Iran/Arabie: le vrai dégel?
CNN reconnaît que les pays du GP ne font plus confiance aux USA et qu'ils cherchent par conséquent à normaliser avec l'Iran.
La chaîne de télévision CNN rapporte que les pays arabes du golfe Persique avaient perdu la confiance en Washington et que l’Arabie Saoudite cherchait alors à améliorer les relations avec l'Iran.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangère, Saeed Khatibzadeh, a confirmé hier lundi le cinquième round des négociations Iran-Arabie Saoudite, soulignant à cet égard que les pourparlers avaient eu lieu à Bagdad à l’initiative du gouvernement irakien et à l’aide du gouvernement d’Oman et qu’ils étaient positifs.
En réaction aux déclarations des responsables iraniens sur les négociations Téhéran-Riyad, CNN a rapporté : « Tandis que les États arabes du golfe Persique ont perdu la confiance aux États-Unis pour respecter leurs engagements à assurer la sécurité des pays limitrophe du golfe Persique, deux rivaux en Asie de l’Ouest ont pris le relais dans l’espoir de pouvoir lever des obstacles aux normalisations des relations.
Le rapport rappelle également l'un des points focaux des dialogues entre l'Iran et l'Arabie saoudite sur l'envoi de 40 000 pèlerins iraniens au Hajj.
« Alors que les pourparlers se sont jusqu'à aujourd'hui centrés sur des questions relativement mineures telles que le pèlerinage des lieux saints auxquels participaient d’ailleurs les responsables du renseignement. La présence éventuelle des responsables des ministères des Affaires étrangères des deux pays dans les futures négociations pourrait témoigner des progrès significatifs et une volonté ferme des deux parties irano-saoudiennes de résoudre certains conflits régionaux.
Lors de son point de presse hebdomadaire, Khatibzadeh a déclaré que l'Iran avait remis des questions à l’écrit aux autorités saoudiennes et qu’il attendait maintenant une réponse des Saoudiens.
Pour ce qui est d’une rencontre éventuelle des ministres des Affaires étrangères des deux pays, Khatibzadeh a constaté : « Nous n'en sommes pas encore là. »
« L'Arabie saoudite, le plus grand exportateur de pétrole au monde, et les Émirats arabes unis, ont rejeté les demandes américaines d'augmenter la production de pétrole en vue de réduire les prix du pétrole brut, ce qui pourrait attiser la guerre en cours en Ukraine. Par contre, ils ont plutôt décidé de s'allier aux Russes en tant qu'exportateurs de pétrole pour aider à augmenter progressivement la production », annonce CNN.
Plus de 15 mois depuis l’arrivée au pouvoir de Biden, aucune discussion n'a eu lieu entre le président américain et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, tandis que les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite s’attèlent à lever les obstacles et les différences dans la région.
Le professeur à l’université de Téhéran, Mohammad Marandi, a déclaré : « Du point de vue de l'Iran, le plus grand obstacle au réchauffement des relations Téhéran-Riyad était la guerre au Yémen. Il y a un réel espoir d'amélioration des relations » ; Il a ajouté que l'Iran n'est prêt à négocier que sur des questions de nature bilatérale et qu'il n'y aura pas de pourparlers au nom d'Ansarallah du Yémen.
La chaîne télévisée proche des Démocrates américains souligne dans une autre partie du reportage que de nouveaux pourparlers entre l'Iran et l'Arabie saoudite s’effectuent au moment où l’Iran et les États signataires de l’accord nucléaire continuent leurs négociations à Vienne pour examiner la question de la levée des sanctions occidentales unilatérales et relancer l’accord nucléaire iranien.