Pacte Iran-Chine s'étend au Levant
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Un Pacte global de coopération stratégique a été signé entre l'Iran et la Chine, il y a quelques jours. Il est question d’une coopération qui aura pour effet d’un énorme investissement de Pékin dans notre pays pour préparer l'Iran à participer au mégaprojet du 21ème siècle du monde : la reconstruction de la « route de la soie terrestre et maritime ». Le projet précité est censé relier l'Est du monde à la capitale de la Grande-Bretagne à long terme.
(last modified 2021-04-20T14:31:10+00:00 )
Apr 13, 2021 00:03 UTC
  • Pacte Iran-Chine s'étend au Levant

Un Pacte global de coopération stratégique a été signé entre l'Iran et la Chine, il y a quelques jours. Il est question d’une coopération qui aura pour effet d’un énorme investissement de Pékin dans notre pays pour préparer l'Iran à participer au mégaprojet du 21ème siècle du monde : la reconstruction de la « route de la soie terrestre et maritime ». Le projet précité est censé relier l'Est du monde à la capitale de la Grande-Bretagne à long terme.

Près de 49 pays, dont la Russie, la France, la Grande-Bretagne ainsi que trois organisations internationales dont l'Union européenne, ont, dans l'état actuel des choses, signé des accords de coopération stratégique avec la Chine pour participer au immense projet "Une Ceinture, une Route". Dans une note intitulé « La Chine dans le Moyen-Orient: Route de la soie vers le Levant », l’institut américain Middle East Studies Association se réfère à la concurrence des pays du Moyen-Orient autour de l’Iran dont le régime israélien, la Turquie, la Syrie et le Liban pour contribuer au immense projet de la Chine et écrit à ce propos : « Le rôle géopolitique de l'Asie Ouest (Moyen-Orient) dans le paysage de Pékin a changé. Grâce à l’initiative chinoise « Une ceinture, une route », lancée en 2013 - le grand projet chinois du XXIe siècle pour revitaliser «l'ancienne route de la soie pour relier l'Extrême-Orient à l'Europe », la région du Moyen-Orient qui était jusque vue comme une source de distribution d'énergie, se transforme désormais en point de connexion géographique dans le vaste réseau commercial et de transport en construction. Dans le même sens, la Chine qui était jusqu’à présent un client pétrolier et gazier, devient un grand acteur économique au Moyen-Orient. La Chine est désormais le plus gros investisseur étranger au Moyen-Orient. Compte tenu de son investissements de 155 milliards de dollars au Moyen-Orient, Pékin représente 40% des investissements étrangers dans la région entre 2013 et 2020. 

Le Levant retrouve son ancienne importance

Depuis le début des années 2000, Pékin a élargi ses activités politiques et économiques au Moyen-Orient et a dans ce sens lancé le projet « Une Ceinture, une Route » en 2013 et c’est que la région du Levant a retrouvé sa place historique dans le projet ambitieux de Pékin visant à relier la Chine et l’Europe.

Ceinture économique de la route de la soie : cette route relie l'Asie centrale, l'Iran, le Levant et la Turquie à un réseau de chemins de fer, d'autoroutes, de ports maritimes et aériens, de lignes de transmission, de lignes de transport de gaz naturel / pétrole et d'un réseau de télécommunications à l'Europe.

Route maritime de la soie: La route de la soie du 21e siècle relie la mer de Chine méridionale et l'océan Indien à la Méditerranée et à l'Europe. Mais, le caractère exclusif de cette route tient à ce que cette route maritime atteint la destination depuis le golfe d'Aden et le canal de Suez au lieu de passer par le continent africain. En outre, l'annexion de la Turquie et du Levant à la ceinture économique de la Route de la soie a pour conséquence d’accéder à une route méditerranéenne dans le cadre du projet « Une Ceinture, une Route » à travers lequel on peut contourner le canal de Suez (en tant que route commerciale mondiale vers l'Europe du Sud et le nord Afrique). À cet égard, Pékin a investi 3 milliards de dollars dans le port israélien de Haïfa et s'emploie à relier les deux principaux ports syriens de Lattaquié et Tartous à la Route de la Soie. Cependant, c'est plus facile à dire qu'à faire. Lattaquié et Tartous ne sont pas assez profondes pour l’ancrage de grands cargos chinois. La Russie a par ailleurs pu renforcer sa présence navale en Syrie en revanche de son soutien au gouvernement de Bachar Assad. Moscou a occupé la base navale de Tartous, principale plaque tournante de la flotte méditerranéenne de la Russie depuis que l'Égypte a annexé le camp américain au milieu des années 1970, pendant 49 ans. L'Iran, qui a joué un rôle essentiel dans la survie du gouvernement syrien, se tourne vers le port de Lattaquié comme point d'entrée en mer sur la route terrestre reliant l’Iran à la Méditerranée.

En même temps que Pékin est bien conscient de l'importance de ces ports pour la Route de la Soie (par exemple, il essaie d’augmenter la capacité du port de Lattaquié à déployer de gros navires et exprime son intérêt pour le développement du port de Tartous), il se concentre sur le port libanais de Tripoli comme un centre-clé du transport maritime à la Méditerranée orientale. Le port est situé à 32 km de la frontière libano-syrienne. Dans ce contexte, la Chinese Port Engineering Company (CHEC) a agrandi le port de Tripoli pour pouvoir amarrer les plus grands cargos du monde. En outre, le Liban a conclu un accord avec la Chambre de commerce internationale de la Route de la soie de Chine en novembre 2017, et le port libanais de Tripoli a effectivement rejoint le réseau portuaire du projet « Une Ceinture, une Route). Pékin a également agrandi  un aéroport, situé à 34 km de Tripoli, dans le but de le transformer en aéroport de passagers avancé. La Chine envisage également de faire de Tripoli un pôle économique et logistique potentiel pour son projet de reconstruction de la Syrie, et cela, en raison de la proximité de ce grand pays de l’Afrique du Nord avec la Syrie. La Chine envisage de revitaliser la ligne ferroviaire Beyrouth-Tripoli et de la rejoindre dans le cadre du réseau ferroviaire libano-syrien au projet « Une Ceinture, une Route).

Conclusion

Pour conclure, l’institut « Middle East Studies Association » écrit :

« La présence de la Russie en Syrie servira les intérêts de la Chine pour les deux raisons importantes: d'une part, le retour de la stabilité en Syrie facilitera le processus d'annexion du Levant au mégaprojet chinois - un processus qu’a a largement ralenti la guerre de quelques années de la Syrie. D'autre part, la Chine jouera probablement un rôle de premier plan dans la reconstruction de la Syrie d'après-guerre. Il semble que Pékin cherche à saisir l'opportunité actuelle, issue des effets d’une pandémie du Covid-19 sur la politique et l’économie de ses rivaux américain et européens pour arriver à une suprématie économique et politique mondiale.»