L’Iran redessine l’Eurasie!
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(last modified 2021-04-20T14:31:10+00:00 )
Nov 29, 2018 13:21 UTC

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– Moscou se donne un nouveau moyen pour se débarrasser du dollar

Après une pause de cinq ans, la Russie a pris la décision d’emprunter de nouveau en euros aux dépens du dollar.

Sur fond de baisse continue des cours du pétrole, la Russie est revenue au marché d’emprunts financiers pour émettre des euro-obligations pour un montant total d’un milliard d’euros.

Le ministère des Finances a annoncé avoir placé pour un milliard d’euros d’euro-obligations à sept ans au taux de 3 %.

La Russie revient ainsi au marché d’emprunts financiers pour la première fois depuis l’imposition des sanctions américaines en avril 2018.

Or, son dernier placement d’obligations en euros date de 2013, après quoi la Russie n’a fait d’emprunts qu’en dollars américains.

Cette démarche pourrait également être interprétée comme un moyen de se protéger face aux éventuelles sanctions américaines attendues pour le printemps prochain.

L’émission intervient notamment sur fond de baisse des prix du pétrole qui viennent de faire plonger le baril au-dessous des 60 dollars. Bien que les dépenses budgétaires russes soient calculées pour un prix de 40 dollars le baril, il semble naturel pour le ministère russe des Finances de préparer une sorte de coussin gonflable.

À l’heure actuelle, la dette extérieure russe se chiffre à moins de 10 % du PIB national, alors que de nombreux pays développés ont des dettes dépassant 100 % de leur PIB.

– Berlin : pour que l’UE parle « d’une seule voix », la France doit lui céder son siège à l’ONU

Olaf Scholz, vice-chancelier allemand et ministre fédéral des Finances, estime que l’Union européenne doit avoir son propre siège au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.

Selon lui, le siège de la France au Conseil de sécurité doit se transformer en siège européen afin que l’UE puisse « parler d’une seule voix ».

« Si nous prenons l’Union européenne au sérieux, elle devrait également parler d’une seule voix au sein du Conseil de sécurité des Nations unies […]. Le siège de la France pourrait être transformé en siège de l’UE », a affirmé lors d’un discours sur l’avenir de l’Europe à Berlin Olaf Scholz, cité par les médias.

Le poste de chef de la délégation de l’Union européenne auprès des Nations unies pourrait être occupé de manière permanente par un Français, a-t-il ajouté, tout en admettant qu’il serait difficile de matérialiser ce projet.

« La France et l’Allemagne agissent désormais ensemble dans cette instance », mais un siège européen permettrait d’aller encore plus loin, a souligné Olaf Scholz.

Depuis sa création au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Conseil de sécurité compte cinq membres permanents qui disposent d’un droit de veto : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie.

Berlin veut de la sorte rendre sa participation au Conseil de sécurité de l’ONU « plus européenne »

Le 8 juin, l’Allemagne a été élue membre du Conseil de sécurité pour les années 2019 et 2020.

Début octobre, Christoph Heusgen, proche d’Angela Merkel depuis son arrivée au pouvoir en 2005, ne cachait pas les ambitions de l’Allemagne de siéger au Conseil de sécurité de l’ONU, officiellement pour « faire valoir les positions de l’Union européenne ».

– Le Japon crée son premier porte-avions depuis Pearl Harbor : contre qui ?

Le Japon s’apprête à transformer ses porte-hélicoptères relativement inoffensifs en porte-avions redoutables.

Le gouvernement japonais a l’intention de construire le premier porte-avions du pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, écrit le site d’information Vzgliad.

Ce bâtiment sera construit sur la base d’un porte-hélicoptères de classe Izumo de la marine japonaise.

La construction du porte-avions sera inscrite dans le programme de défense à moyen terme du Japon, dont l’adoption est prévue en décembre.

« Ce programme sera en vigueur jusqu’en 2024 et marquera le premier écart à l’interdiction faite à Tokyo de posséder une armée à part entière, qui est fixée dans la Constitution japonaise », a déclaré Valeri Kistanov, directeur du Centre d’études japonaises à l’Institut de l’Extrême-Orient.

Dans le cadre de ce programme, le gouvernement de Shinzo Abe a décidé d’acheter aux États-Unis 42 chasseurs F-35B.

Selon le quotidien Nikkei Daily, le Japon réfléchit également à la possibilité d’acheter 100 avions supplémentaires pour plus de 8,8 milliards de dollars.

L’objectif est évident : il est prévu de faire embarquer les avions furtifs américains de 5e génération, notamment sur le pont des Izumo modernisés.

Les chantiers navals japonais ont déjà formulé leurs recommandations pour la modification de la structure du bâtiment et l’installation d’équipements supplémentaires.

Les fonds devraient être alloués dès 2019 pour lancer la construction en 2020.

Des navires de classe Izumo ont été mis en service en 2015. La marine en compte seulement deux, et deux autres sont en chantier. Mais un porte-avions sur la base de l’Izumo pourrait embarquer seulement 10 F-35 en raison de sa taille réduite.

« Tout cela est évidemment contraire à la Constitution japonaise qui interdit au pays de posséder une armée à part entière, notamment des armements offensifs », précise Valeri Kistanov.

Avec des porte-avions, la flotte japonaise pourrait agir bien plus loin de ses côtes.

En particulier, les Izumo modernisés augmenteront les capacités du Japon à protéger les territoires insulaires contestés comme les îles Senkaku, ainsi que les communications maritimes stratégiques pour le Japon.

Le Japon s’arme manifestement contre la Chine, et il est indéniable que Pékin ne restera pas les bras croisés.

« Nous assisterons à une réaction négative de la Chine et à une hausse des investissements chinois dans les forces navales », prédit Vassili Kachine de l’Institut de l’Extrême-Orient.

– L’Iran intègre officiellement l’Eurasie 

Le président russe Vladimir Poutine a ratifié l’accord intérimaire sur la création d’une zone de libre-échange entre l’Union économique eurasienne (UEEA) et l’Iran, a annoncé l’agence de presse russe ITAR-TASS. Signé le 17 mai lors d’un forum économique à Astana, l’accord sur la création d’une zone de libre-échange entre l’UEEA et l’Iran couvre une durée de trois ans.

Selon l’accord, les parties s’engagent à entamer des négociations sur un accord de libre-échange complet, au plus tard un an après l’entrée en vigueur de l’accord temporaire.

Un accord provisoire conduisant à la création d’une zone de libre-échange entre l’UEEA et l’Iran a été signé.

D’après l’agence de presse russe ITAR-TASS, l’accord offre le cadre adéquat pour stimuler le développement de la coopération commerciale et économique entre les pays de l’UEEA et l’Iran, grâce à une libéralisation de leurs réglementations sur les échanges mutuels.

Le document exige des parties signataires qu’elles s’engagent à supprimer ou réduire mutuellement leurs restrictions tarifaires et non tarifaires concernant certains articles. Le document établit également des taux de droits de douane préférentiels qui s’appliquent à ces marchandises.

L’accord entrera en vigueur 60 jours après la réception de la dernière notification écrite dans laquelle les États membres de l’UEEA et l’Iran font état de l’achèvement des procédures internes nécessaires à son entrée en vigueur.