La Russie a-t-elle peur des drones turcs ?
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La Russie a perdu trois guerres contre la Turquie en 2020. Cela ne pourrait pas pourtant expliquer la faiblesse militaire de la Russie contre la Turquie.
(last modified 2021-10-12T20:21:53+00:00 )
Oct 11, 2021 20:13 UTC
  • La Russie a-t-elle peur des drones turcs ?

La Russie a perdu trois guerres contre la Turquie en 2020. Cela ne pourrait pas pourtant expliquer la faiblesse militaire de la Russie contre la Turquie.

Récemment, un analyste russe a prétendu que si la Russie souhaitait une solution diplomatique au conflit du Nagorno-Karabakh, c’est parce qu'elle était militairement faible contre la Turquie.

Alexander Jelnin fait référence à trois confrontations majeures en 2020 au cours desquelles la Turquie et la Russie se sont affrontées, indiquant que la Turquie était gagnante des trois conflits : affrontements à Idlib (en Syrie), en Libye, en République d'Azerbaïdjan et en Arménie.

Il estime que le président russe Vladimir Poutine craint la puissance militaire de la Turquie et le courage de son homologue turc dans les conflits militaires.

Les analystes du Bloomlange Research Group à Ankara estiment que Jelnin a cependant ignoré un point clé : « L'armée turque peut entrer directement dans les zones de conflit et utiliser ses forces par procuration, mais l'armée russe est incapable d'intervenir directement et ouvertement (sauf dans des cas exceptionnels) en raison des pressions internationales sur Moscou.

C'est pourquoi on voit l'armée turque avec ses équipements militaires et ses systèmes de défense à Tripoli, Idlib et le Haut-Karabakh. La Russie ne se contente que de voir  ses alliés essayer de tenir tête à la « machine de guerre préparée et testée » de la Turquie.

« Cela ne signifie pas cependant que la Russie est militairement plus faible que la Turquie. Moscou ne prend guère au sérieux la menace des drones turcs », a déclaré Tom Ronnkvist, chercheur au geopolitical intelligence platform (Sttratfor).

Bien que les drones turcs aient quelque peu perturbé l'équilibre du conflit d'Idlib début 2020, la Russie préfère aider depuis sa base en Méditerranée Est le président syrien Bachar Assad à reprendre le contrôle d'Idlib. Il s’agit d’un objectif modéré pour la Russie.

« Mais si le conflit devient plus sérieux, par exemple, si la vie des troupes russes cantonnées en Syrie est en danger, l’armée russe pourra gérer la question des drones turcs et ils ne pourront plus survoler Idlib », signale Ronnkvist.

L'une des raisons du succès des drones turcs dans ces trois guerres est leur capacité à résister à l'ancien système de défense aérienne utilisé par les alliés de la Russie. Ces systèmes sont souvent semi-automatisés et on peut dire qu'ils sont inefficaces par rapport aux nouvelles armes.

Des drones turcs ont réussi à détruire le système de défense antimissile russe Pantsir-S1 en Libye. Mais le système de défense antimissile à longue portée S-300 utilisé dans la guerre du Haut-Karabakh a été principalement endommagé par des drones suicides israéliens, et non par des drones turcs.

C'est un fait que les systèmes de défense aérienne russes ne peuvent pas utiliser leurs missiles coûteux pour détruire un objet sans valeur  qui peut voler à basse altitude et dont la probabilité d'erreur est élevée. Mais cela ne signifie pas que la Russie a fermé les yeux sur les frappes de drones turcs.

Dans un conflit réel où les diverses couches de défense aérienne sont actives, les drones ne peuvent que lancer des attaques limitées et conduire à de petites victoires tactiques.