1ère arme russe à livrer à l'Iran?
Alors que les Etats-Unis se coupe les quatre veines pour arracher des membres du Consiel de sécurité une prolongation de l'embargo sur la vente d'arme à l'Iran, Moscou dit ne pas écarter un amorce des négociations sur la fourniture d’armes russes à l’Iran, une fois que l’embargo du Conseil de sécurité des Nations Unies aura été levé, à savoir au mois d'octobre.
Il y a quelques jours, le représentant spécial du président russe pour l’Afghanistan et directeur du deuxième département asiatique du ministère russe des Affaires étrangères Zamir Affirma Kabulov en évoquait l'idée.
Depuis Moscou, l’ambassadeur d’Iran, Kazem Jalali, a même déclaré dans une interview récente avec les médias iraniens avoir reçu des "propositions pour la fourniture d’équipements militaires et d’armes défensives d’un certain nombre de pays", "prévoyant certaines étapes après la levée des restrictions" : “Oui, parce que la résolution pertinente du Conseil de sécurité des Nations Unies expire et que la Russie l’a soigneusement observée”, a déclaré le diplomate, répondant à la question de savoir si la Fédération de Russie peut commencer à livrer des armes à l’Iran après l’expiration de l’embargo du Conseil de sécurité.
Aux Etats-Unis, ce qui fait peur surtout, c'est de voir l'Iran renouveler sa flotte aérienne de combat. Dans une récente interview exclusive à IRNA, le journaliste américain et expert des questions sécuritaires et militaires, Gordon Duff, a scruté les efforts américains en vue de faire adopter au Conseil de sécurité une prolongation de l’embargo sur la vente d’armes imposé à l’Iran : « Les États-Unis craignent que l’Iran, en achetant des armes classiques, ne reconstruise sa force aérienne. Avec les quelque 40 ou 50 avions Su-35 russes dont dispose l’Iran, ce pays a déjà une capacité de défense aérienne crédible et une plate-forme à grande vitesse pour atteindre ses objectifs. Vu la puissance maritime et les missiles dont dispose également l’Iran, il ne restera plus aucune faiblesse majeure. »
L’analyste rappelle aussi que « depuis la guerre du Vietnam, les pilotes américains n’ont eu aucune expérience de combat aérien face à un ennemi quelconque », et d’ajouter : « Il s’agit là d’une faiblesse pour les États-Unis, en sens qu’ils ont une force aérienne utilisée uniquement pour bombarder les pays occupés, et ils sont devenus de plus en plus dépendants des drones. »
Au moment où les Etats-Unis affirment très clairement vouloir faire du Moyen-Orient un bourbier pour la Russie, quel genre d'armement "stratégique" Moscou pourrait livrer à l'Iran? L'agence de presse TASS en donne une petite idée.
"Les États-Unis ne peuvent pas demander une prolongation de l'embargo sur les armes contre l'Iran, car ils ne font plus partie de l'accord nucléaire avec l'Iran qu'ils ont quitté il y a deux ans. Je ne vois aucune raison d'imposer un embargo sur les armes à l'Iran. Techniquement, ce n'était même pas un embargo, mais un certain quota d'achat. Cette restriction expire le 18 octobre et la période. Cela est clair pour nous ", - affirme Vasily Nebenzya, représentant permanent de la Russie auprès de l'ONU, cité par TASS qui poursuit :
"À l'heure actuelle, les systèmes de défense aérienne russes Pantsir-S, les systèmes de guerre électronique, les systèmes de défense aérienne S-400, les avions de chasse et les hélicoptères de combat pourraient présenter un intérêt particulier pour l'Iran. (...) Mais ce qui intéresserait surtout les Iraniens ce sont les éléments qui font partie d'une flotte de combat aérienne moderne. Il est évident que Téhéran envisage déjà la possibilité d’acquérir les Su-30SM et MiG-35 russes, ainsi que des systèmes de défense aérienne à longue portée qui lui permettent de toucher des avions ennemis, des missiles de croisière et des missiles balistiques. Les Amériains viennent de livrer des F-35 à Israël et un millier de missiles de croisière à l'Arabie saoudite. L'Iran a le droit de se défendre lui aussi surtout qu'il est continuellement menacé. Et la Russie est un fournisseur de confiance. De surcroit la Russie sait que sans l'Iran, elle ne saurait préserver sa position au Moyen-Orient », - les marques d'expert.