Iran dans la Manche: Paris, inquiet?
Les données de suivi de navigation et l’imagerie satellitaire montrent que deux bâtiments iraniens naviguent actuellement dans la Manche et devraient se diriger vers la mer du Nord, puis vers la Baltique. Une première!
Au sommaire
1- Marine iranienne : l'axe Paris-Londres inquiet ?
En route vers la Russie, deux navires militaires iraniens ont été repérés dans la Manche pour la première fois.
En juin, deux bateaux iraniens, à savoir la frégate IRIS Sahand et l’IRINS Makran, un ancien pétrolier reconverti en navire polyvalent, ont été repérés alors qu’ils longeaient la côte orientale de l’Afrique, en direction du cap de Bonne Espérance qu’ils ont franchi pour naviguer dans l’océan Atlantique. Une première pour la marine iranienne.
Un tel mouvement ne manqua pas de soulever quelques interrogations sur leur mission, d’autant plus que, selon l’imagerie satellitaire, la présence de sept vedettes lance-missiles de type Peykaap II fut constatée sur le pont de l’IRINS Makran, qui est le navire le plus imposant de la marine iranienne, avec son déplacement de plus de 110.000 tonnes.
Aux États-Unis, plusieurs responsables, dont Lloyd Austin, le chef du Pentagone, laissèrent entendre que ces deux navires allaient traverser l’Atlantique pour livrer des armes au Venezuela.
« Si l’Iran tente de transférer des armes ou d’autres équipements illégaux, nous le tiendrons pour responsable, et ferons tout notre possible pour tenter de l’éviter avant même que cela se passe », avait d’ailleurs averti Ned Price, le porte-parole de la diplomatie américaine, sans toutefois discuter le droit à la marine iranienne d’envoyer des navires dans l’Atlantique, au nom de la liberté de navigation.
De son côté, jusqu’alors discret sur ses intentions, l’état-major iranien affirma que la mission de l’IRIS Sahand et de l’IRINS Makran visait à démontrer la capacité de la marine à naviguer dans « les mers défavorables et les conditions météorologiques difficiles de l’Atlantique » avant d'assurer qu’ils allaient longer la côte occidentale de l’Afrique. Restait alors à savoir s’ils emprunteraient le détroit de Gibraltar pour se rendre en Méditerranée, puis en Syrie. Ou s’ils poursuivraient leur route vers le golfe de Gascogne…
Pendant un moment, les deux navires iraniens se seraient attardés pendant au moins une semaine au large du Sénégal. C’est en effet ce qu’affirme USNI News, sur la foi des données du système d’identification automatique [AIS] fournies par le site MarineTraffic.com. « Les transmissions AIS ont parfois été intermittentes et ambiguës, mais les experts du renseignement en sources ouvertes ont été en mesure de garder une trace de leur parcours », écrit-il.
Mahdi Bakhtiari, de l’agence de presse Tasnim News a affirmé que l’amiral Hossein Khanzadi, le chef d’état-major de la marine iranienne, se rendrait à Saint-Pétersbourg, pour assister à la parade navale organisée à l’occasion du 325e anniversaire de la marine russe.
Effectivement, les données de suivi de navigation et l’imagerie satellitaire montrent que les deux bâtiments iraniens naviguent actuellement dans la Manche, après avoir été suivis par au moins un navire français, a priori la frégate Latouche-Tréville. Logiquement, ils devraient donc se diriger vers la mer du Nord, puis vers la Baltique. Ce qui sera, là encore, une première.
Cette parade navale aura lieu le 25 juillet. Elle réunira « 200 navires de guerre de différentes classes », dont trois sous-marins nucléaires [le K-266 Orel, appartenant à la classe Oscar II, le SNLE K-549 Knyaz Vladimir et le SNA K-157 Vepr], et la frégate pakistanaise PNS Zulfiqar.
Pour rappel, l’IRINS Makran a été mis en service en janvier 2021. Doté de capacités de guerre électronique, il est en mesure de mettre en œuvre des hélicoptères et des drones ainsi que des sous-marins de poche. En outre, il dispose d’un « ensemble d’armes et de missiles », comme les engins Qadir et Abu Mahdi, lesquels ont une portée allant de 300 à 1 000 km.
Avec Opex.360
2- Projet Pegasus : Emmanuel Macron ciblé par le Maroc
Une agence de renseignement marocaine s’est servie de l’outil d’espionnage israélien Pegasus pour viser en 2019 des téléphones d’Emmanuel Macron et d’Édouard Philippe ainsi que d’autres membres du gouvernement français de l’époque, révèlent Le Monde et Radio France. Il n’est pas encore établi si le portable du Président a en effet été infecté.
C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire Pegasus, le puissant logiciel israélien d’espionnage au service de plusieurs pays, dont le Maroc : en 2019, une agence de renseignement marocaine a ciblé l’un des téléphones utilisés par Emmanuel Macron. Qui plus est, le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, ainsi que 14 ministres français en exercice ont également été dans le viseur de Rabat.
Réagissant à la nouvelle dans un commentaire à France Inter, la présidence française a qualifié ces faits, « s’ils sont avérés », de « très graves ».
« Si ces faits sont avérés, ils sont très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations », a déclaré l'Élysée à la radio.
Il n’est pourtant pas clair de savoir si la mission que s’était donnée le Maroc a été accomplie et si le portable du chef de l’État français a en effet été infecté, le téléphone d’Emmanuel Macron dont le numéro a été ciblé par ce pays « ami » n’ayant pas encore été examiné par les experts, précisent les auteurs de l’enquête, cités par Franceinfo.
« Que le Maroc fournisse des explications » : François de Rugy, ministre de la Transition écologique de l’époque, dont le portable a essuyé plusieurs tentatives de piratage, réclame ce mardi sur France info une enquête « sous la houlette de la justice » ainsi que « des explications » de la part de Rabat.
« Je demande audience à l'ambassadeur du Maroc en France pour avoir des explications, que le Maroc fournisse des explications, bien sûr, à la France et au gouvernement français, mais à une personnalité comme moi qui était membre du gouvernement français lorsqu’il y a eu une tentative d’intrusion et de captation de données de mon téléphone portable ».
Dans le cadre de l’enquête journalistique, l’homme politique a accepté de confier son téléphone aux experts qui ont établi le fait de tentatives d’espionnage par le Maroc.
Manque de vigilance de la part du Président? Alors que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ou la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) recommandent au dirigeant français de se servir de la ligne ultrasécurisée des téléphones Teorem ou Cryptosmart, afin de communiquer avec ses proches ou des journalistes, Emmanuel Macron utilise plutôt des applications de messagerie comme Telegram, explique Franceinfo.
En attaquant la France par le biais de Maroc, Israël a fait d’une pierre deux coups. Selon une dépêche relayée par Agence Anadolu, hier 21 juillet, les relations Maroc Israël sont au beau fixe.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, a annoncé qu'il se rendrait bientôt au Maroc, et que le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, effectuerait ultérieurement une visite en Israël.
« Le week-end dernier, j'ai convenu avec le ministre des Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, de la première visite officielle d'un ministre des Affaires étrangères israélien au Maroc, dans le cadre du rétablissement de relations diplomatiques complètes », a écrit Lapid, lundi, sur Twitter.
Et d'ajouter : « Cette visite intervient après la reprise des liaisons aériennes directes avec le Maroc à la fin de ce mois. Il s'agit d'un événement historique. Je tiens à remercier le roi du Maroc, Mohammed VI, pour son soutien à cette visite et au renouvellement de nos relations. »
« Cette visite marquera ainsi le point de départ d'accords sur le tourisme, le commerce et sur une coopération économique et politique globale entre les deux pays », a précisé Lapid.
« Après ma visite au Maroc, le ministre Bourita se rendra en Israël pour y ouvrir un bureau de représentation », a conclu Lapid.
Le gouvernement marocain n'a pas fait de commentaire immédiat et aucune déclaration n'a pu être obtenue à ce propos de la part des autorités marocaines.
À la fin de l'année dernière, le Maroc et Israël ont annoncé la reprise des relations entre les deux pays, après leur rupture en 2000.
Les premières révélations du projet Pegasus, l’importante enquête menée par l’organisation française Forbidden Stories et l’ONG Amnesty International, parues le 18 juillet, ont déjà fait état de l’espionnage de « plusieurs milliers de numéros téléphoniques français », dont la majorité pour le compte du Maroc. Ainsi, l’enquête informe que Rabat a notamment ciblé une trentaine de journalistes et de patron de médias français. En réaction, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé le 19 juillet des faits « extrêmement choquants ». Le royaume chérifien, quant à lui, rejette catégoriquement ces accusations les qualifiant de « mensongères ».
Source : AFP
3- Le Yuan digital fait un tabac
La Chine prend de l’avance avec son yuan digital et veut l’internationaliser. Un panneau signale la possibilité de payer en e-CNY aussi appelé yuan numérique, dans un centre commercial à Shanghai, en Chine, le 5 mai 2021.
La banque centrale chinoise annonce que des transactions pour l’équivalent de 4,5 milliards d’euros dollars ont déjà été réalisées via sa monnaie digitale. Elle réfléchit aussi à des paiements transfrontaliers.
Dans un communiqué d’une quinzaine de pages publié le 16 juillet sur son site, la Banque populaire de Chine (PBOC) annonce que, depuis sa mise en circulation en phase de test fin 2019, sa monnaie digitale, le e-CNY – le plus souvent appelée « yuan digital » –, a été utilisée dans près de 71 millions de transactions, pour une valeur totale de 34,5 milliards de yuans (4,5 milliards d’euros).
Elle est d’ores et déjà présente dans les portefeuilles digitaux de plus de 20 millions de particuliers et de 3,5 millions d’entreprises.
A titre de comparaison, la Banque centrale européenne (BCE) n’a annoncé que le 14 juillet le lancement d’une phase d’étude et de conception pour un euro digital.
Cette phase d’étude, qui doit durer deux ans, ne devrait pas aboutir à des tests grandeur réelle avant 2025.
En Chine, la phase d’étude correspondante remonte à la fin 2017, tandis que les premières études sur une monnaie numérique chinoise contrôlée par la PBOC datent de 2014.
Le e-CNY est une monnaie officielle, garantie par l'Etat, émise exclusivement par la Banque populaire de Chine et qui a la même valeur que les espèces.
Tout comme le projet d’euro digital, le e-CNY est appelé à coexister avec les espèces.
Mais en Chine, sous l’impulsion de géants des technologies financières comme le leader Alipay, les paiements électroniques du quotidien ont connu un développement exceptionnel : dès 2019, selon une étude réalisée par la POBC et mentionnée dans son communiqué, 66% des transactions et 59% de leur valeur totale étaient déjà réalisées via des applications sur téléphone mobile, contre 23 et 16% pour les espèces et 7 et 23% avec des cartes de paiement.
Les tests ont commencé dans les grands centres urbains de Shenzhen, Suzhou, Xiong'an, Chengdu et sur les futurs sites des Jeux olympiques d'hiver de 2022.
Ils ont ensuite été progressivement étendus à six villes et provinces supplémentaires, incluant Shanghai, Hainan, Changsha, Xi'an, Qingdao et Dalian.
Le e-CNY est appelé à être utilisé par toutes les banques commerciales ou institutions financières et opérateurs de paiement remplissant un cahier des charges technique et légal.
Sans compte bancaire et accessible aux étrangers Selon la banque centrale chinoise, la mise en place du e-CNY répond à trois objectifs.
Le premier est de diversifier les formes d'argent offertes au public, de satisfaire la demande du public en monnaie numérique et de renforcer « l’inclusion » en fournissant des moyens de paiement, via des portefeuilles numériques, à des personnes qui ne disposent pas de compte bancaire.
La banque précise dans son communiqué que ce dernier point est valable pour des non-résidents se rendant en Chine de façon temporaire et ne disposant pas de compte bancaire dans le pays. Le second objectif est, selon les termes de la PBOC, de « soutenir une concurrence loyale, l'efficacité et la sécurité des paiements pour le commerce de détail ».
Sous ce libellé sibyllin se cache la volonté de ne pas laisser le contrôle des paiements numériques aux seuls opérateurs privés chinois.
Enfin, le troisième objectif est de faire écho aux différentes initiatives internationales et d'explorer la possibilité d’utiliser le e-CNY pour des paiements transfrontaliers.
Pour le moment, le yuan digital est limité à des paiements nationaux et son éventuelle utilisation par-delà les frontières chinoises dépend de nombreux facteurs liés à la convertibilité du yuan.
Mais fin mars dernier, lors d’un séminaire de la Banque des règlements internationaux – qui rassemble dans son capital les 60 principales banques centrales – Mu Changchun, directeur général de l'institut de monnaie numérique de la PBOC, a fait des propositions afin de commencer à bâtir une architecture mondiale et des réglementations pour les monnaies digitales émises par les banques centrales.
Il en avait profité pour proposer à ses collègues de réfléchir à la mise en place d’une « plateforme de change évolutive gérée par DLT [distributed ledger technology, nom générique en anglais des technologies de type "blockchain"] ou d’autres ».
La PBOC a en outre initié un projet d'étude de la question avec une unité de la Banque des règlements internationaux, ainsi que les Emirats arabes unis, la Thaïlande et l'autorité monétaire de Hong Kong. Dans son communiqué, la PBOC déclare qu’elle « répondra activement aux initiatives du G20 et [… que] sous réserve du respect mutuel de la souveraineté et de la conformité monétaires, [elle] explorera des programmes pilotes de paiement transfrontalier et travaillera avec les banques centrales et les autorités monétaires compétentes pour mettre en place des accords d'échange et des mécanismes de coopération réglementaire ».
Source : Réseau international
4- Nord Stream 2 : Berlin jette l'éponge
Que faut-il attendre d’un accord entre Berlin et Washington sur Nord Stream 2 ?
A la question répond Sputnik : Nord Stream 2 était l’un des sujets de discussion entre Joe Biden et Angela Merkel lors de la visite de cette dernière aux États-Unis. Alors qu’il n’est pas encore signé officiellement, certains médias ont déjà évoqué un projet d’accord sur Nord Stream 2 que les deux pays s’apprêteraient à conclure.
Suite à la visite d’Angela Merkel aux États-Unis la semaine dernière, les deux pays se sont rapprochés d'un accord qui éviterait la reprise des sanctions américaines contre l'opérateur du gazoduc Nord Stream 2 et son directeur exécutif principal, relate Reuters, explique le média russe.
À l'issue de négociations avec le Président états-unien, la chancelière allemande a notamment indiqué le 12 juillet qu’ils avaient discuté de Nord Stream 2 dans le contexte des relations avec la Russie et l'Ukraine, et que les positions de Berlin et Washington sur ce projet variaient. Elle a ajouté que l'Ukraine devait rester un pays de transit pour le gaz russe et que le gazoduc en construction ne remplacerait pas le transit ukrainien.
« Nous les prenons au sérieux et ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu'il soit très clair que Nord Stream 2 ne se substitue pas aux livraisons de transit promises », a-t-elle lancé face aux journalistes.
Pour rappel, en décembre 2019, l'Ukraine et la Russie avaient conclu un contrat sur le transit du gaz qui court jusqu'à fin 2024.
Et qu’en est-il des sanctions contre la Russie? Les États-Unis et l'Allemagne sont proches d'un accord sur Nord Stream 2, informe aussi l’agence Bloomberg qui indique avoir pu consulter le brouillon du document. Il prévoit des sanctions et d'autres mesures de riposte si la Russie tente d'utiliser l'énergie comme arme contre l'Ukraine.
Dans ce cas de figure, l'Allemagne prendrait elle-même des restrictions tout en insistant pour que des mesures soient prises au niveau européen, y compris des sanctions visant à limiter les exportations des ressources énergétiques de la Russie, détaille Bloomberg.
En outre, en vertu du projet d'accord, les États-Unis et l'Allemagne chercheraient à promouvoir des investissements allant jusqu'à un milliard de dollars dans un soi-disant Fonds vert pour aider l'Ukraine à passer à des sources d'énergie plus propres. Berlin s'engagerait à investir 175 millions de dollars dans le Fonds, indique le texte. Qui plus est, l'Allemagne nommera également un envoyé spécial doté de 70 millions de dollars pour maintenir des projets énergétiques bilatéraux avec l'Ukraine.
De leur côté, les USA commentent un accord éventuel : Le département d'État américain va bientôt se prononcer sur un accord entre les États-Unis et l'Allemagne pour résoudre les divergences sur le projet Nord Stream 2, a déclaré plus tard ce mardi la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki.
Elle a souligné que l'administration américaine continuait de s'inquiéter d’éventuelles conséquences de ce projet sur la sécurité énergétique des partenaires européens, en particulier de l'Ukraine. Elle s’est toutefois gardée de préciser si les États-Unis étaient prêts à annoncer de nouvelles sanctions.
Un parlementaire allemand partage sa vision : D’après Waldemar Herdt, membre de la commission des affaires étrangères du Bundestag, les conditions du compromis avec les États-Unis sur Nord Stream 2 pourraient comprendre l'achat de gaz naturel liquéfié (GNL) américain, mais les intérêts de Berlin ne seraient pas pris en compte.
« Les accords concernant Nord Stream avec les États-Unis pourraient être conclus sur la base de compromis. Ils peuvent, par exemple, prévoir l'achat par l'Allemagne de GNL américain dans une certaine quantité, d'un autre côté, avec notre panier énergétique, nous en avons besoin aussi, bien que cela soit coûteux par rapport au gaz russe », a souligné le parlementaire à Sputnik.
Le gazoduc Nord Stream 2 relie la Russie à l'Allemagne via la mer Baltique sans passer par l'Ukraine, menaçant de priver ce pays d'une partie des revenus perçus sur le transit, mais aussi d'un moyen de pression sur Moscou. Soutenu par Berlin, le projet est très critiqué par Washington et par certains pays d’Europe de l'est.
Source : Sputnik
5- Russie : la « 5e colonne » liquidée
Vendredi 16 juillet, le président Vladimir Poutine a approuvé un plan général visant à « nettoyer » les structures de pouvoir de la Russie des « éléments déloyaux et hostiles ». Le plan a été développé sous la direction de Nikolay Patrushev, ancien directeur du FSB et actuel secrétaire du Conseil national de Sécurité.
Ce plan a été nommé « Только свои » (« Seulement les siens », à comprendre comme « seulement les nôtres »). Selon le document, il y a dans les structures de pouvoir de la Russie, jusqu’à 15% d’éléments hostiles à la direction actuelle du pays et favorables à un rapprochement avec les pays occidentaux. Ce que l’on appelle communément ici « la 5ème colonne ». Selon les auteurs du plan, ces 15% sont potentiellement prêts à aider « des forces hostiles dont le but est de détruire le pays ».
Ce plan entrera en vigueur le 1er octobre 2021 et se poursuivra en principe jusqu’à la fin de février 2022. Un rapport sera remis au président le premier jour de chaque mois, Le FSB est chargé de l’organisation et de la mise en œuvre. Des commissions seront formées d’ici le 1er octobre pour organiser le développement pratique des opérations.
Le 1er août 2021 commencera un processus préliminaire qui vise à définir précisément selon quels critères les « éléments hostiles » seront déterminés, à définir les méthodes employées pour les identifier, et à définir les mesures organisationnelles et opérationnelles. Les « éléments hostiles » identifiés feront l’objet de sanctions allant du licenciement à des poursuites pénales, sans préjudice d’autres mesures qui pourraient être prises si la situation l’exige.
Il y a actuellement un statu-quo entre les diverses factions au sein du pouvoir : « Conservateurs » patriotes d’un côté, « libéraux » rêvant de l’alignement de la Russie aux mondialistes, de l’autre. Ce plan vise clairement à mettre un point final à ce statu-quo en éliminant les seconds actuellement membres du gouvernement et des divers services fédéraux, quels qu’ils soient. Il s’inscrit dans la perspective du « grand transit », expression désignant le départ de Vladimir Poutine du Kremlin. On ne peut que souhaiter sa pleine et entière réussite afin qu’enfin les traitres soient éliminés du système politique russe. La seule chose que l’on peut regretter est que cette opération ne soit pas venue plus tôt, au vu des dégâts commis par cette « 5ème colonne » depuis des années.
Source : reseauinternational.net par Nikolay Patrushev