Ghana : le coup "doré" anti-Occident?
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Comment le premier producteur d'or d'Afrique compte réduire le poids des multinationales?
(last modified 2024-06-10T11:10:49+00:00 )
Jun 22, 2021 07:29 UTC

Comment le premier producteur d'or d'Afrique compte réduire le poids des multinationales?

Au sommaire :

1-L’exploitation d’or au nord Mali : Bonjours Barkhane! 

les fameux  "Jihadistes", ça ne sert pas que à justifier l'occupation militaire du Sahel : ils font parties d'un circuit de trafic de l'or aux bénéfices des puissances d'occupation tout comme ces enlèvement de masse es filles nigérianes que les preneurs d'otage de Boko Haram ne libèrent à moins de se faire payer en or et pas en dollar avant d'envoyer l'argent du rançon sur des comptes en Occident. Lisons ce texte Du journal Le Point  qui en dit long sur cet or de sang que pillent les occidentaux au Sahel et souvenons nous surtout avec quelle voracité les fameux jihadistes ont tenté à renfort de Barkhane d'amputer le Mali de son nord : 

"Le trafic de drogue, des marchandises de tout genre, ne sont plus les plus activités d’économie criminelle de certains responsables des groupes armés rebelles et djihadistes dans le Sahel. .....L’or, est un nouvel enjeu pour les groupes djihadistes.. Selon une étude que vient de publier l’International Crisis Group [ICG], « la production artisanale [d’or] représenterait désormais près de 50% des volumes produits industriellement. Elle atteindrait chaque année 20 à 50 tonnes au Mali, 10 à 30 tonnes au Burkina Faso et 10 à 15 tonnes au Niger, soit une valeur monétaire globale située entre 1,9 et 4,5 milliards de dollars par an. » En outre, y lit-on « plus de deux millions d’acteurs seraient directement impliqués dans l’orpaillage artisanal : un million au Burkina Faso, 700.000 au Mali, et 300.000 au Niger. » Évidemment, une telle manne ne peut que suscités de nouveaux enjeux sécuritaires. « Les plus récentes découvertes aurifères au Sahel [comme à Kidal] couplées à l’implantation nouvelle de groupes armés dans des zones où l’or était déjà exploité [nord du Burkina Faso, zone de Torodi au Niger] expose plus que jamais ces ressources à la prédation de groupes armés rebelles et djihadistes », souligne l’ICG. Pour les groupes djihadistes, ces sites miniers exploités artisanalement constituent une source de financement et une opportunité pour recruter. En outre, certains grands orpailleurs sont aussi des acteurs majeurs du narcotrafic. Et l’exploitation de l’or leur permet aisément de « blanchir » leur argent sale."

2-Ghana : la Banque centrale va acheter de l’or auprès des producteurs locaux, une première dans le pays

Le Ghana est le premier producteur africain d’or. Si cette opération est « historique » dans le pays, il faut noter qu’elle est régulièrement mise en œuvre par d’autres banques centrales dans le monde, principalement dans le but de renforcer les avoirs en or ou d’accroitre les réserves de change.

La Banque centrale du Ghana (BoG) veut doubler ses réserves d’or au cours des cinq prochaines années. Pour y arriver, elle a lancé le 17 juin un programme d’achat d’or auprès des producteurs locaux, une opération « historique » qui permettra notamment d’accroitre les réserves de change, de renforcer la confiance et d’améliorer la stabilité de la monnaie locale.

« C’est la première fois que la Banque du Ghana se lance dans une campagne d’achat d’or au niveau national », a souligné dans son discours, Ernest Addison (photo), le gouverneur de la Banque. Il rappelle néanmoins qu’il s’agit d’un exercice auquel se livrent fréquemment plusieurs autres banques centrales dans le monde.

Selon les détails fournis par la BoG, les achats se feront au prix du marché et les paiements en cedi, la monnaie locale. Cela permettrait surtout aux petits mineurs et aux orpailleurs, qui représentent une part importante du secteur aurifère ghanéen, de bénéficier davantage de l’excellent cours du métal jaune.

Pour rappel, la production d’or du Ghana a baissé de 12,1 % en glissement annuel en 2020, réduisant à 7,5 % la contribution du secteur minier au PIB, contre 8,6 % en 2019. Le pays demeure néanmoins, depuis 2019, le premier producteur africain d’or.

3-Zambie : tordre le bras des investisseurs miniers occidentaux ! 

Poursuivant une folle ascension démarrée au deuxième trimestre 2020, le prix du cuivre a plus que doublé en un an pour se négocier à plus de 10 000 $ la tonne début mai, flirtant depuis lors avec cette barre. En Zambie, où le gouvernement a pris en avril le contrôle des mines de cuivre appartenant à Glencore, cette situation a une saveur particulière. La belle année qui attend les compagnies minières du secteur devrait en effet profiter directement à l’Etat, à travers la compagnie nationale, la ZCCM. Si ce succès se confirme, il pourrait amener les autorités à poursuivre une politique tacite de nationalisation de l’industrie minière, au risque de faire fuir les investisseurs.

Tirer davantage profit de la manne cuprifère

Alors qu’il se représente en août prochain pour un nouveau mandat à la tête du pays, le président zambien Edgar Lungu fait face à une situation économique compliquée, marquée notamment par un « défaut de paiement » sanctionné en novembre dernier par S&P. À l’heure d’affronter ses opposants dans les urnes, il a donc besoin d’afficher un bien meilleur bilan, d’où l’idée de prendre le contrôle des mines de cuivre, principal produit d’exportation du pays. Si ces dernières représentent déjà plus du quart des recettes publiques et 10 % du PIB selon les plus récentes données de l’ITIE, le chef d’Etat veut encore améliorer ces statistiques.

« Le fait de posséder des intérêts dans certaines mines stratégiques donne à l’Etat le levier nécessaire pour utiliser les ressources minérales au profit de la nation », expliquait-il dans un discours en décembre dernier.

« Dans certains milieux, la déclaration du président a été interprétée à tort, comme signifiant que la Zambie envisage de reprendre d’autres compagnies minières par la force ou de les nationaliser. Nous ne sommes pas du tout dans ce cas de figure », a indiqué M. Ng’andu.

4- Le Nigeria prépare un cadre juridique pour les activités de raffinage artisanal de pétrole

Les autorités nigérianes veulent améliorer la capacité nationale de raffinage de pétrole. Actuellement, elles encouragent et accompagnent des initiatives dans ce sens. Pour aller plus loin, elles envisagent même d’encadrer le raffinage artisanal, qu’elles combattent depuis des années.

Autrefois interdites, les activités de raffinage artisanal de pétrole seront bientôt encadrées par la loi. C’est ce qu’a annoncé le sénateur Eta Enang, conseiller spécial principal du président Buhari aux affaires du delta du Niger.

« Nous travaillons sur la politique qui réglementera les opérations des raffineries artisanales dans le delta du Niger. Elle sera bientôt opérationnelle », a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs décennies, les autorités nigérianes combattent le phénomène, sans grand succès. Le raffinage artisanal persiste et se développe, non seulement à partir du brut siphonné depuis les oléoducs du bassin pétrolier, mais aussi grâce aux détournements de tankers.

Grâce à un réseau sophistiqué de contrebande, les produits pétroliers issus de cette activité sont abondamment déversés sur les marchés des pays voisins. Une économie parallèle qui selon les analystes vaut plusieurs milliards de dollars avec une manne qui sert notamment à financer les mouvements rebelles dans le delta du Niger.

Le Nigeria est la première victime mondiale du vol de pétrole, avec l’équivalent en moyenne de 400 000 barils perdus chaque jour. Ces 400 000 barils sont supérieurs à la production de nombreux pays africains qui dépendent du pétrole pour financer leurs budgets. C’est par exemple plus que les productions ghanéenne et gabonaise réunies.