Pourquoi les Américains ne renoncent pas à al-Tanf ?
Il est vrai que la base militaire d’al-Tanf est d’une importance si stratégique que Washington l’a exclu du plan de retrait US de Syrie, décidé en 2018 par l’ex président américain, Donald Trump. Pourquoi ?
La base militaire d’al-Tanf, abritant environ 900 militaires américains, se situe à proximité de la frontière jordanienne avec la Syrie et non loin de celle de l’Irak, et cette situation géostratégique importante lui permet de servir d’obstacle au corridor Iran-Irak-Syrie. Elle pourrait être aussi un levier de pression à utiliser par les États-Unis lors des négociations sur l’avenir de la Syrie.
Il y a aussi le passage frontalier d’al-Tanf, point frontalier commun irako-syro-jordanien, soit le premier et le plus important passage frontalier de la Syrie avec l’Irak que les Américains contrôlent à un rayon de 56 km ; ils ne permettent même aux forces militaires syrienne de s’y approcher. En effet, les États-Unis et leurs alliés ont tout fait, ces dernières années, pour empêcher que le contrôle de ce passage ne tombe entre les mains de l’armée syrienne et ses alliés.
Comment agit-il Daech en Syrie ?
L’analyste Anas Shawakh, du centre Jusoor (for studies) estime que Daech choisit essentiellement les zones désertiques comme cachettes, repaires ou foyers, pour lancer ses opérations contre les forces syriennes et alliés.
« Parmi les plus importantes régions de déploiement des daechistes, on peut citer le désert d’al-Ruwahished, al-Rawda et al-Hol à Hassaké, Jabal al-Bishri à Raqqa, ash-Sholah à Deir ez-Zor et le désert de Tadmor dans la banlieue de Homs », a noté Shawakh lors d’une interview avec Al-Jazeera, rappelant que les activités militaires de ce groupe change d’ampleur par rapport aux conditions militaires et sécuritaires.
« En étudiant avec attention les agissements du groupe terroriste de Daech en Syrie, on peut tenir compte de ce que les daechistes ne cherchaient pas, via leurs opérations, à dominer une zone géographique ou une base militaire, mais plutôt à mener très vite leurs attaques et s’en fuir aussitôt de la zone.
C’est aussi l’avis de l’analyste politique syrien, Firas Alawi selon lequel, Daech avec la stratégie d’attaque avec un nombre limité d’éléments contre les convois et les centres militaires dans les zones désertiques, mène en fait une « géo guerre» contre les forces militaires syriennes.
« Daech est spécialiste de la géographie de désert. Depuis 2015, il a équipé toutes les grottes de la zone et tous ses repaires par des armements militaires et nous avons constaté qu’il a utilisé lors de ses récentes opérations des armements légers et semi-légers, des pick-up et des motocyclettes. »
Et lui d’ajouter : « Le groupe terroriste Daech dispose de considérables noyaux militaires qu’il est inutile de viser par des avions de combat, des noyaux qui sont d’ailleurs dispersés partout dans l’étendu vaste des déserts. »
Les analystes disent que Daech entend se renforcer, via ces opérations, pour d’autres plus grandes et plus compliquées. Et pourtant, ces capacités sont encore trop minimes en comparaison à celles du début des activités de ce groupe en 2014 où il avait envahi de grandes parties de la Syrie et de l’Irak.