Israël ne peut pas éliminer le nucléaire iranien (Citrinowicz)
L’ex-responsable de la recherche sur le renseignement militaire israélien, tout en reconnaissant les capacités militaires et de défense de l'Iran, a souligné qu’Israël n’était pas en mesure d'éliminer le programme nucléaire iranien.
Dans une note publiée sur le site du think tank « Atlantic Council », l’ancien chef du bureau Iran du renseignement militaire israélien a reconnu l’échec d’Israël face au programme nucléaire iranien.
Au début de l’article, en lien avec la rhétorique israélienne, ces dernières semaines, contre le programme nucléaire iranien, l’ancien chef du bureau Iran du renseignement militaire israélien, Danny Citrinowicz, a fait référence aux récentes déclarations des responsables actuels et anciens israéliens sur la nécessité de se préparer à une attaque militaire contre l'Iran et ses installations nucléaires.
L'ancien responsable israélien a dans ce sens prétendu : « Malgré les remarques des responsables israéliens selon lesquelles Tel-Aviv cherche à faire entrave au développement nucléaire de l’Iran, et leurs tentatives de persuader l'administration du président Joe Biden d’adopter des mesures pratiques et importantes pour arrêter les progrès nucléaires de l'Iran, Israël sera confronté à des défis stratégiques pour lancer une attaque militaire contre l’Iran, étant donné que l’Iran dispose d’unités sol-air, s’appuyant principalement sur des systèmes russes S-300 et des systèmes de défense aérienne totalement iraniens tels que Bavar-373 et Khordad-3.
Les capacités de défense et militaires de l'Iran font peur à Israël
L’auteur reconnaît par ailleurs le potentiel nucléaire de la RII : « Bien que l'Irak et la Syrie aient possédé des programmes nucléaires basés sur des réacteurs nucléaires uniques, détruits par Israël respectivement en 1981 et 2007, les activités nucléaires iraniennes reposent sur deux installations d'enrichissement hautement protégées et décentralisées. »
« Le programme nucléaire iranien peut être reconstruit sur la base des connaissances internes »
« Alors que les infrastructures nucléaires irakiennes ont été construites par la France et les installations nucléaires syriennes par la Corée du Nord, l'Iran a pu construire son programme nucléaire sur la base des connaissances des scientifiques iraniens pendant des années après les premiers secours du scientifique nucléaire pakistanais Abdel Qadir Khan », souligne Citrinowicz, en ajoutant : « En d'autres termes, même si les sites nucléaires iraniens sont détruits, les connaissances nucléaires internes permettront aux scientifiques iraniens de reconstruire rapidement le programme nucléaire de leur pays ».
Une attaque contre l'Iran coûtera cher à Tel-Aviv
L'ancien responsable israélien a ensuite souligné : « Malgré les attaques de Tel-Aviv contre les programmes nucléaires irakien et syrien, qui sont restées sans riposte, l'Iran et les groupes de résistance dans la région répondront à toute attaque contre l'Iran. En d'autres termes, les 1,5 milliard de dollars alloués aux forces israéliennes pour se préparer à une éventuelle frappe militaire contre l'Iran ne sont que le début des coûts que Tel-Aviv encourra à la suite d'une éventuelle attaque contre l'Iran parce que la réponse de l'axe de la Résistance aura des conséquences astronomiques pour Israël. »
Citrinowicz souligne que contrairement aux précédentes attaques israéliennes contre les installations nucléaires irakienne et syrienne, les attaques contre les réacteurs nucléaires iraniennes ne consistent pas seulement à cibler des sites hautement protégés et à provoquer la riposte de l'Iran, mais en cas de la survenance d’une telle attaque, Israël fera face à une riposte de l’axe de la Résistance, en particulier le Hezbollah libanais.
« La communauté internationale ne soutient pas les plans anti-iraniens d'Israël »
L’ancien chef du bureau Iran au sein du Renseignement militaire israélien estime que le monde ne s’alignera pas avec les plans anti-Iran de Tel-Aviv.
« C'est une erreur de penser que le plan d’une frappe militaire contre des installations iraniennes bénéficie d'un soutien international parce que le monde, les États-Unis entre autres, reconnaît que l'Iran peut procéder à l'enrichissement sur son territoire à des fins pacifiques sous les auspices de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans le cadre du plan général d’action conjointe (PGAC) et de la résolution 2231 des Nations unies. Par conséquent, l'approche d'« enrichissement zéro » d'Israël n'est plus réaliste, et tant que l'Iran ne construit pas une bombe atomique et que ses sites restent sous surveillance, aucun pays, pas même les États-Unis, ne soutiendront pas le plan israélien de l’attaque contre les réacteurs nucléaires iraniens. »
« Il n'y a pas de solution magique au programme nucléaire iranien »
L'ancien responsable israélien a souligné que les responsables israéliens devraient également garder à l'esprit que la simple menace d'une frappe militaire contre les installations nucléaires iraniennes pourrait conduire l’administration Biden à rejoindre le plus tôt possible le PGAC et que Tel-Aviv devait comprendre le fait qu'il n'y a pas de solution magique au programme nucléaire iranien.
Il a estimé que « l'option de l’attaque militaire aurait pu être efficiente il y a une décennie lorsque le programme nucléaire de l'Iran n'était pas très avancé, mais elle n'est pas la solution adéquate aujourd’hui ».