Ankara cherche à occuper le nord de la Syrie
Le ministère syrien des Affaires étrangères a réagi aux propos du président turc sur la création d'une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie, la qualifiant de « ridicule » et de « jeu turc ».
Vendredi après-midi, le ministère syrien des Affaires étrangères a publié un communiqué très critique en réponse aux récents propos du président turc, Recep Tayyip Erdogan, concernant la création d’une « zone-tampon » dans le nord de la Syrie.
« Les remarques absurdes du président turc sur la création d'une zone de sécurité dans le nord de la Syrie font partie des jeux hostiles du régime turc contre la Syrie et son intégrité territoriale. Le chantage vicieux que le régime turc a fait et continue de faire, montre qu'il n'a pas la moindre logique politique et morale pour faire face à la crise syrienne, parce que le régime d’Ankara a toujours été lui-même une partie du problème et il cherche encore à dépecer notre pays ; c'est un plan qui ne se conforme qu'aux desseins d'Israël, des États-Unis et de l'Occident », a-t-il déclaré.
« Le but de la création d'une telle zone n'est pas du tout de protéger les régions frontalières entre la Syrie et la Turquie, mais de coloniser et d’établir un foyer de crise laissant le champ libre aux terroristes. Le gouvernement de la République arabe syrienne rejette absolument un tel dessein et appelle tous les pays qui financent et soutiennent de telles stratégies, à cesser immédiatement de soutenir le régime turc », a souligné le ministère syrien des Affaires étrangères avant d’appeler aussi la communauté internationale à ne pas entrer en pourparlers avec le président turc sur le démembrement de la Syrie qui mettrait en péril la sécurité, la paix et la stabilité de la région et du monde.
Damas se dit prêt à employer tous les moyens légitimes pour faire face à cette nouvelle conspiration d’Ankara afin de défendre son peuple et son intégrité territoriale.
Depuis une vaste offensive turque en Syrie en octobre 2019, le gouvernement d’Ankara essaye de justifier ses actions dans les zones frontalières avec la Syrie qui vont à l’encontre des résolutions onusiennes.
Le ministère turc de la Défense a annoncé le 13 mai qu'un soldat turc a succombé à ses blessures subies suite à une attaque au mortier dans le nord de la Syrie.
L'attaque a été attribuée à l'armée syrienne. Il s'agirait d'une réponse à deux attaques antérieures des terroristes soutenus par la Turquie dans la banlieue ouest et nord d'Alep qui ont fait onze morts et dix blessés.
Lors de la première attaque visant l’armée régulière syrienne, soutenue par la Turquie, un bus des Forces de défense nationale syriennes (FDN) a été abattu près de la ville d'Anjara, dans la banlieue occidentale d'Alep, avec un missile guidé antichar. Dix militaires syriens ont été tués et neuf autres blessés.
Plus tard, les Takfiristes ont bombardé les funérailles des combattants des FDN qui se déroulaient dans un cimetière près des villes chiites de Nubl et al-Zahraa dans la banlieue nord d'Alep. Un enfant a été tué, tandis qu'un autre a été blessé.
L'attaque au mortier n'était pas la seule réponse aux provocations meurtrières des terroristes soutenus par la Turquie. Les avions de combat des forces aérospatiales russes ont également mené deux frappes aériennes sur les positions des terroristes pro-turcs dans la banlieue nord et ouest d'Alep les 13 et 14 mai.
L'armée turque et ses mandataires ont récemment intensifié leurs attaques contre les forces gouvernementales syriennes et les forces kurdes dans le nord et le nord-est de la Syrie.
Toutes ces attaques visent à faire pression sur Damas pour qu'il retire ses troupes des zones tenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes. Ainsi, la porte serait grande ouverte à la Turquie et ses mandataires.