Mali : l’Occident a peur de Bamako
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Actualité en Afrique :
(last modified 2022-11-15T19:29:25+00:00 )
Jul 14, 2022 16:25 UTC

Actualité en Afrique :

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Analyse de la rédaction :

1. Niger : la plaque tournante des armées occidentales !  

Le président français Emmanuel Macron a tenu ce mercredi 13 juillet son traditionnel discours aux armées, à la veille de la fête nationale française. 

Dans son intervention destinée aux Armées, depuis l’hôtel de Brienne où est le siège du ministère de la Défense, Emmanuel Macron a longuement évoqué le futur de l’opération Barkhane, qui vit en ce moment même un défi logistique afin de se retirer du Mali en six mois seulement, a-t-il rappelé. 

Après 9 ans d’échec au Mali, les efforts de Barkhane n’ont pas été vains aux yeux d’Emmanuel Macron, ayant permis d’éviter l’émergence d’un califat territorial au Sahel. La France, a-t-il martelé, va donc poursuivre son combat contre les groupes terroristes, mais d’une autre façon. Et avec pour point d’ancrage, non plus le Mali, mais le Niger. 

Cette présence militaire sera désormais plus discrète et imposera de revoir l’ensemble des dispositifs français en Afrique. Les premiers arbitrages de cette nouvelle politique africaine sont attendus d’ici la fin de l’année, affirme RFI. 

Avec le redéploiement de Barkhane au Niger, Paris tente par la même occasion de tendre des pièges aux pays voisins comme le Bénin ou encore le Mali. Tout d’abord, c’est une coopération militaire qui se met en place entre le Niger et le Bénin. Un accord a été signé lundi 11 juillet 2022 lors de la visite du ministre béninois de la Défense Fortunet Alain Nouatin à Niamey. 

Mais voici une nouvelle demande qui se formule. Au cours d’une conférence de presse conjointe tenue mercredi dans la capitale tchadienne N’Djaména, le président du Conseil militaire de transition du Tchad, le général Mahamat Idriss Déby et le président nigérien Mohamed Bazoum ont appelé le Mali à réintégrer la force conjointe du G5 Sahel. 

« Nous regrettons ce retrait et espérons que le Mali revienne sur la décision prise parce que la lutte contre le terrorisme est un combat qu’un pays ne peut pas faire seul, c’est ensemble », a déclaré Mahamat Idriss Déby. 

« Nous allons encore nous rapprocher de nos frères maliens pour qu’ils reviennent dans le G5 Sahel », a ajouté le général Déby qui a reconnu que le retrait du Mali va certainement avoir des conséquences sur la mission de la force conjointe du G5 Sahel. 

Son homologue nigérien, a pour sa part, annoncé une « réunion » dont la date n’est pas précisée, suivie d’un « appel » au retour au Mali au sein du G5 Sahel « pour passer outre les divergences ». 

M. Bazoum a insisté sur « la nécessité de coordonner l’action dans la lutte contre le terrorisme », mais également de « favoriser l’intégration économique », les missions du G5 Sahel. 

Le 15 mai 2022, le Mali a annoncé son retrait de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la force conjointe, dénonçant notamment la non-tenue du sommet des chefs d’État du G5 Sahel et les manœuvres d’un État extrarégional comme la France. 

Eh oui, personne n’est dupe, si des sanctions sont tombées sur le Mali, c’était bien à la demande de la France et de personne d’autre. Mais ce qui choque le peuple malien, et même africain, c’est qu’il y a encore des chefs d’État africains qui suivent les diktats que lui imposent des pays comme la France et ses alliés occidentaux. Pourtant, c’est bien eux qui ont colonisé l’Afrique durant des siècles. C’est bien eux qui ont semé le chaos et la désolation dans plusieurs pays à travers le monde, que ce soit au Moyen-Orient ou encore en Afrique. Pourquoi certains pays africains ne se montrent pas plus solidaires envers ses voisins plutôt que de suivre ce que leur imposent des pays comme la France ou les États-Unis, qui montrent continuellement leur mépris envers les peuples du monde entier ?

2. Mali : l’Occident a peur de Bamako ? 

Outre la récente réaction des autorités ivoiriennes concernant l’arrestation de ses mercenaires envoyés au Mali, l’Allemagne se positionne pour défendre la Côte d’Ivoire, mais bizarrement, l’ONU se désolidarise. 

Dans son communiqué, le Conseil national de sécurité de Côte d’Ivoire a prétendu que les autorités maliennes étaient informées de l’arrivée de ces militaires. Les autorités ivoiriennes ont donc demandé la libération, sans délai des militaires arrêtés. Elles affirment que « ceux-ci se trouvaient au Mali, dans le cadre des opérations des Éléments Nationaux de Soutien (NSE) », précisent les autorités ivoiriennes. Elles ajoutent qu’une copie de l’ordre de mission du contingent a été transmise aux autorités aéroportuaires maliennes. Le ministre des Affaires étrangères et le chef d’état-major des armées en ont également reçu une copie. 

L’Allemagne s’invite également dans l’affaire.  

La ministre allemande de la Défense Christine Lambrecht a appelé ce mercredi les autorités maliennes à libérer immédiatement les soldats. 

« Le comportement des dirigeants maliens est un signal très problématique. Ici, malheureusement, de sérieux doutes surgissent de nouveau quant à savoir si le Mali montre un quelconque intérêt pour une coopération constructive dans le cadre de la Minusma [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali] », a affirmé Mme Lambrecht. « J’appelle les autorités du Mali à libérer immédiatement les soldats ivoiriens », a-t-elle ajouté. Pourquoi l’Allemagne s’ingère dans les affaires intérieures du Mali ? Ces soldats appartiennent en réalité à Berlin ? 

L’ONU a également affirmé ce mercredi, après investigation que les 49 Hommes arrêtés à l’aéroport de Bamako dimanche dernier ne font pas partie des éléments nationaux de soutien de NSE comme stipulé par le Conseil National de sécurité ivoirien ou encore l’Allemagne. 

Suite à l’arrestation des 49 prétendus militaires par les autorités maliennes, un conseil de sécurité s’est déroulé mardi à la présidence de la république ivoirienne en présence du président Alassane Ouattara pour une demande de libération sans délai de leurs éléments. 

Selon le Conseil national ivoirien, les 49 Hommes arrêtés sont des militaires envoyés au Mali par une convention signée en juillet 2019 entre la Côte d’Ivoire et l’ONU sous un contrat de sécurisation et de soutien logistique. 

Cependant, l’ONU affirme que ces Hommes ne font pas partie des éléments nationaux de soutien de NSE. L’ONU montre-t-elle sa peur en se désolidarisant de cette affaire ? 

Est-ce que l’Allemagne comptait participer à un coup d’État au Mali en tentant de mettre ces mercenaires ivoiriens sous sa bannière ? 

Quoi qu’il en soit, les troupes étrangères sont dans le collimateur au Mali, que ce soit la Minusma ou encore Barkhane et Takuba, etc., car tout le monde sait pertinemment que des tentatives de coup d’État ou les assassinats du président de la Transition, Assimi Goita ou encore du Premier ministre Choguel Kokala Maiga sont en cours.  

Que ce soit au Mali, en RDC, en Centrafrique ou encore en Somalie, les missions de l’ONU doivent quitter le continent africain, car même si les troupes d’occupation sont éjectées du Mali ou autres, tant que l’ONU sera présente sur le continent, les colons pourront se cacher sous la bannière de cette instance pour mettre en place ses plans. Il incombe au peuple malien et même africain de se lever pour mettre hors d’état de nuire les néocolons, car le pouvoir est en réalité entre les mains du peuple africain et non de ses dirigeants. 

3. « La RDC doit construire son système de défense », suggère Julien Paluku

« La République démocratique du Congo doit construire son système de défense », a recommandé mardi 12 juillet Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu pendant douze ans. Il réagissait à l’occupation par les terroristes du M23 de la cité de Bunagana, dans le territoire de Rutshuru, il y a déjà un mois.

On analyse la situation en RDC avec Luc Michel, géopoliticien.