Coup de pouce au G5 Sahel
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Emmanuel Macron (C) parmi les chefs d\'État du G5 Sahel, à Bamako au Mali, le 2 juillet 2017. ©Reuters
La Celle-Saint-Cloud près de Paris, arbitrera une réunion internationale, mercredi 13 décembre, dans laquelle le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel tenteront de convaincre la communauté internationale de donner un coup d’accélérateur à la force G5-Sahel, créée en juillet sous l’impulsion de la France par cinq pays africains: le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad. Son but: surmonter la crise sécuritaire sur le terrain.
Constitués des cinq pays les plus pauvres du continent, le soutien de la communauté internationale reste primordial pour que le G5 puisse faire opérer ses forces et mener son combat contre le terrorisme et le radicalisme dans des zones en proie de l’insécurité.
Le Sahel en Afrique est depuis cinq ans le théâtre des attaques du groupe terroriste Boko Haram, une branche d’al-Qaïda. Les attaques se sont soldées par la mort des centaines de militaires et de civils ainsi que le déplacement de milliers de personnes. Plus récemment, l’embuscade du 4 octobre dernier a coûté la vie à quatre soldats américains au Niger et deux semaines plus tard, à 21 membres de la force nigérienne.
Comme convenu, d’ici la mi-2018, un contingent de 5 000 soldats devrait être déployé pour reconquérir les zones où les terroristes ont pris le pas sur les États et commencé à exercer leur emprise sur la population.
Dans ce droit fil, la force a besoin d’une somme de 400 millions d’euros. Difficile à joindre les deux bouts lorsque les USA se montrent réticents, désengagés et empêchent la contribution financière de l’ONU.
Une vingtaine de délégation participeront au tour de table de mercredi: les cinq pays en question, les pays et organisations impliqués au niveau opérationnel dont l’ONU, l’Union européenne, l’Union africaine, les pays donateurs du G5-Sahel y compris les USA et l’Arabie saoudite.
L’objectif privilégie la logique qui est celle du "donnant-donnant": plus d’engagement de la force de G5 contre plus de soutien de la communauté internationale, ont fait savoir les sources proches du président français qui croyant que la sécurité est la clé du développement au Sahel, envisage d’augmenter ses aides financières de plus de 30%.
Selon l'Élysée, lors de sa visite à Abidjan le 30 novembre, Emmanuel Macron a estimé que le G5 n’avançait pas assez vite et que les groupes terroristes avaient marqué des victoires symboliques et militaires en particulier au Niger.
Le 21 juin 2107, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution demandant au Secrétaire général de prendre les dispositions nécessaires pour conclure un accord entre l’ONU, l’Union européenne et les États membres du G5 Sahel, en vue de fournir un appui opérationnel et logistique à la Force conjointe.
Selon Antonio Guterres, la Force conjointe du G5 Sahel a de nombreux défis à relever à ses débuts. Le financement et la capacité de recrutement d'effectifs compatibles avec les forces françaises à Barkhane et les forces armées du Mali déjà déployées dans la région, feront partie des enjeux qui seront discutés lors de la réunion à La Celle-Saint-Cloud.
Avec Reuters