Éthiopie: la surprise sino-russe?
En Éthiopie, outre la résistance du gouvernement éthiopien, c’est la population éthiopienne qui enfonce le clou !
Actualité en Afrique :
- Éthiopie: 13 millions de dollars de recettes en neuf mois grâce à deux routes à péages construites par la Chine
- Gabon : la Russie prête à renforcer les capacités de défense du pays
- Cameroun : bientôt une « école d’excellence cacaoyère » pour doper la qualité
- Togo : lancement d’un projet agro-industriel de 36 milliards FCFA dans la vallée du Mono
Analyses de la rédaction :
1. RCA : Paris attaque la Russie ?
En Centrafrique, la France attaque les Russes maintenant !?
3 paramilitaires Russes et 2 policiers centrafricains ont été tués par un engin explosif dans le nord-ouest de la Centrafrique, a annoncé dimanche le porte-parole du gouvernement Ange Maxime Kazagui. « Trois alliés russes et deux policiers centrafricains ont été tués, il y a aussi des blessés », a indiqué M. Kazagui. Un convoi militaire a heurté un engin explosif sur le bord de la route entre Berbérati et Bouar, à plus de 400 km de la capitale, Bangui, selon des sources onusiennes.
Aujourd’hui, on a pu constater dans une interview polémique la mentalité et la vision colonialiste du président Macron à l’encontre de la Centrafrique.
Il a tout d’abord tenté de justifier le sentiment anti-français, qui se propage pourtant dans toute l’Afrique, en prétendant que cela proviendrait de la Russie.
Dans l’interview, il a évoqué le sentiment anti-français en Centrafrique, instrumentalisé, selon lui, par un groupe militaire privé lié à la Russie. Une référence à la société militaire privée Wagner. De plus, des propos pour le peu insultant envers le président centrafricain font la polémique auprès des Centrafricains.
« Ce discours anti-français permet de légitimer une présence de mercenaires prédateurs russes au sommet de l’État avec un président Touadéra qui est aujourd’hui l’otage du groupe Wagner », a déclaré Emmanuel Macron. Avant d’ajouter : « Ce groupe s’empare des mines et, par là même, du système politique. » Selon de nombreux observateurs du média mensonge RFI, plusieurs centaines de combattants de ce groupe participeraient depuis plusieurs mois aux combats menés par les forces gouvernementales contre les groupes armés sans que leurs relations avec les instructeurs russes admis par Moscou soient clairement établies.
Pourtant, du côté de la présidence centrafricaine, on affirme que « notre ligne n’a pas bougé », indique une source proche de l’État. Cette ligne ? « Nous ne traitons pas avec le groupe Wagner, mais avec le ministère russe de la Défense dans le cadre d’un accord bilatéral appliqué en toute transparence et sous contrôle du Conseil de sécurité. »
De source diplomatique, les deux chefs d’État auraient échangé par téléphone quelques jours auparavant, le président Macron annonçant à son homologue centrafricain que « l’aide budgétaire 2020 ne sera pas décaissée et celle de 2021 suspendue ».
Cette coopération entre la Centrafrique, ou plutôt ce détachement avec la France a apporté tellement de résultats positifs au niveau sécuritaire que la réputation de la France en a pris un sérieux coup.
Le président français sort sérieusement de ses gonds, car dans les quatre coins de l’Afrique, la volonté de conduire la France et ses alliés hors du continent se multiplient. Cette attaque contre des soldats russes et centrafricains était clairement ciblée et reflète un mouvement de panique au sein de l’oligarchie occidentale.
Toutes les tentatives de déstabilisation, de coup d’État, d’assassinats ciblés de dirigeants africains ne mènent à rien sauf à la mise en place des alliances intra-africaines. Et c’est cette même alliance qui pousse la France et ses alliés en dehors du continent.
2. Mali : Macron en rage !
Au Mali, Emmanuel Macron montre sa rage contre le Sahel !
Depuis plusieurs semaines maintenant, nous avons pu constater que les accords de paix signés entre les différentes communautés au Mali, et sans que ce soit fait sous l’égide de Paris, fonctionnent et que Paris a tenté de saper ces accords en relançant des conflits intercommunautaires. Paris essaye en plus de contrôler la population malienne, mais encore une fois, cela n’a pas fonctionné !
Maintenant, depuis le coup de force d’il y a quelques jours, le président français parle soudain « d’islamisme radical ».
Déjà, pour donner son avis concernant son précarré et sa perte d’influence, Macron se met à lancer des menaces. Tout d’abord, le président français menace le Mali de retirer Barkhane du pays. Une manière de mettre un couteau sous la gorge de la CEDEAO, au cas où cette instance aurait des tendances à emboîter le pas à la Centrafrique, à savoir, faire perdre l’influence française dans le Sahel. Car le comble dans cette menace, c’est que cette requête fait déjà partie des principales revendications de la population malienne et même sahélienne. Mais alors, que peut bien dire cette pseudo menace.
Lors du putsch d’août 2020, la CEDEAO avait directement instauré des sanctions et plusieurs pays ont fermé leurs frontières avec le Mali. C’est lors de l’arrivée de l’émissaire américain Peter Pham que soudainement, la CEDEAO a levé les sanctions, et pas avant ! Soit dit en passant, ce qui a fait entièrement perdre la légitimité de la CEDEAO qui était censée être une institution africaine et non pas une institution à la solde de l’Occident.
Ce qui montre une fois de plus, que ce n’est pas l’influence française qui a fait quelque chose, mais bien américaine. De plus, un retrait des troupes d’occupation françaises du Mali serait exactement allé dans le sens de ce que veut la population malienne. Cela ressemble certes à une menace allant dans le sens, si le Mali ne se plie pas aux diktats de la France, le pays et même le Sahel appartiendraient aux groupes terroristes qui sont à la solde occidentale. Ce qui d’un autre côté renforcerait la présence militaire occidentale et l’étendrait même encore plus.
Par contre, le fait de parler « d’islamisme radical » nous laisse un peu perplexes, et nous donne l’impression que Macron voudrait faire intervenir les États-Unis, comme pour placer le pays dans la liste terrorisme. Dans ce cas de figure, il y aura une intervention militaire américaine, ou plutôt, une tentative de remake de l’Afghanistan, de l’Irak ou encore de la Syrie.
Car évidemment, le fait de placer cette étiquette sur le Mali donnera encore plus de liberté à l’axe occidental d’agir à sa guise.
Ici, et contrairement lors du putsch d’août 2020, le président français s’est directement prononcé.
« Au président malien Bah N’Daw, qui était très rigoureux sur l’étanchéité entre le pouvoir et les terroristes, j’avais dit : ‘L’islamisme radical au Mali avec nos soldats sur place ? Jamais de la vie ! Il y a aujourd’hui cette tentation au Mali. Mais si cela va dans ce sens, je me retirerais », a-t-il mis en garde.
Il est dit pourtant dans les médias maliens, que la Transition va se poursuivre et que le Premier ministre qui devrait être choisi, c’est bien un homme du mouvement du M5. Le même mouvement, qui pour rappel, demande le retrait des troupes d’occupation française du pays et qui avait été mis de côté avec l’arrivée du Premier ministre de Transition Moctar Ouane et du président Bah N’Daw, qui se sont avérés être des pions de la France, ce qui a été vu lors de la première visite du président de Transition Bah N’Daw à paris.
Donc les menaces de Macron, ne sont peut-être pas réellement des menaces, mais plutôt une demande indirecte d’une intervention américaine dans le pays. La France est dépassée dans le Sahel et sa perte d’influence ne fait que s’agrandir au profit de l’accroissement du sentiment anti-France.
Contrairement à ce que racontent les médias mainstream, la Transition continue et rien n’est encore joué. Le peuple malien peut encore s’imposer face à un axe occidental qui cherche encore et toujours à s’accaparer les institutions maliennes. Ce sont les urnes qui vont se prononcer et non pas les menaces de la France. Pour Paris, le sort de Bamako est visiblement déjà scellé. Et le fait que la population manifeste depuis plusieurs jours devant l’ambassade de la Russie au Mali, pour emboîter le pas au modèle Centrafricain, met le président Macron hors de ses gonds et c’est également un très bon prétexte pour faire intervenir les États-Unis pour éviter que le Mali ne se transforme en une Centrafrique.
La situation au Mali devient de plus en plus difficile pour la posture occidentale. Il faut rappeler que le putsch d’août 2020 a permis à la France de non seulement renforcer sa position dans le pays, mais également de faire intervenir militairement l’Union européenne pour occuper le pays.
La population reste claire et légitime dans ses demandes, le départ des occupants occidentaux et également l’indépendance réelle du pays !
3. Éthiopie : manifestations contre les ingérences US !
En Éthiopie, outre la résistance du gouvernement éthiopien, c’est la population éthiopienne qui enfonce le clou !
Depuis plusieurs semaines, les nombreuses tentatives américaines pour faire plier Addis Abeba se sont soldées par un échec.
Suite à la défaite amère de Washington de déstabiliser l’Éthiopie et la région à travers les séparatistes terroristes du Tigré, les États-Unis comptent maintenant mettre en place des sanctions contre l’Éthiopie et l’Érythrée suite à leur gestion de la crise dans le Tigré qui n’a pas été fait dans le sens de Washington. C’est ce qu’a annoncé le secrétaire d’État américain Antony Blinken dans un communiqué le dimanche 23 mai 2021.
Selon le responsable, les mesures de restrictions concernent premièrement la délivrance de visas aux fonctionnaires éthiopiens et érythréens. Ceux-ci sont en effet accusés de ne prendre aucune « mesure significative pour mettre fin aux hostilités ou rechercher une résolution pacifique de la crise politique ».
Une semaine après la mise en place de sanctions américaines contre l’Éthiopie, Addis Abeba et la population éthiopienne se mobilisent et contre-attaquent. Des dizaines de milliers d’Éthiopiens ont manifesté leur mécontentement, avec comme mot d’ordre : « Ne touchez pas à l’Éthiopie ».
Les sanctions américaines interviennent presque sept mois après le début de la guerre au Tigré. Washington accuse les autorités éthiopiennes de violations des droits de l’homme. Les Éthiopiens parlent, eux, d’ingérence.
Autour du stade national d’Addis-Abeba : différents slogans à l’adresse des États-Unis. On peut voir « Ne touchez pas à l’Éthiopie » ou encore « Solutions africaines pour problèmes africains ». Une autre bannière réaffirme que le parti tigréen du TPLF, en guerre contre le pays, est une organisation terroriste. Nathanael confirme : « Il y a encore des membres du TPLF aux États-Unis. Ils font du lobby contre l’Éthiopie car c’est comme ça que fait le TPLF. Ils s’ingèrent dans nos affaires intérieures. »
Les manifestants affirment : « Nous sommes ici pour envoyer un message à tous les pays qui veulent s’ingérer dans nos affaires. Qu’importe si c’est l’Europe ou les États-Unis. Nous sommes souverains. »
« L’Amérique ne doit pas s’ingérer dans les affaires de notre pays », répètent en chœur des dizaines de jeunes. « Le gouvernement américain, s’il vous plait, laissez-nous tranquilles. On aime le monde entier ici. Notre gouvernement réalise de merveilleuses choses pour les Africains, les Éthiopiens, les Érythréens. S’il vous plaît, ne touchez pas à notre pays. »
Pour Joseph, ces sanctions ne sont pas seulement injustes mais illégitimes. « Les Américains doivent comprendre quelque chose. Nous avions un gouvernement avant eux. Leur histoire date d’il y a seulement 600 ans. La nôtre date de plus de 3 000 ans. On avait un gouvernement avant les Américains. »
Une manifestante ajoute, " l'Éthiopie, mon pays, ira de l'avant et ne reviendra pas en arrière. L'Amérique devrait nous lâcher les baskets. Nous devrons montrer que nous, Éthiopiens, continuerons en tant que nation."
Le gouvernement éthiopien assurait, en début de semaine, qu’il réévaluerait ses relations bilatérales avec les États-Unis.
Pendant le rassemblement, il a aussi été question du Soudan tout comme de l’Égypte. Les deux pays s’opposent au second remplissage du Barrage de la Renaissance, le grand barrage éthiopien sur le Nil.
Les médias mainstream tentent cependant de faire passer ces manifestations comme une demande du gouvernement éthiopien. Mais ce n’est pas le cas. L’Éthiopie tout entière veut se défaire de la politique néocoloniale de l’Occident. Et ils œuvrent pour ça. Et les médias mainstream ne peuvent rien face aux populations africaines. Stop aux ingérences occidentales en Afrique et dans le monde.