Les Kurdes vont être armés en dépit d'Ankara
La Turquie d'Erdogan va de revers en revers. À la veille d'une tournée qui devra le conduire aux États-Unis, le président turc fait face à des révélations assez embarrassantes sur la teneur des récents entretiens entre le Premier ministre turc, Binali Yildrim et le secrétaire à la Défense James Mattis.
Selon le journal turc Daily Sabah, le général américain James Mattis aurait très clairement affirmé au Premier ministre turc que la question d'armer "les Kurdes de Syrie " relevait non pas d'un "choix" mais d'une "obligation" pour Washington.
Le Premier ministre turc aurait par la suite précisé au général américain les risques qu'il y aurait de voir "des armements lourds des Kurdes de Syrie tomber entre les mains du PKK". L'argument n'aurait visiblement pas convaincu Mattis qui selon le journal turc "a envoyé le PM balader" : " Les États-Unis mettront sur place des systèmes de détection chargés de repérer tout trafic d'arme inter-kurdes", aurait dit le général.
Le Pentagone continue d'armer les membres du YPG ( Unités de protection du peuple kurde) et de l'Union démocratique d'armements lourds : chars, blindés, missiles, unités d'artillerie et ce, en dépit de vives protestations d'Ankara qui y voit le préalable à la formation d'une " Armée kurde". Le 10 mai, le président américain, Donald Trump a approuvé le projet de loi qui autorise la poursuite de l'envoi d'armes et de munitions aux Kurdes. Pour de nombreux commentateurs, cette décision représente une "gifle infligée à Erdogan" .