Almaty: comment le trio USA-Turquie-Israël a échoué
Comment les opérations « secrètes » des États-Unis, de la Turquie et d'Israël à Almaty ont-elles échoué ?
Ce qui s'est passé au Kazakhstan ressemblait de plus en plus à la tentative de coup d'État menée par les États-Unis, la Turquie, la Grande-Bretagne et Israël, qui a été neutralisée par leurs adversaires dans la région eurasienne.
Le site Web The Cradle examine dans une note sous la plume de Pepe Escobar, chroniqueur du site, les événements survenus en 2022 au Kazakhstan dans lesquels on peut trouver les traces des pays étrangers.
Selon l’auteur, « l’année 2022 a commencé avec le Kazakhstan en feu, une grave attaque contre l’un des pôles clés de l’intégration eurasienne. Nous essayons de comprendre ce qui s’est passé dans ce pays eurasien ».
La toile hybride enchevêtrée
Dans une partie de la note, Escobar fait allusion au rôle de l’Otan dans les développements eurasiens en particulier ce qui s’est produit depuis deux ans dans la région. Dans ce sens, il écrit : « En pratique, personne ne le sait. Mais en décembre dernier, la région était témoin d’un autre coup d’Etat qui a été discrètement déjoué à Bichkek, la capitale kirghize. »
Des sources de renseignement kirghizes ont attribué l’ingénierie du coup d’Etat à une multitude d’ONG, liées à la Grande-Bretagne et à la Turquie.
« Les renseignements liés à l'OTAN et leurs actifs ont peut-être préparé une offensive simultanée de révolution de couleur à travers l'Asie centrale […] Il était évident de voir à quel point les ONG occidentales – les fronts de la guerre hybride – restaient extrêmement puissantes au Kirghizistan et Kazakhstan. Pourtant, elles ne sont qu'un lien dans une nébuleuse occidentale de guerre hybride déployée à travers l'Asie centrale et l'Asie occidentale d'ailleurs. Ici, nous voyons la CIA et l’administration américaine sillonner le MI6 et différents volets des renseignements turcs », ajoute le site d’Internet.
Salle secrète d'opérations de renseignement militaire américano-turque-israélienne à Almaty
Dans une autre partie de l’article, le journaliste se réfère à une source de renseignements hautement placée en Asie centrale, prétendant : « Lorsque le président Tokaïev faisait référence en code à un centre unique, il parlait en fait d’une salle d'opérations de renseignement militaire américano-turque-israélienne, resté jusqu'ici secrète et basée dans le centre d'affaires sud d'Almaty. »
Selon Escobar, « dans ce centre, il y avait 22 Américains, 16 Turcs et 6 Israéliens qui coordonnaient des gangs de sabotage – formés en Asie occidentale par les Turcs – puis dirigés vers Almaty ».
Et de poursuivre dans ce sens : l'opération a commencé à s'effondrer définitivement lorsque les forces kazakhes - avec l'aide de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) - ont repris le contrôle de l'aéroport vandalisé d'Almaty, qui devait être transformé en une plaque tournante pour recevoir des fournitures militaires étrangères.
L'Occident a dû être stupéfait et livide de la façon dont l'OTSC a déjoué le coup d’Etat à Bichkek à une telle vitesse fulgurante. L'élément clé est que le secrétaire du Conseil de sécurité nationale russe, Nikolai Patrushev, avait prévu la situation dans son ensemble . Ainsi, ce n'est pas un mystère pourquoi les forces aérospatiales et aérotransportées de la Russie, ainsi que l'énorme infrastructure de soutien nécessaire, étaient pratiquement prêtes à partir, selon l’auteur.
Les Etats-Unis réactivent Daech au Kazakhstan
En novembre dernier, Patrushev était déjà concentré sur la mauvaise situation de sécurité en Afghanistan. Le politologue tadjik, Parviz Mullojanov, était parmi les rares à souligner qu'il y avait jusqu'à 8 000 paramilitaires salafistes-djihadistes, liés à la machine impériale, expédiés depuis la Syrie et l’Irak, flânant dans la nature sauvage du nord de l'Afghanistan.
Ils faisaient partie du groupuscule Daech-Khorassan ou Daech-K, cantonné à proximité des frontières du Turkménistan. Certains terroristes ont été transportés au Kirghizistan. De là, ils pouvaient facilement passer par la frontière via Bichkek pour accéder à Almaty.
Il n'a pas fallu longtemps à Patrushev et à son équipe pour comprendre, après le retrait des Américains de Kaboul, comment ce groupe de réserve djihadiste serait utilisée : le long de la frontière longue de 7 500 km entre la Russie et les « stans » d'Asie centrale.
Cela explique, entre autres, un nombre record d'exercices de préparation menés fin 2021 sur la 210e base militaire russe au Tadjikistan.
Dans une autre partie du rapport, l’auteur fait référence aux agents impliqués dans les troubles au Kazakhstan : l'État profond américain, qui a pratiquement chanté sa stratégie dans un rapport publié en 2019 par l’institut RAND Corporation intitulé « Etendre la Russie ». Le chapitre 4 du rapport, s’articulant autour des « mesures géopolitiques » détaille tout, depuis « l'aide létale à l'Ukraine », « la propagation de l’idée d'un changement de régime en Biélorussie », et « la multiplication du soutien aux terroristes syriens, jusqu'à la réduction de l'influence russe en Asie centrale. C'était le concept maître. La mise en œuvre est revenue à la connexion MI6-Turquie.
Dans tous les pays d'Asie centrale, avec le suffixe « Stan », à l'exception du Turkménistan, MI6 a renforcé son implantation - et utilise l'invasion pan-turque comme un outil idéal contre la Russie et la Chine.
Les différents motifs de l’Occident pour inciter le coup d’Etat au Kazakhstan
Dans la partie finale du rapport, Pepe Escobar indique : « On ne sait toujours pas exactement qui – et dans quelle mesure – a parrainé les émeutiers. Les motifs abondent : saboter un gouvernement pro-Russie/Chine, provoquer la Russie, porter atteinte à l’initiative Une Ceinture, Une Route, piller les ressources minérales de la région, dynamiser [les terroristes] à la Maison des Saoud. »
Précipitée quelques jours seulement avant le début des « garanties de sécurité » russo-américaines à Genève, cette révolution colorée représentait une sorte de contre-ultimatum – en désespoir de cause – de la part de l'establishment de l'OTAN.
L'Asie centrale, l'Asie de l'Ouest et l'écrasante majorité des pays du Sud ont été témoins de la réponse eurasienne ultra-rapide des troupes de l'OTSC - qui, ayant maintenant fait leur travail, sont sur le point de quitter le Kazakhstan dans quelques jours - et comment cette révolution des couleurs a échoué, lamentablement.