Syrie: le coup d'Israël qui a fait flop
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Un F16 israélien s\'écrase le 10 février après l\'attaque sous le feu de la DCA syrienne. ©RFJ
Le coup qu'Israël croyait être "fatal" s’est avéré un méga fiasco : le bombardement du supposé réacteur nucléaire d’Al-Kibar, à Deir ez-Zor il y a 11 ans, n'a fait peur à personne, si ce n'est au Corps du renseignement d’Israël qui s’est vu, ahuri, la cible favorite des opérations d’espionnages des membres du gouvernement israélien.
Pour le reste, le monde entier s'est moqué d'un Israël qui se vante de ses exploits passés, signe que l'actualité n'a plus rien à lui offrir pour qu’il puisse en tirer gloire.
Mais pourquoi cette révélation?
Raï al-Youm revient sur le sujet dans l'un de ses derniers articles et y apporte les éléments d’une réponse : la « révélation » faite par les médias israéliens au sujet du bombardement du site » Al-Kibar » a eu lieu au moment où les menaces US contre l'accord nucléaire signé avec l'Iran se font pressantes. Au cours de sa dernière visite à Washington, le PM israélien aurait promis à ses hôtes américains d'intensifier sa « campagne d'intimidation anti-iranienne » en prévision d'un retrait américain de l'accord au mois de mai, lequel retrait pourrait provoquer par ricochet un retrait de l'Iran. Il s'agit donc en premier lieu de faire peur aux Iraniens pour qu'ils ne quittent pas le PGAC et qu'ils finissent par se soumettre aux conditions cette fois balistiques que dictent les États-Unis par Europe interposée, affirme Raï al-Youm qui évoque au même titre un troisième objectif d'Israël d'avoir revendiqué le bombardement du sol syrien en 2007 :
« Depuis l'abattage du F-16 israélien par la DCA syrienne le 10 février, Israël n'a pas osé bombarder le territoire syrien. Les Israéliens ont compris que ni la Russie et ni Damas ne plaisantent pas et que tout nouveau raid israélien pourrait activer un vaste réseau défense antiaérienne qui bien que date de l'époque soviétique, pourrait bien avoir raison des fleurons de l'industrie militaire américaine, tels que le F-16.
Mais les événements de la Ghouta ne sont pas non plus étrangères à ce coup médiatique raté de Tel-Aviv : l'effondrement imprévu des groupes terroristes soutenus par Israël dans la Ghouta orientale n'augure rien de bon pour Israël qui voit l'armée syrienne et le Hezbollah s'approcher de Deraa, et de ses frontières. À chaque élan de l'armée syrienne, il y a d'ailleurs une réaction identique de la part de Tel-Aviv et de ses alliés du golfe Persique. Ils ont cherché à accuser Damas d'attaque chimique mais la mayonnaise n'a pas pris ».
Pourquoi Israël a-t-il raté son coup ?
Mais le scénario concocté par Tel-Aviv souffrait de plusieurs graves défaillances sur quoi revient le journal :
«Il y a une incohérence dans l'étude qui a été publiée révélant la découverte d'un réacteur nucléaire en Syrie. Ces déclarations ne peuvent même pas convaincre un enfant. Donc toutes ces histoires héroïques que les Israéliens essayent d'inventer ont pour l'unique objectif de rétablir un peu de l'équilibre rompu dans les règles du jeu du conflit, en particulier après l'effritement complet du projet terroriste qui a visé la Syrie», a conclu Hassan Ahmed Hassan.
Il y a une incohérence dans l'étude publiée par la presse israélienne, révélant la découverte d'un réacteur nucléaire en Syrie. Celle-ci a fait savoir que les services de renseignement israéliens avaient mis en évidence l'existence de cette installation à quelques semaines seulement de sa mise en marche. Ce qu'a donc bombardé Tel-Aviv en 2007, n’était en réalité qu’un chantier en construction au stade de balbutiement ! l'histoire héroïque qu’invente Tel-Aviv sur les ruines de son prestige de « première force aérienne du Moyen-Orient » ne peut impressionner personne et encore moins les Iraniens dont les sites nucléaires se trouvent bien enfouis en sous-sol et par conséquent, inaccessibles et dont les alliés encerclent désormais Israël... »