Iran: Séoul frappe à la porte du Qatar
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Ayant rejeté la résolution de litige par la solution diplomatique et mené l’Iran à y renoncer aussi pour libérer ses 7 milliards dollars bloqués illégalement dans les banques sud-coréennes, aujourd'hui Séoul se voit obligé de faire appel au Qatar pour libérer son navire saisi pour pollution des eaux iraniennes.
(last modified 2021-01-15T07:52:09+00:00 )
Jan 14, 2021 17:12 UTC
  • Iran: Séoul frappe à la porte du Qatar

Ayant rejeté la résolution de litige par la solution diplomatique et mené l’Iran à y renoncer aussi pour libérer ses 7 milliards dollars bloqués illégalement dans les banques sud-coréennes, aujourd'hui Séoul se voit obligé de faire appel au Qatar pour libérer son navire saisi pour pollution des eaux iraniennes.

Par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Choi Jong-kun, Séoul a fait appel au Qatar pour la libération rapide du navire sud-coréen et de son équipage détenus en l’Iran, selon le communiqué du ministère sud-coréen des Affaires étrangères publié ce jeudi 14 janvier.

Le communiqué précise que Choi a lancé cet appel mercredi lors de ses entretiens séparés avec les hauts responsables à Doha à savoir, Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de l'État du Qatar ainsi que Soltan bin Saad Al-Muraikhi, ministre d'État aux Affaires étrangères.

Le vice-ministre Choi a demandé le maximum de soutien possible de la part du Qatar pour résoudre le problème concernant le navire sud-coréen intercepté par l’Iran. Son voyage au Qatar fait suite à une visite en Iran, où un pétrolier et ses 20 membres d'équipage, dont cinq Sud-Coréens, sont détenus depuis le 4 janvier en raison d’une pollution maritime. Or, les négociations sur le navire saisi n'ont guère progressé.

Séoul accuse Téhéran de ne pas avoir fourni de preuves sur la pollution de l’environnement causée par le navire. Cependant, le service des relations publiques de la marine du CGRI a publié une déclaration précisant que « le navire sud-coréen Hankook Chiami, en provenance du port saoudien d’al-Jubail, a été saisi par la flotte de Zulfiqar alors qu’il naviguait dans le premier district naval du CGRI dans le golfe Persique, pour violations répétées des lois sur l'environnement marin ».

Privilégiant la solution diplomatique, la partie iranienne a promis la mise en place d’un processus judiciaire équitable, la fourniture de services et l’accès consulaire à 20 membres d’équipages du pétroliers.

Dans la foulé, Séoul a évoqué le gel de 7 milliards de dollars des fonds iraniens dans les banques sud-coréennes, affirmant que le système financier sud-coréen était étroitement lié à celui de Etats-Unis et que l'utilisation de ces ressources bloquées nécessite la coopération de Washington.

Craignant l'administration Trump et les conséquences de ses sanctions, Séoul a décidé de les appliquer en bloquant les fonds iraniens. Cependant, Téhéran met l’accent sur la résolution du litige par la voie diplomatique, arguant que les sanctions de la Maison Blanche sont unilatérales et n'ont aucune valeur juridique.

L’approche de Séoul ayant mis fin à l’espoir d’une solution diplomatique, Téhéran s’est vu contraint de mettre en place une nouvelle stratégie, en renonçant à la « soft power » (puissance douce) pour la « hard power » (puissance dure) : d'où la saisi du navire sud-coréen.

Or sous la pression de Téhéran, Séoul a essayé de trouver un moyen d'utiliser certains des actifs bloqués pour acheter le vaccin anticoronavirus iranien. Mais, les autorités sud-coréennes reconnaissent que l'Iran est sceptique à l'égard du plan de Séoul, compte tenu de la profonde méfiance du pays à l'égard des États-Unis.

A ce stade, pour la libération du navire, la diplomatie doit être mise en marche. « Les négociations pour parvenir à des solutions immédiates et constructives dans le différend entre la Corée du Sud et l'Iran se poursuivront sur la base de l'amitié de longue date que les deux pays entretiennent », a souligné un communiqué du ministère sud-coréen des Affaires étrangères.