Mena : l’avertissement de la Banque mondiale
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Mena : l’avertissement de la Banque mondiale
(last modified 2020-01-04T06:21:36+00:00 )
Nov 19, 2017 05:46 UTC
  • Mena : l’avertissement de la Banque mondiale

Mena : l’avertissement de la Banque mondiale

Les pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) risquent d’avoir du mal à satisfaire la demande d’électricité de leurs populations et de leurs économies, en plein essor, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale publié mercredi. Destiné aux décideurs politiques, aux organismes de réglementation et aux dirigeants des compagnies d’électricité, le rapport intitulé “Shedding Light on Electricity Utilities in the Middle East and North Africa” propose une analyse approfondie des performances actuelles de ces entreprises.

Il présente une nouvelle base de données, qui rassemble des informations sur 67 compagnies d’électricité de 14 économies de la région Mena dont l’Algérie. Selon le document, la moitié des 14 économies étudiées du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord affichent un déficit quasi budgétaire du secteur de l’électricité de plus de 4% de leur produit intérieur brut (PIB). Pour l’Algérie, ce déficit est estimé à 2,3% du PIB de 2013, soit environ 4,720 milliards de dollars. Il est évalué à 18,219 milliards de dollars en Égypte et à 38,467 milliards de dollars en Arabie saoudite. Le déficit quasi budgétaire du secteur de l’électricité en Tunisie est estimé à 655 millions de dollars alors que pour le Maroc, le déficit est de 948 millions de dollars. “Environ les deux tiers des déficits quasi budgétaires peuvent être attribués au fait que les tarifs sont inférieurs au niveau de recouvrement des coûts. Le tiers restant est lié aux pertes commerciales, aux pertes de recouvrement et aux sureffectifs”, précise le rapport. Concernant la gestion commerciale, les indicateurs révèlent une forte dépendance à l’égard des subventions pour recouvrer les coûts et une tolérance élevée au non-paiement.

Sur le plan financier, malgré des valeurs de rendement de l’actif et des fonds propres légèrement supérieurs à celles d’économies comparables en dehors de la région, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord semblent avoir adopté une stratégie risquée illustrée par un faible ratio entre les disponibilités et les exigibilités à court terme (inférieur à 100%) et un ratio d’endettement extrêmement élevé (proche du quadruple de la médiane des autres régions), qui fait que les services sont fortement exposés aux chocs exogènes. Le rapport constate que les raccordements par employé sont nettement plus faibles au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que dans les autres régions, ce qui donne à penser que les pratiques de recrutement devraient sans doute être évaluées.

Du point de vue des politiques sectorielles, la quantification du déficit quasi budgétaire fournit un ordre de grandeur des améliorations pouvant être visées par les pouvoirs publics. Selon le rapport, le service de production d’électricité le plus performant est Qepco (Jordanie), suivi par AKPP (Oman) et APBS (Oman). Le service de distribution le plus performant est Edco (Jordanie), suivi par Lydec (Maroc) et Jepco (Jordanie), alors que le service verticalement intégré le plus performant est SEC (Arabie saoudite), suivi par Sonelgaz (Algérie). Le rapport note, par ailleurs, que le secteur de l’électricité du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord est confronté à un paradoxe apparent.

Alors que la région détient les plus grandes réserves pétrolières et gazières du monde et réussit à maintenir des taux d’accès à l’électricité proches de 100% dans la majorité de ses économies, elle risque de ne pas pouvoir répondre aux futurs besoins de sa population de plus en plus nombreuse et de ses activités industrielles et commerciales. La demande d’énergie primaire dans la région devrait augmenter de 1,9% par an jusqu’en 2035, nécessitant une forte hausse de la capacité de production.

Mais les investissements n’ont pas augmenté assez rapidement pour faire face à cette demande. Les investissements annuels nécessaires à cette fin ont été estimés à environ 3% du produit intérieur brut (PIB) anticipé de la région. Mais, note le rapport, la capacité d’investissement de la majorité des économies de la région a été limitée par les contraintes budgétaires. L’ouvrage montre que la solution existe. L’amélioration de la gestion et de la performance des services d’électricité de la région fournira des ressources amplement suffisantes pour effectuer les investissements nécessaires afin de répondre à la demande et opérer à moindre coût.