La Turquie frappe Deir ez-Zor
Le président turc a tenu sa promesse. Des attaques ont été menées par ses militaires contre les positions des Unités de protection du peuple sur la rive orientale de l’Euphrate en Syrie. Cette nouvelle intervention s’explique dans le cadre d’un accord « implicite » USA/Turquie, après la libération par Ankara du pasteur-agent américain Andrew Brunson. La Turquie est donc autorisée à viser les Kurdes soutenus par les États-Unis…
Les forces de l’armée turque ont visé, dimanche 28 octobre, les positions des Unités de protection du peuple (YPG) sur la rive orientale de l’Euphrate en Syrie.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tiré la sonnette d’alarme, le vendredi 26 octobre, avertissant que l’armée turque allait déloger « les terroristes de l’est de l’Euphrate et qu’elle rendrait cette région à ses principaux propriétaires ».
La rive orientale de l’Euphrate, en Syrie, est sous le contrôle des YPG, soutenues par les États-Unis, qu’Ankara considère comme étant une organisation terroriste.
Erdogan a déclaré que les Unités de protection du peuple (YPG) n’avaient pas encore quitté Manbij et que la Turquie allait entreprendre des mesures nécessaires pour les déloger.
La Turquie a lancé, en janvier 2018, une opération militaire dite « Rameau d’olivier » à Afrin, avec comme objectif de déloger les miliciens YPG des frontières turco-syriennes. En mars 2018, la Turquie a annoncé le contrôle total d’Afrin.
Et c’est pour une deuxième fois que le président turc avance un tel prétexte pour mener de nouvelles attaques contre le territoire syrien, en violation flagrante de la souveraineté et l’intégrité territoriale syrienne.
Cette nouvelle intervention militaire turque s’explique dans le cadre d’un accord «implicite » USA/Turquie, après la libération par Ankara du pasteur-agent américain Andrew Brunson, qui a d’ailleurs été décidé, selon certaines sources bien informées, par Washington.
En effet, la Turquie est, désormais, autorisée à viser les Kurdes, supplétifs des États-Unis sur la rive est de l’Euphrate et qui servent d’alibi à la Turquie, membre actif de l’OTAN, pour conquérir de plus vastes régions syriennes.
« Les États-Unis œuvrent pour que la situation reste tendue sur la rive orientale de l’Euphrate. Ils cherchent à y mettre en place un pseudo-État. Ils y créent des organes de pouvoir alternatifs aux organes syriens et œuvrent activement pour le retour des déplacés », l’a déjà averti le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
Attaques de Daech sur les positions des FDS
Le reporter d’Al-Mayadeen a annoncé que les terroristes de Daech ont enlevé une centaine d'éléments des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui sont soutenues par les États-Unis.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme, vitrine médiatique de l’opposition pro-occidentale, a annoncé que le groupe terroriste Daech a fini, au terme d’une opération d’envergure menée depuis vendredi jusqu’à dimanche matin, par prendre aux FDS toutes les régions à Hajin que ces dernières avaient investies, à l’aide des troupes américaines, au cours de leur avancée à Deir ez-Zor, province orientale syrienne. Parmi les villes importantes réinvesties par Daech sont Baghouz et al-Sousa.
Les Américains tentent, par FDS et Daech interposés, d’acculer la ligne de front de l’armée syrienne et de ses alliés sur la rive est de l’Euphrate et de s’emparer des principales régions pétrolifères de l’est de la Syrie.
Les résidus de Daech servent, tout autant que les FDS, le projet américain sur la rive est de l’Euphrate, ils ont en fait abandonné leurs positions au bénéfice des miliciens kurdes.
La source au sein de l’OSDH a précisé que 68 forces démocratiques syriennes avaient été tuées par les daechistes qui, eux, avaient perdu 24 de leurs hommes. L’un des commandants des FDS, qui a requis l’anonymat, a fait part de l’envoi des renforts dans la région.