L'Algérie a déjoué un « dangereux complot »
Le chef d’état-major par intérim de l’armée a annoncé, lundi 30 décembre, que l’Algérie avait fait face à un « dangereux complot » en 2019, qui aurait eu pour but de « neutraliser ses institutions ».
L’Algérie a fait face en 2019 à un dangereux complot contre ses institutions, déjoué par le Haut commandement militaire, a estimé lundi 30 décembre le chef d’état-major par intérim de l’armée, en référence au mouvement de contestation du régime. Depuis la mort le 23 décembre du puissant général Ahmed Gaïd Salah, le général Saïd Chengriha assure l’intérim à la tête de l’état-major algérien.
Au cours de cette dernière période de notre histoire contemporaine […] notre pays a fait face à un dangereux complot , a déclaré le général Saïd Chengriha, selon un communiqué publié lundi. Le général s’exprimait lors de sa première prise de parole publique, à l’occasion d’une réunion avec les cadres du ministère de la Défense et de l’état-major de l’armée, dont la date n’a pas été précisée.
Ce complot, a-t-il ajouté, visait la stabilité de l’Algérie et les fondements de l’État, ainsi que la neutralisation de ses institutions constitutionnelles, pour l’entraîner dans le bourbier du chaos et de la violence. Le général Chengriha fait référence aux revendications du Hirak, un mouvement de contestation inédit et massif qui exige en vain depuis le 22 février la mise en place d’institutions de transition pour mettre fin au système politique qui dirige l’Algérie depuis son indépendance en 1962.
Ouvertement aux manettes après la démission du président Abdelaziz Bouteflika en avril, le haut commandement militaire, incarné jusqu’à sa mort par le général Gaïd Salah, a constamment balayé cette revendication et refusé de sortir du cadre constitutionnel. Il a réussi à imposer une présidentielle qui a élu le 12 décembre, sur fond d’abstention record, Abdelmadjid Tebboune pour succéder à M. Bouteflika.