Turquie : le couperet US tombe!
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Tout fin stratège qu'il soit, Erdogan a une grosse faiblesse : son tropisme pro-US qui le pousse à faire confiance aux Américains dans les moments les plus délicats de sa carrière politique. Ainsi alors qu'il a lancé ses troupes et ses mercenaires à l'assaut du nord est de la Syrie, heureux d'avoir le feu vert préalable des Américains, le président turc ne croyait pas un seule instant que "Big Brother" lui avait tendu un piège.
(last modified 2021-04-20T14:31:10+00:00 )
Oct 15, 2019 05:25 UTC
  • Turquie : le couperet US tombe!

Tout fin stratège qu'il soit, Erdogan a une grosse faiblesse : son tropisme pro-US qui le pousse à faire confiance aux Américains dans les moments les plus délicats de sa carrière politique. Ainsi alors qu'il a lancé ses troupes et ses mercenaires à l'assaut du nord est de la Syrie, heureux d'avoir le feu vert préalable des Américains, le président turc ne croyait pas un seule instant que "Big Brother" lui avait tendu un piège.

Au cinquième jour de son entreprise de reconquête, Ankara s'est donc très naturellement trouvé heurté à un retournement de veste des kurdes qui, largué par Washington, se sont très naturellement tournés vers l'État syrien lequel a déployé avec une ahurissante vitesse ses unités à Qamishli, à Hassaké et à Raqqa, à Manbij.  Mais le coup de théâtre lui est venu d'ailleurs soit de Washington.  Trump qui n'a cessé d'appuyer la Turquie a signé lundi 14 octobre, au sixième jour  de l'offensive " Source de paix", un décret visant à sanctionner trois ministres régalien turcs à savoir la Défense, Intérieur, et Energie, soit trois ministères à l'aide quoi le président Erdogan veut créer son "Emirat" au nord est de la Syrie, le prétexte humanitaire à l'appui. Après avoir fait tout pour qu'Ankara s'engage dans cette dangereuses aventure, Trump lui demande de « mettre fin immédiatement à son offensive ».

Pour les observateurs, ces sanctions ciblées sont loin d'être anodines. Les ministres de l’Énergie, de la Défense et de l’Intérieur de la Turquie sont frappés par des restrictions qui paralyseraient leur fonctionnement et à en croire certaines sources ce n'est qu'un début. Le Trésor américain a décidé au fait bloquer leurs avoirs aux États-Unis tout comme leurs transactions internationales en dollars. Les trois ministères sont également visés en tant qu’institutions avec à la clé, l'interdiction de leurs fonctionnaires sur le sol américain. Le texte vise ainsi un très grand nombre de responsables turcs en les catégorisant pour des actes "mettant en danger les civils ou déstabilisant le nord-est de la Syrie". A ceci s'ajoute, la hausse de 50% des droits de douane sur l'acier turc importé et la suspension des négociations en vue d'un accord commercial de 100 milliards de dollars Turquie-USA. C'est trop cher payé ce feu vert US! 

« Les États-Unis veulent désormais que la Turquie mette fin à "l'invasion", "mette en œuvre un cessez-le-feu immédiat" et "commence à négocier non pas avec l'Etat syrien mais avec les forces kurdes en Syrie, aux dires  du  vice-président américain Mike Pence, qui précise qu'il se rendrait prochainement en Turquie à la demande de Donald Trump.

Les agissements des forces turques et milices affiliées sur le terrain prouvent qu'Ankara a fini enfin par s'apercevoir de l'ampleur du piège dans lequel il est tombé assez facilement. Alors que l’armée turque et ses milices  tentaient jusqu'à lundi d’envahir non seulement la bande frontalière de 32 kilomètres (comme convenu), mais de s’étendre dans le reste de la zone occupée par le défunt " Rojava" (c'est-à-dire presque un tiers de la Syrie), et que les forces turques affirmaient avoir pris aux Kurdes Tal Abyad et Ras al-Aïn, ce madi c'est plutôt le calme. Erdogan semble être pris entre le marteau syro-russe et l'enclume américain. Si ses forces continuent leur avancée, elles auraient ) faire face à la Russie et à l'armée syrienne et on sait que Moscou n'est pas du genre à tolérer des "frappes par inadvertance" et s'il y renonce c'est son rêve et son crédit qui partent en fumée. Le "gambit" américain est tombé sur la Turquie et il fait à Erdogan beaucoup d'arts pour s'en sortir. Aux dernières nouvelles, Washington a décrété l'état d'urgence en Amérique pour cause de l'opération "Source de paix" et menace désormais d'évacuer son arsenal militaire d'Inçirlik.