soirée, des militaires en patrouille auraient utilisé leurs armes contre des villageois, tuant quatre femmes, quatre hommes et un bébé d’un an et demi.

Luc Michel, géopoliticien revient sur le sujet et nous en dit plus.