Téhéran/Caracas: le gagnant-gagnant
Selon la politique stratégique de l'Iran qui consiste à coopérer avec des pays indépendants, l'interaction avec Caracas et la création d'un front uni de pays, faisant l’objet de mesures punitives adoptées par l’Occident, est d'une grande importance.
Pour l’expert politique, Mohammad Hassan Ghadiri Abyaneh, la visite du président vénézuélien Nicolas Maduro en Iran est devenue l'un des développements les plus importants du pays. Un développement qui a coïncidé avec deux autres événements importants.
« Premièrement, les tentatives américaines pour imposer un nouveau train de sanctions contre l'Iran en complicité avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et la saisie du pétrolier iranien dans les eaux côtières de la Grèce, et deuxièmement, l’organisation d’un sommet des dirigeants de l’Amérique latine, en l’absence du Venezuela. »
« À l'époque de l'ex-président américain, Donald Trump où le Venezuela subissait la pression américaine la plus intense, c'était l'Iran qui a décidé de voler à son secours et de l’aider à contrer le terrorisme économique américain. Ce que le président vénézuélien a, justement, salué, lors de son interview télévisée avec HispanTV, remerciant les efforts courageux de l'Iran pour envoyer des ressources d’hydrocarbures au Venezuela malgré les sanctions occidentales.»
L’auteur souligne d’ailleurs : « Le Venezuela était sous les sanctions américaines les plus lourdes, tandis que Washington, en revanche, faisait de grosses tentatives de forcer les pays d'Amérique latine à vendre leurs ressources énergétiques sous forme brute. »
« Simultanément, les Américains ont créé pour ces pays une atmosphère telle qu'il ne serait pas possible pour eux de vendre leurs produits d’hydrocarbure, dont le pétrole brut sans le soutien de la Maison Blanche. Au demeurant, la Maison Blanche a évité d’inviter le Venezuela, le Nicaragua et Cuba à participer au « Sommet des Amériques » et c’est ce qui signifierait la poursuite des sanctions imposées par l'administration Biden à ces trois pays sud-américains », poursuit l'analyste.
Le journaliste fait allusion aux sentiments anti-américains qui ont monté parmi les citoyens de ces trois pays latino-américains, ajoutant par la suite : « Dans de telles circonstances, ces nations soutiennent la résistance contre Washington et soutiennent leurs dirigeants fidèles à la cause anti-impérialiste. Les dirigeants de la Maison Blanche en sont également conscients et cherchent à fournir le terrain à l’arrivée au pouvoir des personnalités à leur solde, dans l’espoir de concrétiser leurs illusions dans la région. »
Et d'ajouter: « Bien que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, il ne dispose pas quand-même la possibilité d’exploiter ses richesses énergétiques. L'industrie pétrochimique et la raffinerie au Venezuela n'existaient pas ou étaient très limitées », est allé plus loin l’auteur, en poursuivant : « Par conséquent, les États-Unis en abusent pour maintenir la situation actuelle dans laquelle le Venezuela ne puisse vendre ses gisements énergétiques que sous forme brute. »
Luc Michel, géopoliticien et Pierre Dortiguier, politologue, s'expriment sur ce sujet.