Iran: le front pétrolier anti-US?
N'en déplaise aux USA et le camp sanctionniste, le Venezuela commence à importer du pétrole lourd iranien pour le raffinage, selon des documents de PDVSA.
Le Venezuela a commencé à importer du brut lourd iranien pour alimenter ses raffineries nationales, selon des documents de la compagnie pétrolière publique PDVSA, une mesure qui renforce un accord d'échange signé l'année dernière par l'Iran et le Venezuela. L'année dernière, les deux pays avaient initialement convenu d'un accord d'échange en vertu duquel PDVSA pouvait importer du condensat iranien pour diluer et traiter son pétrole extra-lourd destiné à l'exportation. En contrepartie, le brut vénézuélien est expédié via la National Iranian Oil Company (NIOC).
Selon les documents, le brut lourd iranien, dont la qualité est similaire à celle du brut Mesa 30 du Venezuela, devrait augmenter le pétrole national fourni aux raffineries de PDVSA.
Dans le cadre des pactes de coopération, le Venezuela a reçu ces dernières années des équipements iraniens pour moderniser ses raffineries. La raffinerie d'El Palito, d'une capacité de 146 000 barils par jour, redémarre cette semaine une unité de distillation du brut après d'importantes réparations et mises à niveau qui ont nécessité des équipements importés d'Iran.
Le ministre iranien du pétrole, Javad Owji, s'est rendu au Venezuela la semaine dernière pour rencontrer le président Nicolas Maduro et discuter d'accords commerciaux avec son homologue. Au moins 200 000 barils de brut lourd iranien ont été livrés à la mi-avril à la raffinerie de Cardon, la deuxième du Venezuela, qui produit 310 000 b/j de pétrole. Selon des documents, 400 000 autres barils de pétrole iranien, arrivés sur le très gros transporteur de brut (VLCC) Dino I, sont en cours de déchargement cette semaine au port de Jose, dans le pays. Or cl'alliance énergétique Iran-Venezuela qui a littéralement stoppée USA dans leur quête de faire une réapparition sur la scène vénézuélienne à l'effet de faire remplacer le pétrole et le gaz russe, ne compte pas en rester là, le ministre iranien allant au Nicaragua.
Lors d'une rencontre avec le président du Nicaragua, Daniel Ortega, le 7 mai, le ministre iranien du pétrole, Javad Owji, l'a remercié pour l'accueil chaleureux réservé à la délégation iranienne.
"Depuis l'établissement du 13e gouvernement iranien, deux délégations économiques et politiques de haut niveau se sont jusqu'à présent rendues au Nicaragua, un pays ami et frère, ce qui souligne notre volonté de développer nos relations avec ce pays", a déclaré Javad Owji, soulignant que la croissance des relations économiques irano-nicaraguayennes ne connaît pas de limites.
Lors de sa visite au Nicaragua, le ministre iranien du pétrole a promis au pays latino-américain de fournir du carburant, de participer à la recherche pétrolière et d'étudier la possibilité d'investir dans une raffinerie pour neutraliser les agressions et les sanctions américaines et européennes. "Nous ferons tout notre possible pour garantir la livraison de carburant au Nicaragua", a déclaré M. Owji.
Les deux gouvernements ont signé un accord pour le développement du commerce du pétrole et un contrat pour la fourniture de produits pétroliers pour un montant non spécifié.
Selon le ministre iranien, les projets incluent la possibilité d'investir dans une raffinerie dans le complexe industriel El Supremo Sueño à Bolívar qui pourrait se poursuivre avec "un investissement partagé entre l'Iran, le Nicaragua et le Venezuela." Le responsable iranien a également condamné les agressions et les sanctions auxquelles le Nicaragua est confronté de la part des États-Unis et de l'Union européenne. Est-ce un front énergétique anti US en Amérique latine?