Iran et la carte eurasiatique
Le Centre égyptien d'analyse de la politique iranienne d’Al-Araby a prédit que les Républiques d'Asie centrale deviendraient un atout pour l'Iran et que Téhéran les utiliserait pour renforcer sa position dans la région et dans le monde et pour contrer la pression américaine.
Dans un rapport rédigé par le Dr Sali Sahraoui, chercheur au Secrétariat du Conseil des ministres égyptien, on peut lire : « Les Républiques d'Asie centrale, dont l'Ouzbékistan, le Turkménistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirghizistan, ont obtenu leur indépendance après l'effondrement de l'ex-Union soviétique. Ces pays sont devenus le centre de la concurrence des grandes puissances en raison de leur position stratégique et de leur richesse pétrolière. Ils ont attiré l'attention des États-Unis en raison de leur proximité avec la Russie, la Chine et l'Iran. »
Importance de l’Asie centrale pour l’Iran
Dans une autre partie de son rapport, Dr Sali Sahraoui a écrit que « l'Iran essaie d'utiliser tous les moyens disponibles pour affronter les États-Unis et renforcer son rôle et sa position dans la région. L'existence d’affinités culturelles et religieuses entre l'Iran et ces pays a permis à l'Iran d'exercer une influence économique et politique dans les Républiques d’Asie centrale. Tout en se concentrant sur les questions commerciales dans ses relations bilatérales avec les pays d'Asie centrale, Téhéran tente également d'échapper aux conséquences des sanctions et des pressions américaines ».
Rivalité irano-turco-israélienne sur Bakou
La rivalité entre la Turquie et l'Iran en Asie centrale a atteint son apogée en République d'Azerbaïdjan. Ce pays est religieusement enclin à l'Iran et sur le plan de sécurité nationale, il est proche de la Turquie. L'une des raisons pour laquelle l'Iran porte attention à la République d'Azerbaïdjan est liée aux questions ethniques. Car environ 26 millions de personnes turcophones vivent notamment dans le nord-ouest de l'Iran et sur ses frontières avec la République d'Azerbaïdjan.
La Turquie se sert de Bakou comme un outil dans ses tensions avec Téhéran. La Turquie estime que Téhéran et Moscou constituent un obstacle important aux plans d’Ankara en Syrie et dans les pays d'Asie centrale. L'Iran a récemment déclaré qu'il surveillait les agissements israéliens à l'intérieur de la République d'Azerbaïdjan, et en particulier près de ses frontières.
Bien que le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev ait démenti les agissements du régime sioniste, l'Iran a pris des mesures en réponse à ces mouvements israéliens.
En coopération avec des unités blindées, d'artillerie et de drones, l'armée iranienne a organisé des manœuvres à la frontière avec la République d’Azerbaïdjan en octobre de cette année. L'Iran a également annoncé le 5 octobre qu'il avait fermé son espace aérien aux avions de combat azerbaïdjanais.
L'Iran et les Républiques d'Asie centrale poursuivent leurs relations
Selon ce rapport, en général, on peut dire que le Kazakhstan occupe une place particulière auprès de l'Iran. L'Iran a déjà soutenu l'adhésion non permanente du Kazakhstan au Conseil de sécurité de l'ONU. L'Iran et le Kazakhstan entretiennent également des relations commerciales.
Le président iranien Ebrahim Raïssi a effectué son premier voyage à l'étranger au Tadjikistan. En ce qui concerne le Turkménistan, plus de 100 documents officiels ont été signés entre l'Iran et le Turkménistan pour une coopération dans divers domaines. Les deux pays ont également convenu de signer un mémorandum de coopération bilatérale globale. Ils ont convenu de rouvrir les routes de transit à quatre points frontaliers.
Quant au Kazakhstan, il faut dire que malgré ses efforts pour améliorer ses relations avec la Turquie et Israël, le Kazakhstan a toujours signé des accords avec l'Iran dans les domaines des technologies de la communication, de la banque et de l'échange d'ambassadeurs, de l'éducation, du tourisme, des transports, etc.
Selon cette analyse, compte tenu des facteurs économiques et géographiques et de la concurrence de l'Iran avec des puissances régionales telles que la Turquie, l'Arabie saoudite et Israël, et l'attention particulière que portent les États-Unis à la région d'Asie centrale, on s'attend à ce que l'Iran continue de se concentrer sur cette région.
L’on prévoit que les Républiques d'Asie centrale, comme certains autres pays, devraient devenir un atout pour l'Iran, et Téhéran s'en servira pour renforcer sa position à l’échelle régionale et mondiale et affronter les États-Unis.