L'OTAN devra craindre l'Iran?
Est-ce un hasard si peu après l'impressionnante parade navale annuelle de Saint Pétersbourg où la 77e flotte iranienne composée de Sahad et de Makran à travers quoi les experts russes n'ont cessé ces derniers jours de louer le génie iranien "
qui sait faire d'un tanker un navire logistique de premier ordre avec la capacité d'appareil sans escale pendant près de 1000 jours", le ministère russe de la Défense annonce vouloir bloquer le golfe de Finlande? Un golfe qui soit dit en passant s'est trouvé juste sur le trajet de la 77e flotte iranienne qui y était arrivé juste depuis le canal de la Mach, au prix de provoquer un tweet et la réaction inquiète du ministère danois de la défense qui a même confirmé l'avoir escorté pendant son passage? TASS vient d'apprendre que les navires et les systèmes de missiles côte-mer russes bloqueront l'accès au golfe de Finlande et que ce blocage serait dû à la tenue d'exercices militaires spéciaux, conjuguant frappes de missiles et opérations de contre-débarquement, exercices dans le cadre desquels il est prévu de fermer l'accès de cette zone à un ennemi hypothétique. L'ennemi hypothétique étant l'OTAN qui continue à harceler périodiquement la marine russe en mer Noire, en Arctique voire en Méditerranée, on ne peut ne pas y voir qu'un effort de préparation auquel pourrait ne pas être étranger la marine iranienne.
Ce périple en haute mer a par ailleurs le message suivant à livrer : la présence militaire illégale de l'axe US/OTAN dans le golfe Persique ne restera pas toujours impuni et qu'il va y avoir une réponse du tac au tac. Un trajet de 1" 000 nautiques, on le fait pas par plaisir.
« Ce succès signifie l’ouverture des portes de la mer du Nord et du golfe de Finlande à la flotte de l'armée iranienne. Une présence aussi puissante et aussi durable signifie que la marine d'un pays comme l'Iran est en mesure de soutenir ses forces dans des zones lointaines durant de longues périodes et aller même jusqu'à créer des alliances. Sahand et Makran ont prouvé la capacité de la marine à naviguer dans les conditions météorologiques difficiles de l’Atlantique, sans soutien et sans escale.», a souligné le commandant en chef de la marine iranienne à l'adresse des unités à bord de Makran avant de revenir ce le point qui pourrait apporter une réponse adéquate à la question qui revient à tous les esprits : "L'Iran est-il prêt ou pas à prendre part à une bataille navale contre l'axe US/OTAN si les intérêts de l'axe de la Résistance l'exigerait?"
"Sur environ 20 pays participant au défilé de la marine russe, seuls trois pays ont envoyé des navires de guerre à la cérémonie et l'Iran faisait partie de ces trois pays. Mais ce n'est pas tout : sur ces trois pays, seul l'Iran a avait fabriqué lui même son, navire de guerre Sahand. »
Et c'est cela qui fait toute la différence entre l'Iran et d'autres alliés sur quoi pourrait compter la marine russe. Car une arme auto-fabriquée dont les codes échappent à l'axe atlantiste en vaut mille. Et ceci est la principale caractéristique de la 77e flotte iranienne. Le dernier clash OTAN/Russie remonte à à peine quelques semaines quand HMS Defender a foncé droit vers les eaux de la Crimée, quitte à simuler une opération de débarquement. Evidemment la Russie a riposte par des tirs de semonce mais cela a pris un certain temps avant que l'intrus quitte pour de bon la mer Noire.
Idem en Méditerranée où le porte avions Queen Elizabeth n'a cessé pendant un mois de singer des actes de guerre, d'envoyer même ses F-35 survoler la Syrie et l'Irak avant de comprendre que ce genre de provocation n’amèneront à rien puisqu'en cas de guerre, il faut bien plus que de simples bombage de torse. A l’époque, certaines voix en Russie prenait un abordage de HMS Defender à l'iranienne, renvoyant à cette opération commando de l'été 2019 quand la marine du CGRI a saisi le pétrolier british "Steno Impero". C'est sans doute en se remémorant cet épisode que Poutine a laissé à Khanzadi son navire spécial.
En attendant, le navire Makran qui a soutenu et accompagné le destroyer Sahand dans ce long voyage est en route pour le pays, HMS Diamond qui escortait le Defender lors de ce fameux clash en Crimée, a été contraint d’abandonner prématurément le CSG 21 en raison d’un « problème technique » survenu au niveau des turbines à gaz de son système de propulsion. Selon Ben Wallance le ministre britannique de la Défense, le HMS Diamond devrait retrouver le CSG 21, qui se trouve actuellement en Asie, d’ici « quelques semaines ».Seulement, sur les six « destroyers » de type 45 que compte la Royal Navy, cinq sont actuellement dans l’incapacité à prendre la mer... Et oui la mission en haute mer, ce n'est pas à la portée de tout le monde.