Syrie: pari gagné de la Russie
Dans une analyse, la chaîne d’information al-Mayadeen s’est penchée sur la rivalité régionale entre la Russie et les États-Unis et s’est posée la question suivante : Est-ce que la Russie a-t-elle réellement retiré ses troupes de Syrie ou pas ? La rivalité russo-américaine pour une présence plus forte dans la région se poursuivra encore pendant longtemps.
La prévision d’un retrait direct des troupes de deux grandes puissances, la Russie et les États-Unis, de la région, s’avère difficile pour les deux pays , cependant le point qui mérite réflexion est de savoir quelles seront leurs politiques respectives pour préserver leurs intérêts dans la région, eu égard aux changements régionaux et internationaux.
La chaîne libanaise ajoute que les observateurs sont tous unanimes pour dire que cela fait plus d’un an que Washington s’est retiré de la scène syrienne au profit de Moscou. La Russie, en coopération avec l’Iran et la Turquie, a su imposer une nouvelle réalité au Moyen-Orient, une réalité contraire à ce qu’exigeaient les pays occidentaux.
Ceci a eu des effets directs sur le succès de la stratégie russe en Syrie en comparaison avec le plan américain pour ce pays.
Mais pourquoi Moscou a-t-il gagné?
La Russie s’est opposée au plan de démembrement de la Syrie tout en essayant d'éteindre le feu des affrontements d’ordre ethnique et tribal. La Russie craignait en effet pour sa propre diversité ethnique.L’absence de la Russie dans une Syrie en proie à la guerre aurait pu amoindrir son poids international.
Dans aucun nouveau conflit régional, la Russie ne prêche la guerre, elle appelle toujours à l’apaisement et propose des solutions politiques pour une sortie de crise. Elle poursuit la même politique envers les agressions israéliennes contre la Syrie ou encore entre les Turcs et les Kurdes.
À vrai dire, la position de la Russie face au terrorisme est totalement différente de celle des États-Unis et en Syrie, cette différence a atteint son apogée.
« Les États-Unis ont beaucoup tenté de fermer les yeux sur les activités des groupes terroristes et de les laisser mener diverses opérations contre l’armée syrienne et ses alliés, dans le but de gérer les batailles et de préserver le statut des groupes armés. Ceci a été d'ailleurs le premier objectif de Washington dans le conflit syrien qui voulait couper court à « l’influence iranienne au Moyen-Orient ». La Russie, elle, n'a jamais cherché à contrer l'Iran. Elle a agi d'abord pour sa propre sécurité », a écrit al-Mayadeen.
D’après la chaîne libanaise, la rivalité entre les États-Unis et la Russie au Moyen-Orient se poursuivra encore, mais cette rivalité portera sur les équipements et les mécanismes politiques ; ou peut-être elle se poursuivra sur le plan sécuritaire, d’autant plus que les USA veulent que leur présence militaire soit maintenue tout en soutenant leurs alliés kurdes.
Quant à la Russie, il n'y pas réellement de retrait mais « un redéploiement des forces russes en Syrie ». Si la Russie n’était pas entrée dans cette guerre, elle aurait dû payer un lourd tribut à court terme pour avoir abandonné la Syrie. Mais désormais, la présence russe en Syrie sera d’ordre politique et diplomatique et elle survivra dans le cadre d’innombrables accords de coopération avec le gouvernement syrien. Surtout que la Russie n’est pas l’ennemi des Kurdes que les États-Unis semblent avoir lâché pour de bon.