Contre qui s’allient l’Iran et l’Irak?
En évoquant la récente visite du ministre irakien de la Défense, le général Irfan al-Hayali, en Iran, le journal Newsweek s’intéresse aux coopérations militaires irano-irakiennes, une source d’inquiétude croissante pour les États-Unis.
L’Irak et l’Iran ont promis de renforcer leurs coopérations militaires pour faire face aux extrémistes et à leur idéologie terroriste. Soit. Mais il y a là un défi lancé à la diplomatie américaine, constate le journal avant d’ajouter : « Le ministre iranien de la Défense, le général Dehghan, et son homologue irakien, Irfan al-Hayali, se sont entretenus dimanche dernier à Téhéran en vue de signer un accord militaire. Il est vrai que les deux pays ont été la cible d’attaques terroristes de Daech et qu’ils luttent en ce moment contre cette organisation, mais il n’empêche que Washington est inquiet de voir l’Iran être de plus en plus présent en Irak. »
Certes les deux pays ne partagent pas le même point de vue en ce qui concerne la relation avec les États-Unis, mais cette différence ne suffit pas à apaiser les inquiétudes de Washington qui craint une « alliance militaire stratégique irano-irakienne », poursuit Newsweek qui se réfère à une information publiée par Reuters selon laquelle « l’accord militaire entre Bagdad et Téhéran inclut outre la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, la protection des frontières, le soutien logistique, technique et militaire réciproque ainsi que la formation de troupes ».
Le journal relève le « refus des officiels américains de réagir à l’annonce de la signature prochaine de cet accord militaire » avant de se lancer dans un long exposé consacré à l’historique des relations des deux États. Cet exposé évoque le chapitre de la guerre entre l’Iran et l’Irak et le rôle américain dans la persistance de ce conflit dévastateur pour les deux nations. En effet, sans l’appui et l’incitation des États-Unis, l’ancien dictateur irakien, Saddam Hussein, n’aurait peut-être pas eu le courage d’attaquer l’Iran. Mais cette époque est désormais derrière les deux nations irakienne et iranienne.
Mais pourquoi les Américains sont-ils inquiets ?
En 2014, Daech a réussi à envahir une grande partie du territoire irakien, puisque les États-Unis ont refusé d’honorer leurs engagements militaires pris dans le cadre des accords signés avec l’armée irakienne et qu’ils ont abandonné les forces irakiennes à leur sort. Une alliance militaire irano-irakienne empêcherait donc les États-Unis de jouer une prochaine fois avec la sécurité de l’Irak et d’autres pays de la région...