La mer Rouge en feu
https://parstoday.ir/fr/news/africa-i53665-la_mer_rouge_en_feu
Depuis le jour où le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est déplacé à Khartoum, les relations entre le Soudan et l'Égypte, qui n'étaient pas, d'ailleurs, très amicales, se sont, de plus en plus, détériorées.
(last modified 2020-01-04T06:21:36+00:00 )
Jan 07, 2018 08:15 UTC
  • La mer Rouge en feu

Depuis le jour où le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est déplacé à Khartoum, les relations entre le Soudan et l'Égypte, qui n'étaient pas, d'ailleurs, très amicales, se sont, de plus en plus, détériorées.

Le Soudan et la Turquie ont signé un accord pour la rénovation par Ankara de l'île de Suakin. Située dans l'est du Soudan, la ville de Suakin possède un port important qui permet le transfert de marchandises et de passagers vers l'autre côté de la mer Rouge. Et "tout mouvement sur la mer Rouge pourrait avoir des répercussions sur la sécurité nationale égyptienne" comme l'estime le professeur de sciences politiques égyptien, Tarek Fahmy selon lequel "l'accord entre l'île et la Turquie est un accord important bien que cet engagement ne soit pas si clair et puisse être utilisé à d'autres fins non définies" dans la mesure où " la région de la mer Rouge est devenue une zone de conflits régionaux et internationaux".  Les deux pays se disputent également, et depuis des années sur Halayeb et Shalateen. À cela s'ajoute l'affaire du barrage de la Renaissance que l'Éthiopie érige sur le Nil. Le Soudan et l'Égypte, deux partenaires en aval du Nil, ont des intérêts divergents concernant ce barrage qui est "très bénéfique" pour Khartoum alors qu'il représente, aux yeux du Caire, "une menace pour sa part annuelle de 55.5 milliards de mètres cubes".

Ce sont des différends de longue date, sur lesquels ne cessent de se focaliser, ces deniers temps, les médias. La réalité, il faut la trouver ailleurs. Bien que Le Caire ait opté pour le silence afin d'apaiser  la tension, le Soudan a rappelé son ambassadeur en Égypte, en avançant des prétextes ridicules.

Le rappel par le Soudan de son ambassadeur au Caire a été commenté différemment. Pour le journal Rai al-Youm, il est difficile de prévoir la réaction de l'Égypte. Il est possible, selon ce journal, que Le Caire rappelle, lui aussi, son ambassadeur à Khartoum pour régler la crise par des contacts diplomatiques. La tension s'aggraverait, pourtant, dans la mesure où elle doit réaliser le projet qui envisage un départ d'Omar el-Béchir de l'axe Arabie/Émirats et son retour à l'axe Turquie/Qatar.

Le journal conseille au Caire d'agir, avec plus de vigilance. Une coalition Égypte/Soudan formera un front uni pour faire face aux mesures que pourraient entreprendre l'Éthiopie, l'Ouganda, le Congo et la Tanzanie pour changer les traités sur le Nil, et réduire ainsi la part du Soudan et de l'Égypte. Cela nuirait plus à l'Égypte qu'au Soudan qui bénéficie, lui, d'autres sources en eau dont la pluie.

Le journal met, ensuite, en garde contre l'extension, de plus en plus, de la présence militaire turque, israélienne, saoudienne et émiratie dans la région de la mer Rouge. La plupart de ces pays ont construit des bases militaires dans cette région et s'efforcent de contrôler Bab al-Mandeb alors que l'Égypte est aux prises avec des crises économiques. L'Égypte se ressemble, selon ce journal, à un handicapé entouré d'ennemis qui convoitent. L'Égypte vaut mieux s'approcher du Soudan pour l'empêcher de se joindre à la coalition Turquie/Qatar, selon le journal Rai al-Youm.