Irak, une occasion perdu pour Israël
Dans un article pour Al-Mayadeen, Abbas al-Zayn a examiné les objectifs du régime israélien en se focalisant sur le dossier de l’Irak, les plans de Tel-Aviv destinés à affaiblir et à démembrer le pays.
La formation des Hachd al-Chaabi dont les groupes affiliés agissent dans le cadre de la stratégie de l’axe de la Résistance est devenue une grande source d’inquiétude pour le régime occupant. En juin 2020, le Centre des études sur la sécurité d’Israël a mis en garde contre le retrait des Américains de l’Irak qui pourrait mettre en danger les intérêts stratégiques du régime sioniste.
Grâce à ses groupes de Résistance, l’Irak s’est transformé en un pionnier dans la lutte contre l’hégémonie des États-Unis, ce qui place Israël parmi ses objectifs potentiels, surtout pour les trois raisons suivantes : premièrement, le régime israélien est en contact direct avec l’hégémonie américaine ; deuxièmement, la Résistance irakienne place la cause palestinienne parmi ses priorités et troisièmement, la Résistance irakienne est étroitement liée à d’autres parties de l’axe de la Résistance.
Kirkouk, Haïfa et les ambitions pétrolières
Abbas al-Zayn explique que « l’Irak et les groupes de Résistance font face à des plans ambitieux d’Israël qui se concentrent dans le secteur pétrolier ».
Le régime occupant a un besoin urgent que l’oléoduc Kirkouk-Haïfa soit remis en service. Les plans pétroliers ambitieux d’Israël se laissent trahir à travers des rapports des médias : Israël achète du pétrole irakien à la région du Kurdistan. D’après ces rapports, le pétrole de la région du Kurdistan est exporté illégalement, via un oléoduc indépendant, vers le port de Seyhan, en Turquie, d’où il sera transporté au port de Haïfa et à Ashkelon par des camions-citernes.
Le recours du régime israélien à des raccourcis pour piller le pétrole irakien met en évidence les problèmes qui font souffrir l’Irak, les problèmes qui ont été aggravés par les attaques des terroristes de Daech contre certaines villes irakiennes.
Bien que Bagdad se soit opposé au projet israélien de l’oléoduc Kirkouk-Haïfa, deux événements importants ont nourri les espoirs de Tel-Aviv à ce propos : l’agression des États-Unis en 2003 et la montée en puissance de Daech en 2014.
Abbas al-Zayn a écrit : « Pendant les deux dernières décennies, Israël n’a lésiné sur aucun moyen pour démembrer l’Irak en des cantons ethniques, tribaux et confessionnels dans le cadre de ses objectifs. »
En 2016, Avigdor Lieberman, alors ministre israélien des Affaires militaires, a déclaré : « Il faut que le monde se débarrasse des confrontations en cours au Moyen-Orient et cela ne se réalisera que par la partition de l’Irak et de la Syrie. »
L’auteur de l’article avertit que l’Irak n’est pas à l’abri des complots du régime israélien qui visent à l’affaiblir et à le contraindre à une normalisation des relations avec Tel-Aviv. Les ingérences de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis dans les affaires intérieures de l’Irak s’inscrivent également dans ce cadre.
Cela dit, l’Irak restera toujours parmi les cibles d’Israël non seulement parce qu’il s’agit d’un pays riche en ressources, mais parce qu’il est le noyau d’une lutte contre l’hégémonie israélo-américaine. L’Irak peut se transformer à un moment ou à un autre en une boule de feu qui brûlera tous les projets des sionistes, conclut l’article.