La Tunisie s'approche de la Résistance
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La Tunisie a opté, selon un expert iranien, pour une politique de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays.
(last modified 2020-03-01T10:14:56+00:00 )
Feb 29, 2020 13:04 UTC
  • La Tunisie s'approche de la Résistance

La Tunisie a opté, selon un expert iranien, pour une politique de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays.

L’expert iranien des évolutions de l’Afrique du Nord, Mohammad Mansouri-Manesh donne une interview à l’agence Tasnim concernant la Tunisie et ses politiques relatives au monde musulman.

Tasnim : Comment la Tunisie peut-elle influer sur les développements en Afrique du Nord, dans le territoire palestinien et dans le monde musulman, étant donné qu’elle est membre non permanent du Conseil de sécurité ?

Mansouri-Manesh : En ce qui concerne leur politique étrangère, les politiciens tunisiens ont tendance à être indépendants, c’est-à-dire qu’ils essaient de ne pas montrer leur pays en faveur d’un courant particulier. Par exemple dans le dossier libyen, ils disent que la Tunisie reconnaît le gouvernement de Tripoli (reconnu par l’ONU) mais qu’elle n’agit pas de sorte à aplanir le terrain à la Turquie ou à être partisane du gouvernement libyen d’union nationale (GNA). La Tunisie tente dans sa politique internationale d’être considérée comme partisan d’un courant particulier. Ce pays tente de parvenir à un consensus national pour la société libyenne. Elle envisage donc de tenir un sommet avec la participation de tous les chefs de tribus à travers la Libye. Cela pourrait être considéré comme un point positif concernant le rôle joué par Tunis dans le dossier libyen.

En Algérie, le processus démocratique progresse. La Tunisie soutient ce processus, car l’Algérie revêt une importance particulière sur la scène de la politique étrangère tunisienne et parce qu’aussi ces deux pays partagent une vision commune de l’évolution du Maghreb arabe.

En ce qui concerne le dossier syrien, la Tunisie a commis des erreurs à l’époque d’anciens gouvernements dues à la vision commune d’Ennahda et du Béji Caïd Essebsi, mais les Tunisiens ont changé d’avis et se sont dits satisfaits de la tendance actuelle en Syrie.

Dans le cas du Yémen, les Tunisiens rejettent la politique agressive de l’Arabie saoudite contre ce pays et croient en une solution politique.

Le comportement régional de la Tunisie est un comportement rationnel qui est plus proche de celui de l’axe de la Résistance.

Tasnim : selon vous, comment seront les relations du nouveau gouvernement tunisien avec la Résistance ?

Mansouri-Manesh : la plupart des mouvements politiques en Tunisie soutiennent les droits du peuple palestinien. Il va sans dire que ce soutien s’inscrit dans le cadre des frontières de 1967 et de la formation d’un État palestinien avec Qods pour capitale.

Les Tunisiens, qu’ils soient islamistes, libéraux ou laïques, ils rejettent tous le « Deal du siècle ». Les Tunisiens soutiennent les groupes de la Résistance comme le Hamas en ce qui concerne la formation d’un État palestinien avec Qods pour capitale. Ici, je dois dire que les Tunisiens partagent le point de vue de la RII qui se bat contre les Salafistes takfiristes. Les Tunisiens rejettent le mouvement salafiste-Takfiriste à l’intérieur de leur propre pays et, contribuent dans la mesure du possible à la lutte contre ce mouvement. Ils n’autorisent pas les États-Unis à utiliser les Tunisiens contre le Front de la Résistance. Le rôle du président tunisien à cet égard est crucial. Le parti politique Ennahda, en raison de l’influence relative qu’il a sur la société tunisienne et sur certains partis, pourrait contribuer essentiellement au renforcement de certaines coalitions.