Nucléaire: l'Iran bloque l'AIEA
Dans une interview avec Stéphanie Liechtenstein, journaliste du site d’information autrichien PassBlue et qui a été publiée le dimanche 20 juin,
« Nous ne devrions pas être limités davantage, mais en même temps, cet accord temporaire n'est pas une solution durable. Cet accord ne peut pas être considéré comme un remplacement pour une approche de vérification correcte d’un programme nucléaire aux dimensions de celui de l’Iran ».
Stéphanie Liechtenstein lui a demandé si l’annexe technique de l'accord temporaire, qui précise les détails des inspections autorisées, a été prolongée la dernière fois. « Je dirais que l’annexe technique est toujours en cours d’application ; nos homologues iraniens n’ont pas voulu entrer dans les formalités d’une prolongation en tant que telle pour des considérations politiques », a répondu Grossi.
En ce qui concerne les interactions avec le nouveau gouvernement iranien qui devra prendre ses fonctions en août, Grossi s’est déclaré ouvert à travailler avec le prochain président iranien et à entendre le point de vue de l’Iran. « Je veux m’asseoir avec la nouvelle direction et établir la confiance et une relation dès que possible. Parce que nous sommes là pour le long terme ».
Interrogé sur la « soi-disant enquête sur le mécanisme des garanties » en Iran, plus précisément, au sujet de la « présence de particules nucléaires à plusieurs endroits du pays » par les inspecteurs de l’AIEA, Grossi s’est montré optimiste sur le fait que l’Iran participerait à la future réunion du Conseil des gouverneurs de l’Agence prévue en septembre, avec des clarifications au sujet des questions liées au mécanisme des garanties.
Interrogé sur le rôle de l’Agence dans les pourparlers en cours à Vienne afin de revivifier l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, Grossi a précisé : « Nous ne sommes pas une partie aux négociations. Nous essayons de soutenir le processus grâce aux consultations avec les négociateurs. Nous les aidons à mieux voir les choses qu’ils sont en train de négocier, en termes de vérification de la réalité et de vérifiabilité. »
Le diplomate chevronné argentin a également dit que l’Agence aurait besoin d’un système permettant d’avoir toute la visibilité du programme nucléaire iranien. « Cela va être une opération complexe, car lors de [la signature du] Plan global d’action conjoint d’origine, la situation était différente s’agissant des capacités nucléaires de l’Iran. Beaucoup de choses ont changé ces dernières années à cet égard ». Il a ajouté avoir la responsabilité en tant qu’inspecteur de déclarer aux Iraniens ce dont il avait besoin afin de s’assurer que cet accord « est basé sur des informations solides ». « Mais les politiques liées l’accord sont décidées au Grand Hôtel de Vienne », a-t-il ajouté.
Le directeur général de l’AIEA a également reconnu que malgré les sabotages aux installations nucléaires de Natanz (au centre du pays), les activités nucléaires s’y poursuivaient. « On voit beaucoup de travail en termes de remplacement des centrifugeuses, donc l’activité [nucléaire] s'est poursuivie », a-t-il précisé.
Début juin, l’Agence internationale de l’énergie atomique a affirmé que les stocks iraniens d’uranium enrichi représentaient un niveau environ 16 fois supérieur à la limite fixée dans le Plan d’action global conjoint (PGAC), l’accord nucléaire signé entre Téhéran et les grandes puissances mondiales en 2015.