Base US à al-Tanf : les "rats" tremblent
L’armée syrienne veut en finir avec les terroristes qui sont déployés dans la base d’al-Tanf. Avec ou sans le retrait des troupes américaines de Syrie, les terroristes doivent régulariser leur situation avec Damas ou être transférés à Idlib.
Avec un retrait des militaires américains de Syrie, les terroristes, déployés dans la base d’al-Tanf, dans le triangle stratégique entre la Syrie, l’Irak et la Jordanie, seront obligés, soit d’éclaircir leur situation avec Damas ou d’accepter leur transfert à Idlib, a souligné un responsable militaire syrien.
Le site web d’information libanais Al-Ahed a repris les propos de ce responsable militaire syrien pour rédiger une analyse intitulée: « Quel sort sera réservé aux hommes armés qui se trouvent dans la base US d’al-Tanf ? »
« L’annonce par le président américain Donald Trump de retirer ses troupes de Syrie a suscité de nombreuses questions, aussi bien au niveau politique que militaire, dans la mesure où sa décision s’avère être un tournant décisif dans les évolutions en Syrie, en faveur de Damas et de ses alliés », a écrit l’analyste d’Al-Ahed, pour lequel l’une des plus importantes questions concerne le sort qui sera réservé aux groupes terroristes qui sont, actuellement, déployés dans la base des États-Unis à al-Tanf.
« Après le déploiement des forces américaines dans la base d’al-Tanf, à la frontière syro-irakienne, les terroristes ont eu accès à une zone sécurisée dite « kilomètre 55 ». Là des dizaines de groupes terroristes, dont Daech, menaient, aisément, leurs activités. C’est en fait à partir de cette même base que les daechistes attaquaient les positions de l’armée syrienne dans les villages de Homs, de Deir ez-Zor voire dans le Rif de Soueïda. Les États-Unis soutenaient, en même temps, d’autres groupes armés terroristes dont Jaysh Maghawir al-Thawra (MaT) et les forces d’Ahmed al-Abed, en leur accordant entre autres des formations militaires, au sein de cette base. »
L’analyste se réfère ensuite à un responsable militaire syrien qui a informé le journaliste d’Al-Ahed, au sujet de la zone « kilomètre 55 » : « Les forces de l’armée syrienne ont décidé de prendre aussitôt le contrôle de la base d’al-Tanf une fois les troupes US retirées. »
« Les groupes terroristes, opérant dans cette zone, seront obligés, après le retrait des forces US, de se rendre à l’armée puisqu’ils perdront, ainsi, leur soutien stratégique. Bien sûr, il y a encore des résignations. Certains commandants de Jaysh Maghawir al-Thawra refusent toujours tout changement de statut. Il faut le dire, le calme règne pour le moment dans la région d’al-Tanf. Les forces de l’armée syrienne n’attendent pas un retrait des forces américaines ou britanniques de la zone. La décision a été prise. Avec ou sans le retrait des troupes étrangères, l’armée syrienne prévoit d’en finir avec les terroristes. La décision des éléments de Daech, de MaT ou d’autres groupes, de déposer les armes ou d’être transférés au nord de la Syrie, sera examinée par l’armée syrienne », a précisé le responsable militaire cité par Al-Ahed.
À al-Tanf, les États-Unis disposent de près de 2.000 soldats américains, déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales. À cela s’ajoute un contingent composé de 164.000 terroristes, toute nationalité confondue qui sont répartis au milieu des réfugiés du camp al-Rukban. Ces réfugiés servent de bouclier humain aux terroristes et à leurs commanditaires occidentaux. Les Américains vont-ils démanteler cette base ? Rien n’est moins sûr.
Quoi qu’il en soit, la décision du président américain a, vivement, inquiété Israël. Les analystes israéliens estiment que la décision de Trump avait donné un coup cuisant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui avait tant compté sur le soutien de Washington. Il est vrai qu’Israël qui craint la présence imposante de l’axe de la Résistance en Syrie, tout près de ses frontières, avait misé sur l’aide de son allié américain pour le protéger face aux éventuelles attaques de la Résistance. Mais l’annonce par Trump du retrait des troupes américaines de Syrie dont la base d’al-Tanf, a tout chamboulé. Tel-Aviv ne peut plus dormir sur ses deux oreilles.